Amiens SC Alphonse
Panoramic

Renfort d’expérience du mercato estival, Mickaël Alphonse s’est longuement confié sur l’environnement qu’il a découvert à Amiens depuis son arrivée au club courant août. Frappé par l’aspect cosmopolite du vestiaire, l’ancien défenseur de Dijon a également évoqué la situation de certains joueurs en instance de départ. Entretien.

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A double titre, aussi bien pour vous après le Havre que pour l’équipe suite à la défaite contre le PFC, est-ce qu’il y a un esprit de revanche avant ce match à Châteauroux ?

Je ne sais pas si je peux dire revanche, mais on veut au moins vivre quelque chose que l’on a eu du mal à vivre ces derniers temps. Sur le plan personnel, je suis venu aussi pour ça. Je viens d’un club où je n’ai pas forcément ressenti un projet commun avec cette envie de faire quelque chose ensemble. C’est ce que je cherche ici, même si ce n’est pas toujours évident.

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Pour quelles raisons ? 

Entre les différentes arrivées tardives et les joueurs qui ont encore un pied dedans, un pied dehors. Pour nous, ce n’est pas forcément l’idéal pour le moment, mais on doit se montrer professionnel et faire ce qu’il faut. Il ne faut pas se cacher derrière des excuses. Sur le terrain, on est tous censés savoir jouer au foot et avoir un langage football. On est dans un club cosmopolite, où l’on parle espagnol, anglais, français et même portugais pour certains. C’est vrai que le langage au quotidien est plus facile que lors d’un match, mais ce sont des choses à mettre en place, et je n’ai aucun doute que ces choses vont arriver rapidement.

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Dans ce club « cosmopolite », parvenez-vous à communiquer avec tout le monde ?

Il faut s’habituer à parler avec tout le monde. On attend aussi des étrangers qu’ils fassent de gros efforts parce que si nous, français, allons à l’étranger, je ne suis pas vraiment convaincu que les gens feront les efforts pour parler français. A contrario, quand ils viennent ici, même si c’est très difficile quand on est seul et isolé, ils doivent se mettre dans la langue. On a beaucoup de joueurs anglophones et ça peut être un petit frein aussi. Ce sont des petites choses que l’on doit réussir à régler dans un sens ou dans l’autre, ce qui nous permettra d’avancer plus vite.

Est-ce la première fois que ça vous arrive ?

Aussi cosmopolite, oui ! Il y a souvent deux ou trois mecs qui ne parlent pas français, et là c’est très facile parce qu’ils sont obligés de s’adapter très vite, ce qui est normal. Mais je me mets aussi à leur place, quand on est neuf, voire plus, je sais que je dois faire des efforts, mais la vérité c’est que je n’en ai pas forcément besoin non plus. Je pense qu’on doit monter le curseur là-dessus.

Est-ce un frein à l’intégration quand on est nouveau ?

Personnellement, non. Pour moi ce sont deux choses différentes dans le sens où s’intégrer au groupe, au vestiaire, au club, ça vient de ce que l’on dégage et la façon dont on va voir les choses. C’est plus un problème sur le terrain. Dire à un joueur de presser, de fermer l’intérieur et autres choses, dans l’adversité, les mots viennent en français. C’est dans ce domaine que c’est compliqué. A eux, et à nous, de trouver les solutions pour que ce ne soit plus un problème. On en a assez pour ne pas se rajouter ça.

La communication peut-elle expliquer le manque d’implication de certains ?

Je ne suis pas convaincu. Parfois, je pense que l’on se cache derrière ça. Il faut que l’on soit forts là-dessus pour passer outre. On a des joueurs de grande qualité mais on aura des mecs encore plus impliqués après le 5 octobre. Malheureusement, ça nous coûte en temps et en points.

La situation du mercato rend les choses difficiles pour certains…

C’est une situation compliquée pour le groupe et les joueurs en question. Ils sont dans le mercato, mais il ne le sont pas que depuis aujourd’hui. Un mec qui attend le mercato, il l’attend depuis le confinement. Il est dedans, il espère qu’il va partir. Ca fait cinq ou six mois qu’ils n’ont pas joué, la situation se complique et c’est presque plus un poids qu’autre chose. On sait tous, qu’à la base quand tout va bien, les clubs aiment bien attendre avant de faire signer des joueurs, mais en ce moment, avec la situation financière, je suis persuadé que 30% du mercato se fera dans la nuit du 4 au 5 octobre. Je suis d’avis que l’on soit apte à tous travailler ensemble une fois que tout cela soit fini, mais il y a aussi des matches à jouer dans cette période. On doit être capables de prendre des points pour ne pas se retrouver dans une situation d’alerte totale dès que le mercato ferme.

Propos recueillis par Romain PECHON

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