Mathieu Bodmer : « Je ne pouvais pas m’arrêter comme ça »

Remplaçant contre Monaco, Mathieu Bodmer a tout de même été titularisé à six reprises depuis le début de saison, affichant un temps de jeu déjà supérieur à celui de la saison dernière. À 36 ans, le Normand assure jouer un rôle de grand frère au sein du groupe amiénois. 

Sa place dans le vestiaire

Je suis un peu le grand frère, surtout vis-à-vis des jeunes, je leur donne beaucoup de conseils. Je ne suis pas le mec qui va provoquer des réunions ou faire des grands discours, ce n’est pas mon style. Je suis plutôt du genre à parler en tête à tête, au calme. Parfois, on fait des grandes réunions où on redit cinq fois la même chose, ça n’est pas pour moi. Ma carrière est derrière moi, j’essaie de tirer profit de mon expérience pour prodiguer des conseils. Il y a dix ans, si un gars avait tenté d’être bienveillant avec moi, je lui aurai dit d’aller se faire foutre et j’avais tort. Je vois les choses autrement maintenant.

Son poste 

J’étais venu pour jouer derrière au départ. J’ai eu une grosse blessure alors le coach a mis en place une autre défense qui marche bien. Il m’a donc demandé de jouer au milieu, ce qui m’allait. Puis, il a souhaité que je joue encore plus haut, ce qui m’allait encore mieux. À Amiens, même quand tu joues meneur de jeu, tu fais 11 kilomètres par match mais le style de jeu me convient, on a des joueurs de ballons. Le petit Eddy Gnahoré qui vient de Palerme, c’est un super joueur, par exemple.

Débarrassé des blessures

Je n’ai jamais douté. Je ne pouvais pas m’arrêter comme ça, c’est un truc de lâche. J’ai donc fait une préparation différente, je me suis toujours accroché mais on s’est aussi rendu compte avec le coach qu’en jouant derrière, dans ma carrière, je me blessais souvent au mollet. Aujourd’hui, j’ai besoin de m’entraîner tous les jours, mon corps suit, je joue régulièrement, tout va bien. Physiquement, je me sens bien après une saison dernière compliquée avec quatre blessures au mollet.

Une volonté de continuer

Quand je parle avec des anciens joueurs qui viennent d’arrêter, ils regrettent tous. C’est une petite mort. Tant que je peux continuer, je ne lâche pas. La vie dans le vestiaire, le groupe, le foot, c’est ma vie. Jouer au football, c’est quelque chose que j’aurais déjà fait gratuitement alors être payé pour le faire, c’est inestimable. J’adore le football, j’ai deux garçons qui sont au centre de formation à Caen et au Havre, ils jouent à un bon niveau, U17 nationaux. Le dimanche, je prends ma bagnole, je vais les voir jouer, je me régale. Signer à Amiens, c’était aussi pour me rapprocher de ma famille.

Source : Nice Matin

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