Joannin Elsner

Arrivé à l’Amiens SC en juin 2019 pour prendre la lourde succession de Christophe Pélissier, qui avait propulsé le club du National à la Ligue 1 en l’espace d’un an, Luka Elsner n’a jamais réussi à confirmer les espoirs placés en lui par les principaux dirigeants du club. Chronique d’un échec finalement prévisible. 

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Un pari perdu

De l’onde de choc du départ de Christophe Pelissier (en mai 2019) à celle de l’éviction de Luka Elsner, seize mois se sont écoulés durant lesquels l’Amiens SC n’a eu de cesse de régresser, d’annihiler tout le travail réalisé durant cinq ans. Alors que le technicien actuellement en poste à Lorient avait laissé Amiens en Ligue 1, obtenant le maintien pour la deuxième année consécutive après avoir extirpé le club du ventre mou du National, Luka Elsner quitte aujourd’hui une institution en pleine déliquescence, proche de la zone rouge en Ligue 2, le tout au terme d’une année noire en termes de résultats avec un seul succès sur les 21 derniers matches de championnat (Ligue 1 et Ligue 2 confondues) et une relégation au compteur.

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Pourtant, Bernard Joannin assurait que l’arrivée de Luka Elsner à la tête de l’Amiens SC allait « permettre de briser un plafond de verre« . A l’origine de sa venue en Picardie, John Williams disait même du technicien slovène qu’il offrait au club la possibilité « de faire sa transition vers la modernité« . « C’est quelqu’un de créatif dans ses méthodes de travail, c’est un entraîneur moderne. Le football va beaucoup changer dans les dix prochaines saisons et Luka va accompagner cette modernisation, clamait le directeur sportif de l’Amiens SC lors d’un entretien accordé au 11 Amiénois en juin 2019. On va aller encore plus loin avec Luka. » Seize mois plus tard, ce qu’il présentait comme un « choix réfléchi et non pas audacieux » s’avère être un cinglant échec.

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Une stratégie risible

L’échec de la direction du club et plus précisément du tandem Joannin-Williams, qui a poussé vers la sortie Christophe Pélissier en lui faisant une offre de prolongation de contrat indigne de ses états de service à Amiens. En réalité, l’arrivée de Luka Elsner était la résultante du désir de John Williams de vouloir régner en maître unique et absolu sur le club. Aussi prometteur soit-il, Luka Elsner demeurait alors un coach venu de D2 belge, qui n’envisageait pas une seule seconde la possibilité d’entraîner un club de Ligue 1 aussi tôt dans sa carrière. De quoi le rendre particulièrement redevable de l’homme à l’origine de sa venue au club : John Williams. Ainsi, le désormais ex-entraîneur de l’Amiens SC a avalé durant de longs mois bon nombre de couleuvres, notamment sur le mercato.

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Il en a été de même pour les supporters, à qui on avait promis un entraîneur avec « une expérience de la Ligue 1 ou des championnats internationaux et de préférence un Français » lorsque Christophe Pélissier avait choisi de claquer la porte, lassé par les agissements de ses supérieurs. « J’ai l’habitude de dire aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre. On était parti sur un profil d’entraîneur qui avait une expérience de Ligue 1 mais au travers des divers rendez-vous qu’on a eus, j’ai eu un coup de cœur avec Luka par rapport à sa vision du football, se justifiait Bernard Joannin lors de la présentation à la presse de Luka Elsner. Il a conscience de la chance qu’il a, de la performance qu’il va devoir faire, et aussi de la sérénité et du calme qui existeront dans la tempête dans la tête des dirigeants, même dans les moments difficiles. »

