National 3 : L’Amiens SC (b) est sur la bonne voie

Cinquième de National 3 à la trêve, l’équipe réserve de l’Amiens SC a réalisé une première partie de saison plutôt convaincante. Autour de quelques jeunes professionnels, la jeune garde du club parvient à s’exprimer avec une certaine réussite. De quoi satisfaire Antoine Buron, leur entraîneur. Entretien. 

Antoine Buron, jugez-vous le bilan satisfaisant à la mi-saison ?

Après un début compliqué on a su élever notre niveau de jeu. Il a fallu un petit temps d’adaptation pour certains joueurs qui découvraient le monde séniors. C’est plutôt encourageant et satisfaisant même si je ne cesse de répéter qu’il n’y a rien d’acquis et il faudra confirmer sur la durée. C’est une première partie encourageante pour la suite.

Le tout avec beaucoup de jeunes qui ont du temps de jeu…

L’idée c’était clairement ça. Les jeunes pros qui descendent sont vraiment jeunes et on en a quelques-uns du centre qui arrivent à gratter du temps de jeu avec la réserve. Ça met en avant un travail qui est fait depuis maintenant quelques saisons. Le but de la formation c’est de les aguerrir le plus rapidement possible au monde séniors. C’est encourageant pour la suite parce que ça prouve que les joueurs ont des qualités que l’on arrive à exploiter, et ils arrivent à exister dans ces matches-là. On ne met pas des joueurs pour les mettre mais pour qu’ils soient performants. Il y a encore plein de choses à travailler avec eux mais c’est plutôt bon signe.

La difficulté d’une équipe réserve est de créer une alchimie entre les joueurs qui viennent de différentes structures. Vous semblez y parvenir…

Elle a été trouvée mais il faut essayer de la maîtriser parce que c’est très difficile. Il y a forcément des déçus tous les week-ends et on est dépendants du nombre de descentes. L’avantage, cette saison, c’est le lien qui se fait avec le staff pro. On a le droit de faire jouer la concurrence avec ces jeunes et ça pousse tout le monde vers le haut. Il n’y a pas de statuts prédéfinis. C’est quelque chose qu’il faut maintenir sur la deuxième partie de saison. Il faut être attentif aux garçons qui jouent moins, c’est sur eux qu’il faut être le plus vigilant. Tout le monde a bien compris qu’il avait une carte à jouer dans ce groupe et qu’il fallait être performant pour pouvoir jouer et ça tire forcément les performances de tout le monde vers le haut. C’est plutôt encourageant et positif.

Vous n’avez concédé que deux défaites en onze matches, c’est un signe de solidité de votre équipe…

Il faut trouver l’alchimie entre les joueurs mais aussi sur le terrain pour être performant. On a montré de la solidité, notamment à l’extérieur. On a su bien voyager et être solide à l’extérieur. On a pêché à domicile en début de saison mais je pense que c’était aussi un excès de confiance et que les joueurs n’avaient pas encore pris la pleine mesure de ce que pouvait être un match à la maison. Ils étaient un peu dans le confort et jouer à domicile ne nous a pas vraiment servi au départ. Ça prouve que l’on est solide, oui, mais on a fait des résultats à l’extérieur où c’était assez limite. Je pense notamment à Feignies où notre gardien sort un penalty qui nous laisse dans le match. On n’est pas passé loin de la correctionnelle sur certains matches. Il faut rester vigilant mais c’est une première partie de saison plutôt solide à l’extérieur et en grattant des points à domicile, ça fait forcément du bien au classement.

Est-ce que vous parvenez à dégager un match référence jusqu’ici ?

Le match d’Arras, en termes d’état d’esprit, de combativité, de production dans le jeu, c’est le plus abouti. C’était un contexte difficile, sur un terrain compliqué avec très peu de pros ce jour-là. On a été solide avec nos jeunes et on a fait un travail qui a été plein d’abnégation et d’humilité. Ils ont travaillé tous ensemble. Il y a les victoires contre Vimy et Maubeuge aussi, mais c’était un autre contexte, avec plus de joueurs pros. Entre l’extérieur et le domicile, on a vraiment deux profils de matches qui sont complètement différents.

