Blessé pendant de longs mois en raison d’une pubalgie contractée à l’AC Amiens qu’il a traîné lors de sa première saison à l’US Camon, Jonathan Isambart a vécu un exercice 2019-2020 extrêmement compliqué mais estime être désormais en pleine possession de ses moyens pour aider son club à atteindre ses objectifs. Entretien.

Publicité

Avez-vous le sentiment d’avoir retrouvé une bonne forme physique cette saison ?

Je ne vais pas me cacher, le club le savait, l’an dernier, j’ai joué à 30 ou 40% des mes moyens. Ma pubalgie de l’AC Amiens est revenu en plein entraînement mais je ne voulais pas m’arrêter, quitte à ne pas être bon et à subir des critiques de la part de plein de monde. J’ai voulu continuer parce que le club avait des ambitions et avait pas mal investi sur moi. Ca me faisait chier (sic) de m’arrêter mais j’ai joué blessé pratiquement toute la saison. L’année dernière, c’est à oublier. Cette année, je n’ai plus aucune douleur. On ne va pas parler trop vite parce que ça peut revenir, mais je me sens en pleine possession de mes moyens et je pense que ça se ressent sur le terrain.

Publicité

Avez-vous douté ?

Jamais, parce que je savais ce qu’il y avait derrière. Je savais que je jouais blessé. Je me suis posé quelques questions parce que ça faisait deux saisons d’affilée et je me suis demandé jusqu’à quand ça allait durer. Forcément, avec l’arrêt brutal du championnat, j’ai pu me reposer, je n’ai rien fait jusqu’à la reprise. J’ai repris pour la CAN d’Amiens et je ne sentais plus de douleur en jouant. C’est à ce moment-là que je me suis dit que c’était derrière moi. Depuis, je me sens super bien.

Publicité

Vous faîtes donc partie de ces joueurs à qui le confinement a fait du bien…

Exactement ! Pour tout dire, j’avais hâte que la saison dernière se finisse. J’en avais marre, je pouvais à peine marcher en rentrant des entraînements, parfois j’étais limite à en pleurer tellement cette blessure me faisait mal. Je jouais mais ça ne donnait rien pour l’équipe. Je n’étais pas le Jonathan qu’ils connaissaient. Le président était déçu, je lui ai expliqué les choses franchement et il m’a fait confiance. Il a eu un peu de déception sur l’instant parce qu’il a misé sur moi, mais je lui ai dit que je savais que ça allait revenir. Il m’a fait confiance, je lui ai dit que je ne le décevrai pas sur cette nouvelle saison.

Comment a été votre relation avec Titi Buengo à ce moment ?

Il comprenait même s’il avait envie d’obtenir autre chose de moi vu qu’il avait de grosses attentes. Il ne me connaissait pas plus que ça l’année dernière et, par rapport à mon CV, il attendait beaucoup plus, il me l’a dit. Je lui ai répondu que c’était normal qu’il en attende plus, mais j’ai joué blessé et je ne pouvais pas faire mieux. En revanche, il a toujours été derrière moi, il m’a soutenu et a toujours fait en sorte que je puisse me reposer à certains entraînements. Il m’a beaucoup aidé et j’ai regagné un peu sa confiance, je pense, parce qu’il sait de quoi je suis capable. Il le voit à l’entraînement et pendant les matches. A 100%, il n’aura pas le même Jonathan que l’année dernière. Cette année, ils ont fait en sorte que ça se passe bien, on a intégré un kiné et plein d’autres choses qui font que le club essaye d’avancer dans la bonne direction.

Avez-vous le sentiment que le club a procédé aux petites retouches nécessaires pour jouer les premiers rôles jusqu’au bout ?

Les joueurs qui sont venus sont capables d’être titulaires et faire avancer le groupe. Le recrutement est très intelligent parce qu’ils sont capables de jouer à plusieurs postes. Quand il y aura des absents, il y aura des moyens de changer les choses. Il y a une très bonne ambiance, tout le monde se respecte, le groupe vit bien et a de la qualité.

Vous semblez enfin épanoui…

Il y a aussi le fait qu’à côté du football, ça va, et j’ai trouvé du travail. Ce n’est pas facile d’être épanoui quand tu es blessé et que tu vas aux entraînements par force. Je ne prenais aucun plaisir à l’entraînement, je jouais sur une jambe, en faisant attention. Quand tu es bien dans la tête et que tu n’as plus de blessure, ça va. Je suis heureux. En plus de ça, j’ai toujours eu Titi derrière moi, et cette année il a vraiment basé une équipe pour que je puisse m’épanouir et être un électron libre sur le terrain. Ca va être bien, à condition que la blessure ne revienne pas, mais je n’y pense pas. A côté, je fais un peu de prévention au niveau des adducteurs pour faire en sorte d’être en pleine forme. Je suis épanoui et en pleine possession de mes moyens.

Quel est votre positionnement principal cette saison ?

Il est prévu que je joue en 10. L’année dernière j’ai pas mal joué sur le côté, et ça ne me dérangeait pas. Avec Azouz Hamdane à l’AC Amiens, on m’avait fait glisser sur le côté et j’avais trouvé du plaisir à jouer à ce poste. Malgré tout, mon poste de prédilection c’est en 10, c’est là où je me sens le mieux et où j’ai mes repères. Cette saison, il veut m’utiliser en 10, j’y ai joué au premier match, mais la venue de Mathurin Sakho peut changer les choses et je vais sûrement être plus utilisé sur le côté, je pense. Titi va faire en sorte qu’il y ait du monde au milieu à la récupération pour qu’ils puissent m’alimenter dans les intervalles et les transitions, que je sois vraiment libre et que je puisse me concentrer sur le secteur offensif. C’est ça qu’il veut mettre en place parce devant, on va vite et on a de la qualité.

Vous avez enfin réussi à trouver un job également pour sortir un peu la tête du football…

C’était mon objectif quand je suis arrivé à Camon. Le football, ça reste une passion mais je cherchais un équilibre familial en dehors du foot et ça se passe bien plutôt bien. Ca change par rapport à l’année dernière où je n’allais qu’à Camon. Sincèrement, je ne m’y retrouvais pas comme j’aurais voulu même si le club a fait de gros efforts pour moi. Ce n’est plus pareil, maintenant, ça joue dans la tête !

C’est un peu le départ d’une nouvelle vie…

On est bien obligés, c’est comme ça ! C’est tout nouveau, mais c’était un objectif de trouver du travail parce que j’arrive à un âge où je ne peux pas espérer plus du football. Même si le club fait des efforts, je ne peux pas me permettre de ne rien faire à côté. Je suis content et ça se ressent dans le football. Je prends du plaisir, je viens à l’entraînement avec le sourire et ça se voit dans mes performances. C’est peut-être pour ça que je n’étais pas bien l’an dernier parce que je ne pensais qu’à ma blessure, je ne trouvais pas ce dont j’avais envie. Là, je vois autre chose, je n’y pense pas, je me sens libéré de ça.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

A lire aussi :

Titi Buengo (US Camon) : « Savoir ne pas perdre »

Jonathan Isambart (US Camon) : « On joue clairement la montée ! »

Vous souhaitez signaler une coquille ou une inexactitude dans cet article, un contenu illicite ou inapproprié en commentaire ? Ecrivez-nous !

Laisser un commentaire