Luka Elsner : « Ce stage est positif »

Que ce soit le contenu de la rencontre face à Boulogne-sur-Mer (2-1) ou l’ensemble de la semaine au Touquet, Luka Elsner s’est montré ravi de la prestation des joueurs et de la vie de son groupe.

Avec ces deux équipes différentes sur les deux périodes, le résultat et la manière vous conviennent-ils ?

Je crois que c’était plutôt équilibré, avec six ou sept potentiels titulaires en Ligue 1 pendant chaque mi-temps. Ça me va comme un premier match de préparation après une semaine d’entraînement avec beaucoup d’intensité. Il y a eu du bon et du moins bon. Je nous ai trouvés très stables dans les trente premières minutes, où on était bien en contrôle même si on avait un peu de mal à avancer et on forçait un peu les principes de jeu que l’on essaye de mettre en place, c’est-à-dire ce jeu entre les lignes. On a eu une tendance à forcer sur certains moments, et ça s’est vu en première et pas mal en deuxième où il y a eu des pertes de balle qui nous ont coûté des contres et des situations favorables à l’adversaire. Ce sont des choses que l’on doit gommer. Il y a aussi eu du déchet technique. Sinon, on a marqué deux buts, on a eu des situations en première mi-temps, on a une certaine discipline de position avec le ballon, ce qui m’a beaucoup plu. On a une idée générale de ce que l’on va essayer de faire pendant la saison, même si on est loin et qu’il nous faut du travail. Sur les fins de mi-temps, on a baissé de rythme physique de manière assez importante, mais tout ça, c’est logique. J’ai trouvé les garçons dans le bon tempo. Oui, il y a eu des moments où c’était moins intéressant, mais on va restructurer ça. On a de la matière sur laquelle travailler maintenant.

Serhou Guirassy a confirmé ses qualités de finisseur…

Je pense qu’il va devenir une pièce importance de l’équipe, mais le travail a aussi été préparé par les autres. Ils l’ont mis en valeur, dans des situations favorables, parce que par sa qualité de déplacement, il arrive à être dans ces situations, mais j’ai trouvé son match assez propre. Il doit travailler ses remises, ses déplacements défensifs, mais il y avait une vraie volonté de sa part, et j’en suis très heureux.

Sur le plan offensif, on a vu beaucoup de combinaisons rapides dans les petits espaces, c’était plaisant pour vous ?

Oui, ça m’a plu, et c’est pour ça que j’ai dit qu’on a quelques images sur lesquelles on va pouvoir travailler parce qu’on a réussi à avoir quelques fois des accélérations de jeu, des changements de vitesse. Dans ces moments-là, avec du jeu à une touche de balle et entre les lignes, on n’a pas encore la bonne idée pour aller jusqu’au bout quand on a ces situations de décalage. En tout cas, il y a des moments où l’on s’est dit que c’est ce que l’on veut faire, ce que l’on essaye de proposer, et ça doit devenir notre marque de fabrique.

Il y a des joueurs qui se sont démarqués ? 

Non, pas vraiment. J’avais deux équipes équilibrées, j’ai dit aux garçons qu’il n’y avait rien à rechercher en termes de statut dans ces compositions. Le statut va se mériter sur les semaines d’entraînement, sur les matches à venir. Aujourd’hui, il n’y a pas d’indication très précise. Forcément, il y a des joueurs qui font un match plutôt intéressant, d’autres qui sont plus dans la difficulté, mais ça fait partie d’une préparation. Il faut voir aussi de quelle manière ils arrivent à encaisser les charges d’entraînement que l’on a eues, comment ils arrivent à gagner de la fraîcheur. On a passé beaucoup de temps sur le terrain donc il y a de la lourdeur dans les jambes et on vient seulement de démarrer notre préparation. Il n’y a pas d’état des lieux trop important à faire aujourd’hui.

