Contre le Paris Saint-Germain, l’Amiens SC a encaissé trois buts sur corners en l’espace d’une demi-heure. Une situation inimaginable à haut niveau, s’apparentant à un véritable sabordage et qui n’est pas sans rappeler d’autres comportements problématiques depuis le début de saison. Décryptage. 

Incapable de tenir un score

« C’est une véritable faute professionnelle ! », clamait notre confrère Mathieu Dubrulle (France Bleu Picardie) lorsque Tanguy Kouassi a ramené le PSG à hauteur de l’Amiens SC, samedi dernier. Inimaginable au coup d’envoi, cette déclaration était pourtant pleinement justifiée au regard du scénario d’une rencontre symbolisant parfaitement la saison du club picard. Face à un Paris Saint-Germain remanié et particulièrement méconnaissable en première période, les Amiénois avaient pourtant eu le mérite de profiter de l’extrême faiblesse adverse pour mener de trois buts au bout de quarante minutes.

Mais comme trop souvent cette saison, Amiens a été incapable de conserver le bénéfice de son bon début de match. Au total, la formation entraînée par Luka Elsner a perdu la bagatelle de 19 points après avoir ouvert le score. Une statistique affolante pour une équipe qui joue le maintien et sans nul autre pareil en France. Le club présidé par Bernard Joannin a même poussé le vice jusqu’à galvauder un incroyable avantage de trois buts contre le Paris Saint-Germain, qui n’avait jusqu’ici jamais évité la défaite dans pareille circonstance depuis sa création en 1970.

Le syndrome « corner »

« Il n’y a rien d’offensant à prendre quatre buts contre le PSG, avançait Antoine Caux dans la Tribune des Sports de France Bleu Picardie, lundi soir. Maintenant, si Amiens s’était fait remonter au score par le génie de Verratti, on se dirait « oui, c’est Paris, c’est trop fort. » Sauf que les buts arrivent sur corners par un jeune joueur de 18 ans. » Et là encore, dans cet exercice spécifique devenu si important dans le football moderne, l’Amiens SC est complètement dépassé avec pas moins de onze buts encaissés depuis l’entame de la saison. Là encore, Amiens fait clairement partie des plus mauvais élèves en Ligue 1.

« Ce qui est gênant, ce sont les comportements récurrents. Sur les corners, on a vu des joueurs laxistes, passifs, en réaction. Obligatoirement, cela fait penser à un manque de concentration et de vigilance, estime Franck Blondeau, préparateur mental auprès de sportifs de haut niveau. Il faut que chacun sache ce qu’il doit faire et il faut aussi adopter le bon état d’esprit, afficher de l’agressivité. Et là, il est vrai que certains joueurs affichent de la fébrilité. Ils sont peut-être marqués par ce match contre Monaco avec ce dernier corner qui avait déjà fait très mal. »

Soit tous les signaux d’une équipe qui va finir par descendre, n’en déplaise aux principaux intéressés qui vont devoir rapidement inverser la tendance. Car si les beaux discours permettent de faire illusion, ils ne rapporteront jamais les points suffisants au maintien en Ligue 1. Or, Amiens n’a pris que cinq points depuis le 2 novembre dernier, date de sa dernière victoire en Ligue 1. Un rythme de croisière inconcevable pour tout club professionnel. 

Romain PECHON

A lire aussi :

Jonatan MacHardy : « Pas du tout confiant pour le maintien d’Amiens ! »

Amiens SC : Mendoza poussé vers la sortie

1 COMMENTAIRE

Laisser un commentaire