Une finalité grotesque

Sur ce dernier point, Bernard Joannin a bien tenu promesse lorsque, au cœur de l’hiver, le public a réclamé à une première reprise la tête de son entraîneur, déjà empêtré dans l’incroyable série de matches sans victoire qui a propulsé le club en Ligue 2. Il en a été de même durant l’intersaison, alors que le timing était peut-être idéal pour procéder à un changement. Martelant qu’il avait un projet sur trois ans avec Luka Elsner, le président de l’ASC avait même donné son accord verbal pour une prolongation de contrat d’un an. Celle-ci n’a finalement jamais été signée. Pourtant, il y a quinze jours de cela encore, Bernard Joannin demandait du temps, plus précisément « un mois« , en réponse aux supporters inquiets par la spirale négative actuelle. Finalement, son entraîneur n’aura eu le droit qu’à un simple sursis de quinze jours.

Certes, le départ de Luka Elsner était devenu inévitable, aussi bien en raison des résultats, que du visage affiché par son équipe depuis de trop longues semaines ou bien encore du climat de défiance régnant à la fois dans les tribunes (les supporters ayant réclamé sa démission contre Pau) et dans les couloirs de la Licorne (de nombreux actionnaires réclamant une prise de conscience depuis de nombreux mois). Pour autant, cette décision prise à cet instant précis, à la suite d’une campagne de communication faite à l’emporte-pièce et de manière aussi désespérée, démontre que le mal est bien plus profond à l’Amiens SC. Le seul départ de Luka Elsner, à la fois responsable et victime de la situation, ne suffira pas à remettre le club sur les bons rails. Tout simplement parce que son échec n’est que le parfait symbole de la stratégie défaillante de l’Amiens SC depuis de nombreux mois. Une remise en cause s’impose !

Romain PECHON

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10 Commentaires

  1. Dans une équipe il faut un leader. Et un coach capable, par les mots, de faire passer son message et de sublimer son groupe. Pensée à Papy Troch et à notre Peloch National. à Amiens, cette année, on a pas de leader, de cadre, dans l’équipe, capable de par sa hargne,son caractère, à mobiliser tous les joueurs. Lucas a démontré de bonnes et belles choses dans son jeu, mais sans réellement pousser, motiver, ses joueurs, ou alors ceux ci sont, sans doutes, trop frilleux pour oser se lacher, ne l’on pas suivi comme il faut, ou trop de langues différentes parlées au sein d’un « petit » club comme le notre.
    Alors, souvenons nous de ces belles dernières années dont on a su bien profiter, espérons que le changement ne nous entraine pas plus bas, et continuons d’encourager et de pousser notre équipe.Mais quel gachi.

  2. Il faut arrêter avec Williams en tant que directeur sportif et le remettre à sa place il devrait être un recruteur et amiens enfin Joannin devrait prendre c’est responsabilité et prendre un directeur sportif et un entraîneur qui ont de l’expérience et la même vision que le clubs

  3. C’est une chronique d’un événement qui n’aurait jamais dû être…qui peut être allé chercher un entraîneur de ligue 2 belge ??? Quasi personne ne connaît un club de ligue 2 de ce pays !!!
    Elsner part il n’aurait jamais dû venir.
    Par ailleurs, construire une équipe chaque année avec des mercenaires ne peut créer une équipe durable..

  4. « Briser le plafond de verre.. »

    Ahahahah ptain je l avais oubliée celle là !!! Elle est belle…

    Finir 15eme de L1 n’était pas assez bien pour la grenouille Joannin…

    Un top10
    Puis Amiens européen la saison suivante sûrement ?

