Jean-Paul Lucas

Nouveau responsable technique de l’US Camon, Jean-Paul Lucas sort d’une expérience mitigée à Doullens. Conscient des difficultés actuelles du football samarien, l’ancien latéral expose la feuille de route qu’il entend suivre pour aider les Camonois à relever la tête après plusieurs saisons difficiles. Entretien.

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Pourquoi quitter Doullens, un an après votre nomination ?

Il faut reconnaître que j’ai vécu une saison compliquée à Doullens. J’avais très peu de joueurs à ma disposition, j’ai dû bricoler constamment afin de maintenir le club en Régional 2. Il y a aussi eu un changement de présidence au mois de décembre. A partir de là, les choses se sont compliquées avec les nouveaux responsables. En tout cas, j’ai atteint mon objectif personnel, à savoir maintenir le club en deuxième division régionale. Je regrette que les dirigeants ne m’aient pas trop soutenu en tenant certains propos à la presse. Ils ont stigmatisé les joueurs qui venaient de l’extérieur et plus précisément d’Amiens. Les joueurs en question ne voulaient plus porter le maillot de Doullens, ce qui peut se comprendre. Malgré ce contexte particulier, on a accompli notre mission en tenant le choc jusqu’au bout.

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Vous allez donc épauler Titi Buengo à Camon…

Titi (Buengo) m’a appelé au cours de la saison. On était sur la même longueur d’onde pour remettre en place un projet ambitieux avec Camon. Depuis plusieurs saisons, les résultats ne sont pas là parce que les méthodes de travail ne sont pas bonnes. Le comité directeur a validé notre projet, je vais donc devenir responsable technique et être adjoint de Titi. Je vais entourer l’ensemble des éducateurs du club pour toutes les catégories d’âge. On va garder certains éducateurs en place mais aussi aller chercher l’expérience et la compétence à l’extérieur du club, afin qu’ils correspondent à notre philosophie. L’idée est de mettre en place une identité de jeu commune à l’ensemble des équipes. Et cela passe nécessairement par un remaniement de l’organigramme actuel.

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Est-ce un gâchis ce qu’il se passe à Camon depuis plusieurs saisons ?

Je le pense. Camon fait un excellent travail en matière de formation mais ne parvient pas à récolter les fruits en équipe première. Il faut donc se poser les bonnes questions, à commencer par celle du manque de joueurs formés au club en équipe première. Pourquoi en est-on arrivé là ? Ce qui est sûr, c’est que cela n’est pas normal. On va donc reprendre en main cette transition entre la formation et l’équipe première en axant notre travail sur les jeunes actuellement au club. Cela fait une vingtaine d’années qu’aucun jeune ne parvient à franchir le cap en séniors.

Vous partagez donc l’avis d’Azouz Hamdane qui estime que le football amiénois a tourné le dos à ses jeunes et à sa formation…

Je partage effectivement ce constat. Il faut impérativement reprendre en main la formation et la préformation de nos jeunes. C’est d’autant plus impératif qu’on va désormais être opposé à nos collègues du nord qui sont bien plus avancés que nous dans ce domaine. L’écart de compétitivité se fait aussi à ce niveau-là. Sachant que nous ne disposons pas des moyens pour recruter des bons joueurs venant de l’extérieur, notre salut passe donc par une politique solide de formation des talents déjà à notre disposition.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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