La VAR, pas avare en polémiques


Vantée pour réduire les erreurs d’arbitrages, la VAR (Video Assistant Referees, ou Assistance Vidéo à l’Arbitrage, en français), engendre de plus en plus de polémiques. Alors, la vidéo : progression ou simple camouflet ?

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Débats permanents

Y avait-il pénalty pour Lyon contre Paris ? Pour les grands noms de la télévision, oui. Pour d’autres personnes, dont les arbitres du soir, non. La main d’El Hajjam contre Caen méritait-elle un pénalty ? Selon le règlement, non, selon les officiels de ce match, oui. Voilà comment résumer en deux actions litigieuses la complexité de l’utilisation de la VAR, qui devient un sujet de débat chaque week-end. Car, comme pour toute situation dans le football, la vidéo n’est qu’une affaire d’interprétation des arbitres.

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Revenons à la main de Oualid El Hajjam sur la pelouse de d’Ornano. Le règlement stipule qu’une main doit être volontaire, en prenant compte d’un mouvement de la main vers le ballon et non du ballon vers la main, mais que l’arbitre doit également prendre en compte la distance entre le joueur et le ballon touché de la main. Si l’intentionnalité peut éventuellement se discuter, malgré les mots du latéral Amiénois, celle de la distance non, tant le défenseur Amiénois était proche du Caennais et s’est retrouvé surpris.

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Selon la règle, le pénalty n’aurait donc pas dû être sifflé. Les assistants vidéo de M.Bastien ont cependant jugé que la décision était valable et ont confirmé la sanction. Quelques minutes plus tôt, Jordan Lefort se rendait coupable d’un coup de coude dans le visage de Paul Baysse dans la surface d’Amiens. M.Bastien n’avait pas bronché, tout comme ses assistants qui ont laissé le jeu se poursuivre. Si beaucoup de gens auraient sans doute sifflé le pénalty après visionnage des images, ce n’est pas le cas des hommes en noir.

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Un système vivement critiqué

La problématique de l’arbitrage en France existe toujours. Le débat s’est simplement déplacé en tapant quasi systématiquement sur un outil qui devrait être une aide aux arbitres. Si quelques décisions ont été justement corrigées par la VAR, avec, par exemple, une expulsion logique de Métanire et un but refusé à Chavarria lors d’Amiens-Reims, pour rester dans le thème de l’ASC, d’autres ont suscité l’incompréhension.

Ainsi, Fabien Mercadal, entraîneur de Caen, n’hésitait pas à parler de « traitement non équitable » sur le recours à la vidéo après la défaite à Marseille, alors que Brice Samba, son gardien, usait du célèbre « arbitrage maison ». Même certains grands noms de l’arbitrage n’hésitent pas à critiquer ce système. Ainsi, Bruno Derrien, mis au pilori par la Direction Nationale de l’Arbitrage pour ses prises de position qui ont brisé « l’omerta » sur l’arbitrage, parlait même de « farce » pour l’utilisation de la VAR lors de Lille – Saint-Etienne.

Votée pour réduire le nombre de polémiques, la VAR a réussi le tour de force d’en déclencher encore plus qu’avant. Car ce système, passé en force, réclamé par les entraîneurs l’an dernier, est désormais critiqué par ces mêmes techniciens dès lors qu’une décision n’est pas à leur avantage. Et si, au lieu de vouloir forcer l’appel à la vidéo, la France s’attelait à mieux former les arbitres et à les professionnaliser ? Cela pourrait réellement être le coup de boost dont ce métier si exigeant et sous le feu régulier des critiques a besoin.

Adrien ROCHER

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