Même s’il espère obtenir enfin des recrues défensives dans les prochains jours, Luka Elsner prévient que l’Amiens SC ne sera pas en ordre de bataille au moment de lancer sa saison le 22 août prochain, en dépit de la bonne volonté de son effectif actuel. Entretien.

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Quel est votre sensation à l’issue de ce quatrième match de préparation ? 

Mon jugement est un peu le même que contre Valenciennes, il y a eu des choses intéressantes offensivement qu’on ne transforme pas, notamment dans le premier quart d’heure où on aurait vraiment pu mener au score. Cela nous aurait installés de manière un peu différente dans ce match. On est aussi très bancal sur tous les assauts de l’adversaire, on souffre, des brèches se créent et on encaisse à chaque fois. C’est notre réalité actuelle. Je n’ai plus envie de tirer des enseignements positifs après une nouvelle défaite, même si c’est encore avec le même groupe et de jeunes joueurs. Aujourd’hui, on ne peut pas avoir d’opinion positive après un match comme ça.

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Comment expliquez-vous cette nette baisse de régime à l’issue du premier quart d’heure ?

Caen a arrêté de paniquer sous notre pressing. Ils ont repris le contrôle des événements, en s’appuyant sur des joueurs d’expérience qui maîtrisent ces éléments-là. Ils sont petit à petit revenus dans le match en prenant moins de risques. Dès lors, ils ont pratiqué un jeu plus direct sur lequel on souffre énormément, parce qu’on ne gagne pas les duels dans nos trente derniers mètres. Ils ont repris le contrôle du match, ils marquent sur un corner et une perte de balle. Ils ont su laisser passer l’orage puis revenir dans le match. En Ligue 2, ça se joue sur la capacité à exploiter les erreurs adverses. Caen a su le faire, ça n’a pas été notre cas.

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Depuis le début de la préparation, vos joueurs récoltent beaucoup d’avertissements. Avez-vous le sentiment que par moments ils compensent par une agressivité ? 

On a peu d’expérience sur le terrain et des garçons extrêmement motivés pour prouver leur valeur. Parfois, il est vrai que cela peut se transformer en agressivité démesurée. C’est ce qui explique aussi qu’on ait mal contrôlé le dernier quart d’heure alors qu’on avait pris un peu le dessus physiquement.

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Le fait d’avoir réduit l’écart et d’avoir démontré une volonté de ne pas lâcher à 2-0 ne peut plus suffire à ce stade de la préparation ? 

On a trois défaites sur quatre matches. Dans deux semaines, quand le championnat va démarrer, on n’ira pas très loin en pointant seulement les bonnes choses. Il faut que les garçons apprennent à ne pas perdre les matches. Pour pouvoir faire ça, il faut qu’on ait une défense. Les jeunes doivent apprendre la difficulté du métier, quand tu es professionnel il faut gagner des matches pour être viable. C’est la même histoire à 16 ans qu’à 32 ans. Ils doivent avoir cette exigence, même si on ne doit pas leur demander des choses qu’ils ne sont pas capables de faire aujourd’hui. Ça va encore nous prendre beaucoup de temps pour être opérationnel.

D’un point de vue physique, comment va l’équipe à l’issue de ce troisième match en une semaine ? 

Aujourd’hui (samedi), c’était dur. On est parti à 12h30 d’Amiens, avec tous les bouchons, la canicule, le match qu’on avait joué trois jours plus tôt, on est déjà très content de voir personne blessé. Les organismes ont beaucoup souffert et cela peut expliquer une baisse de régime à un moment donné du match. On va donc avoir deux jours de libre (dimanche et lundi) pour que les garçons se vident la tête et puissent se régénérer physiquement, avant de retrouver l’entraînement mardi matin pour notre huitième semaine de travail avec des séances doublées mardi et mercredi. Ensuite, on passera en mode préparation du match contre Troyes dès jeudi.

Espérez-vous que le mercato se décante enfin la semaine prochaine et que l’équipe soit prête pour la réception de Nancy ?

Sur le fait que l’équipe soit prête pour Nancy, la réponse est assez claire : c’est non. Maintenant, chaque jour gagné, chaque semaine gagnée, dans le recrutement posera le curseur moins loin dans la suite de la saison mais, même en ayant nos quatre joueurs défensifs mercredi, on ne peut pas dire que tout ira bien contre Nancy le 22 (août). C’est mal comprendre le football de penser cela.

Tous propos recueillis par Romain PECHON et Adrien ROCHER

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