L’Amiens AF ne se fixe aucune limite

Aux portes de l’exploit contre l’US Abbeville (D1) (0-1), au stade du troisième tour de la coupe de France, l’Amiens AF, pensionnaire de D5 et Petit Poucet de la compétition, a finalement rendu les armes non sans avoir démérité, dimanche dernier. Entretien avec Khalil El Mounir, son président, afin d’en savoir plus sur ce club qui ne manque pas d’ambition.

Quel est votre sentiment après cette élimination sur le plus petit des scores ? 

Il y a un peu de déception parce qu’on fait une très bonne première mi-temps, on touche même le poteau. On n’a pas su saisir notre chance et plus le match avançait, plus ça devenait difficile sur le plan physique. On finit par encaisser un but, c’est vraiment dommage. On aurait aimé passer au quatrième tour, avoir le jeu de maillots. Pour un petit club comme le nôtre, avec le peu de moyens à notre disposition, c’est vraiment important.

Un club également récent dans sa structuration actuelle…

Effectivement. A l’origine, nous sommes un club entreprise. On a longtemps joué pour l’Association sportive du personnels du département et de la Région (ASPDR), pour synthétiser la préfecture. A son arrêt, il y a neuf-dix ans, on a repris le club pour poursuivre l’aventure en football corpo. A ce moment-là, on a gardé la colonne vertébrale de l’équipe et on a joué quelques années sous cette forme. Il y a trois ans de cela, on a été dans l’obligation de s’inscrire en civil, on est donc reparti de zéro ou presque au niveau D7. Chaque saison s’est ponctuée par une accession, ce qui nous permet d’être en D5 aujourd’hui. L’an dernier, on avait également atteint le quatrième tour de la coupe de France. On avait pu se confronter à de beaux adversaires. Maintenant, ce n’est pas une finalité en soi, l’objectif est vraiment de gravir les échelons en championnat.

Pour cela, vous semblez vous en êtes donnés les moyens au regard des résultats et de la qualité affichée par votre équipe sur ce match contre un adversaire qui évolue quatre divisions au-dessus de vous…

Beaucoup disent que nous n’avons pas une équipe de niveau D5. C’est vraiment une fierté d’avoir tenu tête à une D1 et c’est vrai que nous avons fait un beau recrutement. Maintenant que nous sommes en football civil, on a changé une bonne partie de l’équipe mais en gardant une identité amiénoise. Les joueurs sont Amiénois, nous nous entraînons à Amiens et nous jouons à Bertangles. Aujourd’hui, on a environ 150 licenciés au sein du club et on espère continuer notre progression. On n’est pas en mesure de salarier, de donner des primes de match, on mise donc sur notre connaissance du football local, sur la passion. On attire les joueurs qui veulent s’entraîner dans un environnement sain, tout en prenant du plaisir chaque week-end. C’est l’essentiel pour les amateurs que nous sommes.

Est-ce évident de se faire une place au milieu de tous les clubs déjà existants ? 

Ce n’est pas simple. On a dû batailler cette année pour avoir des créneaux pour les entraînements. Il y a aussi une question de moyens financiers qui se pose chaque année. Nous n’avons aucune subvention, que ce soit de la ville, de la métropole ou du département. On vit donc sur un peu de sponsoring à travers nos relations et surtout les cotisations des licenciés. Si on a un manque financier, ce sont les dirigeants qui mettent directement la main à la poche. On espère que nos performances en coupe permettront de faire connaître notre structure pour changer les choses. On attache aussi beaucoup d’importance à l’image que l’on renvoie. On a régulièrement obtenu des prix pour notre niveau de fair-play. Si on arrive à exister avec nos petits moyens, c’est parce qu’on a inculqué un état d’esprit au sein du club, parce qu’on appuie beaucoup sur le respect de l’adversaire et des arbitres. Je veux que ce soit notre marque de fabrique.

Outre l’équipe première, quel est le développement du club sur ces dernières années et quels sont vos objectifs pour la suite ? 

On vient tout juste de créer trois équipes, une réserve, qui joue en D7, une équipe de féminines et des vétérans. On fait ce qu’il faut pour avoir davantage de reconnaissance de la part des acteurs et des partenaires du football local. En ce qui concerne nos objectifs, on veut grandir à notre rythme, sans brûler les étapes. A un moment donné, si on poursuit notre progression, on sera également dans l’obligation d’avoir des équipes de jeunes. On ne se fixe pas de limites mais on veut également bien faire les choses. On est sur un projet à long terme. Quand on joue des matches contre une équipe du niveau d’Abbeville, ça donne envie de se confronter à ça chaque semaine !

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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