    Là grenouille n a même pas atteint la taille d un veau qu’elle a déjà explosé

  5. faut arrêter avec votre pelissier vous oubliez très vite qu il était parti en douce a Toulouse pour discuter sur un transfert mais comme il aurait pas eu toute les conditions comme il le souhaitait n a pas accepté quand on fait un enfant dans le dos sans prévenir tu as plus la confiance et vous oubliez aussi pour ces 2 années le maintien a été obtenu plus facilement avec des équipes à la rue sur 2 années de suite Caen Metz Guingamp il faut aussi arrêter de critiquer sur williams bizarre pour les montées c est bien grâce à lui son recrutement tous les clubs que se soit paris ou autres ont tous des flops dans leurs transferts rien ne garantit à 100 % que cela va fonctionner et surtout le club ne mérite même pas de retourner en ligue 1 vue l ambiance on pourrait croire que vous êtes devant votre télé tellement que c est mort un stade c est 13000 supporters pas 200 après faut pas s étonner de voir les joueurs moins motivés

  6. Maintenant que soit disant l’abcès L ELSNER est crevé ,il est grand temps de continuer à assainir la plaie en supprimant le germe de cette maladie je veux parler de M.WILLIAMS. La blessure est importante et grave et l’AMIENS SC ne s’en relèvera pas avant quelques années. Bien des Clubs ont connu cette situation et pour beaucoup d’ entr’eux ont végété durant de longues années en L2 voir le National. Je pense qu’AMIENS SC est parti pour de longues saisons dans l’anonymat après avoir connu le bonheur de la L1 et qu’il va rester très longtemps dans ce ventre mou du FOOTBALL. J’éprouve une grande tristesse pour ce Club que je soutiens depuis de nombreuses années. J’étais déjà supporter du temps des anciens de l’ASC (Mrs IMIELA DELECROIX BUCHOT FROMHOLTZ BEAUJOUAN etc…)
    Je suis un vieux monsieur qui aime le football et qui est profondément déçu par mon Equipe et ses Dirigeants. Retiré en OCCITANIE je continue à soutenir l’ASC mais cette fois ci ……………………

    • Williams a fait de très bon coups et Pélissier quoi qu’on en dise est un vieux briscard du foot donc les egos des mercenaires a la relance à Amiens il a réussi a les gérer… Elsner franchement grosse erreur de casting il sera peut être bon je le suivrai de loin mais a mon avis il ne coachera plus jamais en élite en Europe

    • Oui d’accord avec toi sur ce qui nous attend les prochaines années. Les dirigeants de maintenant n’ont rien à voir avec celle de la grande époque des années 70, 80 car moi aussi j’ai connu l’époque des Imièla, Delecroix et compagnie, quel bonheur c’était d’aller à Moulonguet, on attendait les matches impatiemment ts les 15 jours et quelle ambiance il y avait dans les Populaires derrière les buts… et moi aussi je suis retiré en Occitanie. j(irais voir l’ASC à Toulouse et à Pau.

  7. Il faut enfin être lucide et se rendre compte que si Amiens n’a jamais été vraiment pris au sérieux au plus haut niveau, c’est parce que son équipe dirigeante n’a jamais fait preuve d’une grande compétence si ce n’est dans le choix de C Pelissier il ya quelques années… on connait la suite, le manque de respect qui lui a été donné, les objectifs incohérents qui lui ont été fixés (!) pour le faire partir après avoir maintenu l’ASC deux ans de suite avec un effectif limité…. tout comme cette éviction de Luka Elsner – qui a toujours été conciliant vu son manque d’expérience à ce niveau -une semaine après avoir annoncé sur Bein Sport qu’il fallait attendre un mois pour voir le vrai visage d’Amiens une fois le mercato terminé… Elsner a du potentiel et il rebondira. La saison va être longue à Amiens avec cette gestion calamiteuse et indigne de ses dirigeants qui se sont longtemps cachés derrière le recours contre la relégation qui avait bon dos pour masquer leurs erreurs. Personne n’est dupe. Bonne contination à Luka Elsner.

    • Pelissier a clairement du talent il est passer par les amateurs et a eu la chance incroyable de travail dans un club d’amateur qui vegete depuis sa creation entre national et ligue 2. On peut voir encore plus le travail enorme que Pellissier et son staff on fait avec un effectif plus faible que celui dont disposer l’an dernier Elsner.
      Pellisier ira loin beaucoup moins sure pour notre Elsner

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