Julien Lomboto : « Tout a été très vite mais j’y étais préparé »

Natif d’Amiens et ancien pensionnaire du centre de formation de l’Amiens SC, Julien Lomboto a finalement signé son premier contrat stagiaire professionnel avec Strasbourg en mars dernier. Six mois après son arrivée en Alsace, le prometteur milieu de terrain de 19 ans se confie à l’occasion d’un entretien accordé en exclusivité au 11 Amiénois.

Quel premier bilan pouvez-vous tirer de votre aventure alsacienne, six mois après votre arrivée ?

Ça se passe bien, je suis sur un élan positif, je progresse chaque jour, au fur et à mesure des entraînements. J’ai principalement joué en U19 et en National 3, en plus d’un match amical avec les professionnels. J’ai fait un premier bilan avec les coaches, avant la trêve, qui est positif et encourageant. Pour l’instant, ça se passe bien.

Tout a été très vite pour vous depuis deux ans, dans la foulée de votre départ de l’Amiens SC…

C’est le cas, oui, mais j’y étais préparé. L’Amiens SC était certes une déception mais le fait d’être à Camon, avec une année en U17 nationaux où je pouvais me juger par rapport aux autres et une en seniors où je pouvais prendre du gabarit pour jouer contre des hommes, c’est le meilleur des rebonds. C’était la meilleure solution. Ensuite, tout a été très vite mais j’y étais préparé. Avec mon agent, on avait mis en place tout le cadre pour parvenir à rebondir dans un club professionnel. 

L’ascension fulgurante de Julien Lomboto

Ce n’était donc pas une surprise pour vous quand Strasbourg est venu vous chercher ?

Sincèrement, quand j’étais en U17 nationaux, je me fixais comme objectif de signer dans un club professionnel. La deuxième année était la dernière, en plus il y avait la transition avec le bac et j’avais fixé pour l’année seniors de bosser énormément pour rattraper les erreurs faites dans le passé pour aller là-haut. J’avais toujours cette idée dans un coin de la tête. Je m’entraînais individuellement à côté du travail réalisé en club, à Camon, pour me donner toutes les chances d’y parvenir. C’est allé très très vite. Tant mieux pour moi, mais maintenant il faut être régulier. Je continue à bosser et dès qu’ils m’appelleront pour jouer en haut, je ferai tout pour répondre présent.

Comment se sont passés ces trois premiers mois de compétition à Strasbourg, entre National 3 et U19 nationaux ? 

Très bien. Il faut savoir montrer l’exemple et être un leader. Il ne faut surtout pas y aller à reculons sous prétexte qu’on a un contrat professionnel, qu’on s’est entraîné avec les professionnels. On doit montrer qu’on est au-dessus ce niveau-là, tout en se fondant dans le collectif pour mener l’équipe à la victoire, pour très vite aller plus haut. Cette attitude est scrutée de près par les entraîneurs. Je suis très à l’écoute des conseils de l’entraîneur de l’équipe première (ndlr : Thierry Laurey), qui laisse passer très peu de choses, qui conseille énormément les jeunes. Il me conseille régulièrement sur mes prises de balle, sur ma capacité à anticiper pour m’orienter vers la bonne zone. 

Avez-vous le sentiment d’avoir beaucoup progressé depuis six mois ?

Je vois une progression énorme. En salle de musculation, j’arrivais à peine à soulever 90 kilos à mon arrivée et là j’en suis à 170 ! C’est énorme. Je pesais 82 kilos à mon arrivée et maintenant je suis à 88. On a vu ma progression au bilan de mi-saison parce que je suis un joueur constant qui a fait les 142 entraînements. Je me sens progresser, et c’est la meilleure sensation. Le Julien de l’été dernier et celui d’aujourd’hui n’ont rien à voir, c’est superbe. Tout ceci a aussi été possible par le travail d’optimisation réalisé en amont. A Camon, on s’entraînait deux à trois fois par semaine mais j’avais déjà un rythme proche des professionnels avec des séances de perfection pour être prêt si la porte d’un club professionnel s’ouvrait. Durant le premier confinement (ndlr : en mars), je n’ai pas relâché mes efforts, en continuant à travailler dans mon coin. Je pense que tout ça m’a permis de me mettre rapidement dans le bain des exigences demandées à Strasbourg.

