Jayson Papeau Amiens SC

Reconnaissant que la période actuelle n’est pas simple, de quoi commencer à faire douter aussi bien les observateurs, les supporters que les joueurs eux-mêmes, Jayson Papeau veut néanmoins croire en un déclic salvateur remettant l’Amiens SC sur les bons rails. Entretien.

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Comprenez-vous l’inquiétude et la réaction des supporters ?

C’est normal qu’ils soient frustrés mais il ne faut pas les écouter parce qu’on a besoin de supporters qui sont derrière nous alors qu’eux sont derrière certains joueurs et pas d’autres. C’est déjà frustrant pour un joueur de rater son match, si en plus le public le hue derrière… Ce n’est pas la bonne solution. 100% du stade doit encourager même si le match est moyen ou nul ou qu’il marque contre son camp, il faut qu’il sente que le public le pousse. C’est pareil pour le coach. Il fait son boulot et il faut arrêter de crier au scandale. Ce sont nous, les joueurs, sur le terrain et si on fait les mauvaises choses, la faute nous revient.

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Mais il n’y a eu qu’une victoire en vingt-deux matches !

Je comprends cette frustration, on ne peut pas la nier. Personnellement, je reçois des messages disant « on est derrière vous », mais quand on est dans le stade, ça hue, ça crie, ce n’est pas positif. On ne peut pas inverser la spirale tout de suite et on a besoin de tous les supporters pour que La Licorne soit en ébullition.

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Quel est le déclic qui fera inverser la tendance ?

Marquer et gagner ! Si on marque et qu’on perd, ça ne sera pas forcément un déclic, mais c’est mettre ce but qui va donner la victoire qui va enlever ce stress et mettre dans la tête des joueurs que c’est possible. On n’a que cinq points en cinq matches, peu importe qui marque et donne la victoire, qu’il reste ou qu’il parte, ça va quand même amener quelque chose dans le groupe.

On ne sent pas d’esprit de révolte. Est-ce qu’il y a un manque de leader ?

Entre nous, on a des leaders, que ce soit sur le terrain ou dans les vestiaires, mais il y en a peut-être pas assez. Je pense vraiment que dans le groupe, certains sont plus motivés que d’autres. Ca s’explique de différentes manières, chacun a sa réaction. Perdre un match, ça peut passer chez certains et pas chez d’autres. Ce n’est pas une question de manque de révolte mais vraiment le stress et la frustration de ne pas gagner qui font que certains baissent la tête. Si tout le monde la lève, quand ça va partir, ça va partir !

Vous avez beaucoup parlé de stress, mais est-ce que le doute s’installe ?

C’est possible, oui, parce que le stress engendre du doute. On n’y arrive pas, les supporters nous huent, les résultats sont négatifs… C’est normal que le doute s’installe mais chacun réagit à sa manière. Il y a ceux qui vont tirer le groupe vers le haut et ceux qui n’auront pas forcément ce petit truc qui va pousser l’équipe. Par exemple, Alexis Blin est un modèle là-dessus. On était pratiquement tous tête baissée à la fin du match dans le vestiaire, et il était en train de nous remotiver. Si un ou deux joueurs tentent de rentrer dans la tête des joueurs, de les motiver et de les pousser vers le haut, ça va se ressentir par la suite et ça va enlever le doute.

Vous avez pris de l’assurance dans l’équipe. Quel rôle pouvez-vous jouer ?

Leader, je ne pense pas. Je m’entends bien avec tout le monde et je n’ai pas peur de dire quoi que ce soit à qui que ce soit. Il n’y a jamais de problème avec moi. J’aime bien ce petit lien de parler avec les joueurs, peu importe qui c’est, mais je ne pourrais pas me définir comme un leader à l’heure actuelle.

Propos recueillis par Romain PECHON

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