La folle ascension de Tanguy Ndombélé

Tanguy Ndombélé est passé de l’équipe réserve de l’Amiens SC à une première convocation en Équipe de France. Le tout en deux ans. Une ascension fulgurante qui ne surprend pas Patrice Descamps. Directeur du centre de formation amiénois, il avait encore le joueur sous ses ordres il y a peu.

Un parcours pourtant cabossé

Comme une évidence ou presque. Quand Didier Deschamps a prononcé le nom de Tanguy Ndombélé jeudi dernier, lors de l’annonce de la liste des 23 Bleus convoqués pour affronter l’Islande et l’Allemagne, aucun spécialiste n’a réellement été surpris. Pourtant, c’est oublier que l’actuel joueur de l’Olympique Lyonnais était encore inconnu du grand public il y a à peine deux ans de cela. « Aujourd’hui, la sélection de Tanguy n’est pas une surprise au regard du niveau qu’il affiche avec Lyon, aussi bien en championnat qu’en Coupe d’Europe, affirme Patrice Descamps, son ancien formateur. C’est bien entendu une fierté pour le club d’Amiens de se dire qu’on a participé à sa formation mais c’est surtout une récompense pour un garçon au parcours atypique et dont l’histoire n’a rien d’un conte de fée. »  

Effectivement, Tanguy Ndombélé revient de loin en quelque sorte. À 17 ans, le natif de Longjumeau aborde déjà un tournant de sa carrière. Après trois ans au centre de formation à Guingamp, le club breton lui propose un reclassement en amateur. Déterminé à réussir à haut niveau, le joueur refuse la proposition de son club. S’ensuit alors une série d’essais infructueux au sein de clubs professionnels avant que le timide milieu relayeur ne pose finalement ses valises à Amiens. « Il nous est proposé tardivement et il arrive chez nous un peu cabossé, se rappelle Descamps. La première année (ndlr : 2014) a été difficile mais on a fini par tisser un lien pour pouvoir travailler en proximité avec lui. Tanguy est un garçon qui se met une carapace et ce n’est pas toujours évident. Il a dû comprendre que l’adulte n’était pas un ennemi. Ensuite la carapace s’est fendue. »

Une explosion en moins d’un an

Dès lors, Tanguy Ndombélé a pu pleinement exprimer son talent et gravir les échelons à une vitesse folle. Après une première apparition en équipe première au poste de latéral droit lors d’un match de Coupe de la Ligue à Clermont en août 2016, le néo-international français va finir par gagner sa place dans l’entrejeu au fil de la saison. « Il a d’abord été dans le groupe professionnel en étant simplement amateur et n’a signé professionnel que trois mois plus tard, retrace son ancien formateur. C’est un exemple pour tous les jeunes actuellement au centre de formation. Il démontre qu’il n’y a pas de parcours linéaire et que le club nous donne les moyens pour que des garçons comme lui puissent évoluer sous le regard du staff technique de l’équipe première qui a repéré Tanguy. Ensuite tout a été très vite pour lui. »

En à peine trente apparitions sous le maillot amiénois, dont la grande majorité en Ligue 2, Tanguy Ndombélé convainc Lyon d’investir dix millions sur lui (ndlr : prêt payant de deux millions d’euros plus une option d’achat de huit millions). « Il aurait pu partir dans un autre club et prendre davantage d’argent mais il a fait le choix de l’intelligence en allant à Lyon. Quand il joue son premier match au Parc des Princes avec Lyon (ndlr : septembre 2017), onze mois avant, jour pour jour, il jouait à Moulonguet contre Feignies-Aulnoye en CFA2, sourit Descamps. Tout cela est rapide mais Tanguy est resté maître de lui-même, voire même casanier, et c’est un garçon qu’on entend très peu dans les médias. Il est désormais dans un nouveau monde. Il a évolué, mais au-delà des qualités du joueur, j’ai confiance en l’homme pour réussir à s’y installer dans la durée. »

C’est tout le mal que l’on peut souhaiter à Tanguy Ndombélé, qui retrouvera au passage Steven Nzonzi. Un autre ancien pensionnaire du centre de formation de l’Amiens SC, durant ce premier stage en Equipe de France. 

Romain PECHON

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