Julien Lomboto en match amical avec l’équipe première de Strasbourg, en août dernier contre Dijon

Néanmoins, on imagine qu’il y a un gouffre entre ce que vous avez connu à Camon et ce à quoi vous êtes confronté aujourd’hui à Strasbourg…

J’avais déjà été confronté à l’exigence du haut niveau sur mon année seniors à Camon parce que j’étais très bien encadré, notamment par Jean-Marc Bertille (ndlr : son agent) qui m’a inculqué ces valeurs de bien manger, être bien préparé mentalement, aller se coucher à heure régulière. Ce sont des petits détails, mais quand on accumule tous les petits détails, ça fait une grosse différence. J’avais déjà cette hygiène de vie avant Strasbourg. C’est pour ça aussi que j’ai fait les 142 entraînements jusqu’ici. Ensuite, entre le Régional 1 et le niveau professionnel, la plus grosse différence reste la vitesse d’exécution et l’anticipation. Un joueur de L1 court moins alors qu’il a les mêmes qualités, mais il est plus intelligent dans le jeu, c’est plus fluide dans les déplacements, les joueurs autour se déplacent aussi de manière plus intelligente. Ça peut être beaucoup plus facile de jouer qu’en Régional. J’ai pu le voir, et j’ai pu voir tout ce qui me manquait aussi. 

C’est à dire ? 

Il faut que j’améliore encore ma lecture du jeu, voir avant pour faire le geste juste. A mon poste, c’est aussi beaucoup d’efforts et contre-efforts. Maintenant, on demande beaucoup aux récupérateurs qui ont un rôle très important. Je suis box-to-box, j’apporte en attaque et en défense. Une fois que je suis en attaque, il faut que j’apporte en défense. J’ai dû apprendre plusieurs schémas de jeu aussi parce que notre coach veut que l’on soit capable d’en maîtriser plusieurs. J’ai appris énormément tactiquement parce que Thierry Laurey et le coach de la réserve (François Keller) sont de grands tacticiens.

Comment imaginez-vous la suite, à commencer par la deuxième partie de saison ?

Honnêtement, j’espère surtout que le championnat de National 3 va pouvoir reprendre le plus rapidement possible. L’idée est de faire de gros matches en équipe réserve, de poursuivre ma progression, de ne pas connaître la moindre blessure, pour essayer de taper dans l’œil des coaches pour la saison prochaine. Je sais que pour atteindre le groupe professionnel, il faut être rigoureux, il faut bosser, tout donner et ne pas tricher. Je veux jouer en Ligue 1 à terme mais je sais que cela demande du temps, que je n’y arriverai pas si je veux griller les étapes.

Votre parcours n’est pas sans rappeler celui de Youssouf Fofana, passé par Strasbourg et aujourd’hui à Monaco…

Exactement. On m’a beaucoup parlé de lui, en disant que c’est allé très vite aussi de son côté, et j’espère que je pourrai connaître la même trajectoire. Son parcours, j’aimerais que ce soit le mien, mais encore une fois il ne faut pas brûler les étapes. S’il en est arrivé là, c’est qu’il a beaucoup travaillé, qu’il a su créer les conditions de sa réussite. A moi d’en faire de même sans vouloir aller trop vite.

Continuez-vous à suivre Camon, en tête de son groupe de Régional 1 ?

Je continue, oui ! L’année dernière c’était la découverte en R1 et on pouvait nourrir des regrets de ne pas avoir été au bout. Là, j’ai l’impression que c’est la saison de la confirmation pour eux. Il y a encore un meilleur effectif et les moyens pour faire de belles choses. Il y a des joueurs que je suis parce que ce sont mes amis aussi. Camon restera toujours dans mon cœur. J’espère qu’ils vont monter et je vais être derrière eux à fond. Je serai le premier à les féliciter s’ils montent.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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