Elu joueur amateur du mois de novembre par les lecteurs du 11 Amiénois, Matthieu Delcuse, l’un des symboles du retour au premier plan de l’ESC Longueau, succède à notre palmarès à son partenaire, Maxence Kwinta. Entretien.

Même si vous mettez souvent en avant le collectif, quel est votre sentiment après cette distinction individuelle ?

Ça récompense le travail ! Sur les deux ou trois premiers matches c’était un peu compliqué, mais par la suite, j’ai pris le rythme du championnat. J’avais déjà joué plusieurs années en R1 et j’ai su me remettre au niveau.

Il a fallu digérer la saison dernière ?

On n’avait pas besoin de forcer l’an dernier pour gagner et dès qu’on marquait, on savait que la machine allait se mettre en route pour gagner le match facilement. Parfois, ça nous a joué des mauvais tours et on s’est fait accrocher par quelques équipes. C’était une saison un peu compliquée et heureusement qu’il y avait la coupe pour nous galvaniser.

Et en R1, jouer comme ça ne pardonne pas…

C’est ce qui nous a coûté cher en début de saison. On a pris les matches trop facilement et on a fait des erreurs qu’on a payées cash.

Mais depuis la victoire à Loon, tout semble aller mieux…

Ça a été une victoire difficile, on a travaillé ensemble pour aller la chercher et c’est ce qui a permis de retrouver un état d’esprit irréprochable sur les matches qui ont suivi. Au début, Il fallait trouver les automatismes, même si je connaissais certaines recrues avec qui j’avais déjà joué. On sait très bien que c’est difficile de prendre ses marques quand on arrive dans un nouveau club mais on voit que le groupe vit mieux de jour en jour et il faut que ça continue sur cette lancée.

Avez-vous le sentiment que le niveau du R1 a augmenté par rapport à vos précédentes expériences ?

C’est beaucoup plus dur, oui ! Pour moi, c’est plus une National 3 Bis avec toutes ces équipes du Nord. C’est vrai que c’est un championnat assez relevé. Toutes les équipes se valent. C’est un championnat très intéressant au niveau du jeu et de l’intensité. Tout le monde nous voyait descendre en début de saison et on nous prédisait une saison compliquée. On a su relever la tête et montrer à tout le monde qu’on était là. Même pour Camon, c’est une bonne chose parce que les deux clubs sont sur le podium. Il faut s’entraider entre clubs pour montrer que la Picardie est encore là.

Est-ce une fierté de répondre de cette manière aux doutes et aux critiques ?

Complètement. Même de notre côté on pensait que ce serait une saison compliquée mais le coach a su nous dire les choses, et le groupe a pris les choses en main ensuite pour se parler clairement et retrouver un état d’esprit irréprochable qu’on avait un peu perdu en début de saison. C’est peut-être dû aux changements dans le groupe parce qu’il a fallu que tout le monde s’adapte et ça a pu être difficile.

Pourtant vous vous connaissez tous, plus ou moins…

Oui, mais pas dans le contexte de Longueau. Par exemple, tout le monde connait les Kwinta, mais je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup qui les connaisse personnellement.

Votre coach a été assez dur envers l’équipe en début de saison. Comment ont été reçues les critiques ? Aucune fracture n’a été créée ?

Pas du tout, parce qu’on savait qu’il fallait qu’on se dise les choses, et il a été clair avec nous. Le président aussi nous a parlé en début de saison et il nous a dit clairement qu’il fallait qu’on se réveille et montrer autre chose du club de Longueau.

Le vrai point noir de votre début de saison semble être l’élimination précoce en coupe de France…

Ca a été vraiment une déception. On savait qu’on avait eu des tirages favorables depuis le début, et en tombant contre une équipe comme ça, on pensait que ça allait être facile et qu’on allait passer tranquillement, mais c’est la magie de la coupe. L’équipe qui en a voulu le plus a gagné. C’était vraiment compliqué à vivre la semaine d’après et il fallait réagir rapidement, c’est ce que l’on a fait.

Contrairement à l’an dernier, vous avez été surpris par plus petit que vous…

C’est tout à fait ça. C’est très compliqué derrière parce qu’on sait très bien ce que peut rapporter la Coupe de France. Le président nous a dit qu’il était très déçu et qu’il fallait que l’on relève la tête tout de suite et que l’on montre qui on est vraiment.

Et vous l’avez plutôt bien fait en faisant tomber Wasquehal, qui ne compte qu’une seule défaite cette saison !

C’était un match compliqué et ils avaient fait tourner leur équipe parce qu’ils jouaient en coupe de France le week-end d’après, mais on a montré d’autres choses dans le bloc défensif. On a su faire le dos rond et on a concrétisé les occasions que l’on a eues.

Comment vous définiriez-vous dans ce groupe ? Quel rôle jouez-vous ?

Je ne suis pas du tout un leader mais j’essaie d’apporter tout ce que je peux au groupe. Pour le moment, ça marche et j’espère que ça va continuer jusqu’à la fin de la saison. J’essaye de prendre parfois la parole mais ce n’est pas vraiment mon rôle parce que je ne suis pas le capitaine. Je laisse faire les concernés, les vrais leaders, ceux qui sont là depuis longtemps.

Pourtant vous êtes considéré comme un élément-clé de votre coach…

J’ai aussi profité des quelques blessures des autres joueurs comme Ludovic Demetz. J’ai su saisir ma chance pour m’imposer et faire le travail.

Il y a beaucoup de concurrence au milieu de terrain, comment vivez-vous cela ?

C’est une bonne chose parce qu’une saison c’est long et qu’il faut compter sur tout le monde. Après la trêve, le groupe sera au complet, il n’y aura plus de blessés ni de suspendus. C’est là qu’il va falloir travailler dur à l’entraînement pour gagner sa place. C’est vrai que je fais un bon début de saison jusqu’ici, mais ça ne suffit pas, il va falloir continuer de travailler à l’entraînement et montrer ce que je vaux vraiment sur le terrain.

Parce que la deuxième partie de saison va être intéressante et intense…

On a les capacités d’aller chercher le top 5, surtout en étant troisième à la trêve, mais avant tout, il va falloir penser au maintien tout de suite et voir par la suite pour finir le plus haut possible. La priorité, c’est le maintien.

Il n’y a aucun risque de relâchement dans ce groupe ?

Je ne pense pas, parce qu’on est vraiment concernés et le coach nous met en garde chaque vendredi pour nous dire que rien n’est fait, que la saison va être longue et il va falloir travailler jusqu’au bout pour avoir le maintien. A chaque entraînement on travaille dur pour avoir ce maintien.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

Le palmarès du trophée Le 11 Amiénois : 

Septembre : Mallory Vlieghe (Amiens SC f)

Octobre : Maxence Kwinta (ESC Longueau)

Novembre : Matthieu Delcuse (ESC Longueau)

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