Vous aviez évoqué l’idée que certains joueurs puissent jouer une heure, finalement Jordan Lefort a joué l’intégralité du match…

On a un déficit sur ce poste-là puisque Khaled est à la CAN. On faisait un bilan toutes les dix minutes avec Jordan pour savoir où il en était. C’est vrai que l’intensité en deuxième mi-temps, à part les quelques courses de transition défensive, était plutôt basse. On a beaucoup eu le contrôle du ballon, et il a réussi à tenir le coup en se sacrifiant un peu pour l’équipe. Tout le monde l’en remercie.

Quel est votre bilan de ces cinq jours de stage au Touquet ?

J’avais dit avant même le match que peu importe ce qu’il se passerait, la semaine était positive parce qu’on a mis beaucoup d’intensité pendant les séances, on a passé en revue tous les contenus d’entraînement qu’on avait préparés, on n’a rien raté et on en a même rajouté un peu. Ils ont bien tenu, on n’a pas eu de gros pépin musculaire ou de blessure en dehors de Thomas qui a une légère contracture mais qui sera de retour lundi. Ce stage est positif et on ne se pose pas trop de questions.

Vous avez beaucoup parlé avec Saman Ghoddos sur la récupération du ballon, chose à laquelle il n’était pas forcément habituée…

Tout le monde doit participer à ça parce que c’est le prélude à une phase offensive. Si on fait bien la phase défensive, on va avoir plus de situations pour attaquer. L’important, c’est ce que j’ai demandé à Serhou et Saman, c’est d’occuper la zone de distribution de l’adversaire, c’est-à-dire la partie du rond central dans notre milieu de terrain. Il faut qu’on l’occupe. La clé de Saman ce sont ses déplacements entre les lignes, de se tourner et faire partir le ballon dans la profondeur. Il a eu quelques situations intéressantes comme ça et on a réussi à le trouver pas mal de fois. Ce sera son point fort et c’est là-dessus qu’il doit être le meilleur.

Le brassard donné à Bodmer, c’est un signal fort pour dire que vous comptez sur lui ?

Je compte sur tous les joueurs. Il a une certaine importance dans le groupe par tout ce qu’il a vécu. Il a aussi une qualité dans sa distribution vers l’avant et ça rafraichit le jeu. Ca fait apprendre aux autres comment le faire. Il a un statut qui est particulier dans l’équipe, et il y a une logique à ce que lui, ou Bakaye, soient mis capitaines sur le terrain. Les joueurs ne se posent pas de questions. La structure et la hiérarchie de l’équipe sont très bien mis en place et je n’ai pas besoin d’intervenir là-dedans.

Comment va se passer cette nouvelle semaine de travail ?

Les joueurs ont deux jours de repos en rentrant. C’est important de passer du temps sur la récupération. Ensuite, on va enchaîner sur une très grosse semaine avec huit séances d’entraînement et un match. Celle-là, c’est celle qui va aller chercher les limites physiques des joueurs et on a hâte.

Vous avez évoqué le rôle de Saman entre les lignes, c’est ce qu’il a manqué en première mi-temps ?

Cheick a une très bonne capacité à décrocher et de déplacement, mais il a dû beaucoup se déplacer en couvrant beaucoup de distance et il était de temps en temps en retard, et comme les ailiers, qui n’en sont pas vraiment, ont eu du mal à choisir à quel moment il fallait rentrer, et à quel moment il fallait rester excentrer, Cheick avait plus de distance à couvrir. Juan joue plus sur la profondeur, on l’attendait constamment sur ça, il l’a fait deux ou trois fois correctement. Cheick n’a pas eu la structure nécessaire autour de lui pour tout faire sans se tuer à la tâche.

Ce stage a permis de resserrer les liens et de faire en sorte que chacun trouve sa place ?

On a eu des éléments sur lesquels on a beaucoup rigolé ensemble, les nouveaux arrivants ont créé de l’enthousiasme et ont montré la volonté de faire connaissance. Cette semaine s’est extrêmement bien passée parce que les relations sont saines.

Propos recueillis par notre envoyé spécial au Touquet, Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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