Elsner Amiens SC
Panoramic

Semaine après semaine, déception après déception, Luka Elsner livre un constat toujours aussi cinglant qu’inquiétant au sujet de son équipe, incapable de battre Châteauroux en dépit d’une supériorité numérique durant la quasi-totalité de la rencontre. Entretien. 

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Quel est le sentiment après ce match nul ?

Pour nous, c’est une contre-performance. Non pas que nous nous croyons supérieurs à l’adversaire, mais vu le contexte de la rencontre et le carton rouge assez tôt dans le match, on se devait d’utiliser ce fait de jeu pour repartir d’ici avec une victoire, chose que l’on n’a pas su faire. On avait un rythme de seigneurs parce qu’on pensait que ça allait se faire tout seul. On a réussi à accélérer en deuxième mi-temps sans avoir de grosse situation et on aurait même pu être puni. On part d’ici avec un point très regrettable et à la limite de l’acceptable.

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Qu’est-ce qui a manqué à l’Amiens SC ?

D’abord, il nous a manqué l’état d’esprit en première mi-temps parce qu’on n’était pas pressé de gagner. Il y avait un carton rouge, donc ça allait se défaire tout seul, on n’avait pas besoin d’engager quoique ce soit, ni les courses, ni l’agressivité à la récupération du ballon, ni l’accélération du jeu. C’était un rythme de match amical et on passe 45 minutes sans qu’il ne se passe quoi que ce soit.

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Vous vous êtes pourtant exprimé depuis le banc de touche…

Ça n’a pas pris. C’était un peu mieux en deuxième mi-temps. On rentre avec de bonnes intentions sur les quinze premières minutes de la deuxième mi-temps, on arrive à créer des décalages, mais on a été tellement imprécis sur notre qualité de centre… On en a eu une vingtaine, mais si un ou deux ont touché dans la surface, c’est beaucoup. Il y a eu beaucoup de déchets dans les vingt-cinq derniers mètres et on se retrouve avec peu de situations. On a manqué de qualité d’un joueur qui aurait pu être un détonateur. On a beaucoup de joueurs qui se ressemblent dans les profils, mais peu qui sont capables d’amener une différence avec juste une sensation football de connecter deux joueurs avec le ballon et d’anticiper ce qu’il peut se passer. Ca nous manque cruellement.

Avez-vous l’impression que tout le monde a activé le « mode Ligue 2 » ?

Je pense qu’il y a deux choses très importantes que l’on n’a pas suffisamment mis en place : tous les joueurs sont là pour faire gagner Amiens. Les joueurs qui sont arrivés, même si c’est de l’étranger, ils sont là pour faire gagner Amiens, pas se mettre en valeur ou se créer une meilleure carrière. Le deuxième, c’est que les joueurs en instance de départ, tant qu’ils ne sont pas prêts à mettre le projet collectif avant le projet individuel, ils ne peuvent pas exister. Aujourd’hui, on a besoin d’avoir sur le terrain des joueurs concentrés sur ce projet de faire gagner l’équipe, qu’on ait un esprit de corps collectif, d’envie de victoire et on ne l’a pas aujourd’hui, c’est flagrant. En première mi-temps, on ne dégage rien. Ça joue les touches à deux à l’heure, les coup francs aussi. Il n’y a pas cette pensée de se dire qu’on a une opportunité en or de faire la différence. Ça rend fou mais c’est notre réalité.

On imagine que les murs ont tremblé à la pause…

Il y a juste à accepter la réalité et faire voir ce qui est en train de se passer. Les parties techniques et tactiques sont importantes, parfois c’est la clé, mais quand les attitudes démontrent que l’on se dit que l’on a le temps, il y a un gros soucis et il faut que l’on puisse rectifier le tir. En deuxième mi-temps, sur l’envie, l’implication, on peut difficilement reprocher quelque chose, on a juste eu un défaut de qualité football. Par contre, la première mi-temps que l’on passe en mode jogging, elle ne peut pas exister. Si on fait deux mi-temps comme ça, ce n’est probablement pas le même résultat.

Comment expliquez-vous le fait que malgré les changements de joueurs, on ait le sentiment de voir toujours le même match ?

Parce qu’on a beaucoup de profils qui se ressemblent. On a des travailleurs, qui vont assez vite, ont du mal à se connecter entre eux. Il nous manque un joueur de décalage qui, par le un contre un, va créer une situation offensive, un joueur qui va être capable de mettre en difficulté la ligne adverse sur un jeu à trois ou un une-deux. On se ressemble trop dans les profils, et on a du mal à créer des décalages. On en a créé sur nos latéraux aujourd’hui, mais ils n’ont pas été assez performants dans leur qualité de centre pour mettre en difficulté la défense adverse. Des automatismes pourront être crées petit à petit pour que des joueurs puissent s’entendre et créer des situations, mais ce détonateur offensif, on ne l’a pas.

Propos recueillis par Romain PECHON

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5 Commentaires

  1. Je pense qu’il ne faut pas taper sur le président par contre le recrutement j’ai un gros doute ! Il naît faut aussi un joueur créatif. Courage luka!

  2. Et quoi qu’on en dise Mendoza ou Kakuta y’avait du déchet mais ça bougeait plus que ça. Content de voir Ghoddos partir. Si Otero et Konaté pouvaient en faire de même ça soulagerait à tous niveaux

  3. On va pas devenir comme nos joueurs ?? Facile de critiquer Eisner ou le Président. La vérité c’est que dans la conscience de nos joueurs Amiens c’est le club de passage, un club sans glorieux passé… Un bon coup de pied au cul aux joueurs et isoler les faineasses. Y’a qu’en heurtant leur égo et leur fierté qu’on fera une équipe. Courage Luka ! Moi je t’enfonce pas, pas facile pour toi

  4. 7 victoires sur un an il est temps de remercier Elsner.
    Pour ce qui est du Président Joanin il est temps que lui aussi se retirer il aura eu le meilleur palmares sous son ere.
    Je lui conseil sincerement de passer la main rapidement car le national se profil deja …

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