L’idée sera de maintenir le même niveau de jeu et d’exigence sur la deuxième partie de saison ?

Il faudra même l’élever parce que plus on va avancer, plus on va savoir si ces jeunes joueurs sont capables d’aller s’entraîner ou postuler à une place dans le groupe pro. Il faudra élever le niveau d’exigence pour que ces jeunes joueurs puissent avoir du temps de jeu. La politique sera de rajeunir au maximum, de voir les plus âgés et s’il n’y a pas plus de projection que ça pour le haut niveau, ils laisseront la place à des garçons encore plus jeunes pour qu’ils s’aguerrissent le plus vite possible. On va élever le niveau d’exigence, d’attente envers ces joueurs pour qu’on sache réellement ce que ça peut donner sur un monde professionnel, ou pas.

La possibilité d’une montée pourrait amener à changer le fusil d’épaule et jouer l’accession en fin de saison ?

Non. On utilisera la politique de formation, on est clairs sur ce sujet. On ne mettra pas des joueurs plus vieux pour gagner le championnat. On fera jouer des jeunes qui doivent s’aguerrir parce qu’aujourd’hui, on est dans la formation. Ça ne veut pas dire qu’ils ne pourront pas les gagner. Le critère numéro un pour une composition d’équipe sur cette deuxième partie de saison sera de mettre des garçons qui ont un profil à développer. Ça veut dire que l’on va repartir sur une dynamique encore plus jeune. On a fait des entretiens avec certains joueurs qui sont au courant que s’ils n’ont pas plus de projection que ça, il y aura plus jeune qu’eux sur le terrain pour voir ce que ça peut donner. Le fait d’être à six points du premier, ça doit nous donner une petite sécurité pour rester dans ce bon wagon mais on ne fera pas une « championnite » en se disant qu’on ne va pas faire jouer les jeunes sous prétexte qu’on est là-haut. On maintient le cap. On avait défini un plan d’action sur la saison et on va s’y tenir.

Dans ce contexte-là, on imagine que vous allez jeter un oeil sur le parcours en Gambardella et en U19 Nationaux…

Bien sûr mais notre mode de fonctionnement au quotidien fait que l’on côtoie tous les groupes, donc ce sont des joueurs avec qui on travaille toute la semaine. On est très attentif à ces parcours, ça met en lumière un travail collectif. On fonctionne en les voyant toute la semaine donc on y est attentif et ça prouve qu’il y a de la qualité. C’est intéressant pour la suite. En étant à la tête de l’équipe réserve, je suis attentif aux individualités qui composent ces équipes pour voir quel joueur peut tirer son épingle du jeu pour aller un peu plus haut.

Tous propos recueillis par Romain PECHON et Adrien ROCHER

Le meilleur souvenir sportif 2019 d’Antoine Buron

« Décrocher le maintien avec l’équipe première, ça reste forcément un bon souvenir parce que c’est quelque chose d’important. C’est une dynamique d’importance pour le club. On a pu respirer un grand coup parce qu’on repartait sur une année en Ligue 1. »

Le voeux d’Antoine Buron pour 2020

« Que l’on se maintienne en Ligue 1 parce qu’on est dans une phase d’ascension, on est un club en construction. Mon deuxième voeu, ce serait qu’un maximum de nos jeunes puisse intégrer le groupe pro et ait de réelles compétences pour y rester et s’imposer sur le long terme. On passe quelques joueurs depuis quelques années, mais on aimerait que certains aillent gratter du temps de jeu. Ce serait vraiment le top, mais ce serait plutôt sur une fin de saison ou le début de la prochaine. C’est un super voeu pour 2020 et ce serait bien. »

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