Oswald Tanchot (Amiens SC) : « Il faut qu’ils élèvent le niveau très vite »


Avec cinq buts inscrits en neuf rencontres, outre le fait d’être la moins bonne attaque du championnat après deux mois et demi de compétition, l’Amiens SC affiche un bilan insuffisant pour se montrer réellement ambitieux cette saison. Un constat partagé par Oswald Tanchot, qui mise sur le travail et un déclic pour espérer débloquer la situation. Entretien.

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Depuis le début de saison, le constat de votre inefficacité offensive revient sur la table match après match. Que pouvez-vous faire pour régler cela ?

Aujourd’hui, à part dire que c’est le travail sur le terrain, à la vidéo et la confiance qu’on doit donner aux attaquants… Je ne vais pas sortir un joueur de mon chapeau, inventer une tactique qui va faire qu’on va se mettre à marquer des buts. A un moment donné, marquer le but, c’est le dernier geste. C’est une situation d’un joueur avec un gardien et un espace-temps à contrôler. Si on commence à trouver un peu plus d’efficacité, on aura un peu plus de confiance et ça va rentrer dans l’ordre. Mais comme j’ai dit lundi soir, il y a deux catégories d’attaquants, ceux qui marquent, et les autres. Force est de constater qu’au classement des buteurs, il faut aller très bas pour trouver des joueurs d’Amiens. Il faut travailler avec les joueurs qui sont là, que ceux qui sont en déficit de performance élèvent le niveau très vite. De toute façon, quand tu n’as pas une concurrence folle, tu ne peux pas t’amuser à changer tous les quatre matins. Ça passe peut-être par un changement de joueur, de confiance. Les leviers sont à la marge mais ils existent quand même.

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Est-ce uniquement un problème de confiance ?

Il y a une partie de confiance, une partie de spirale. Parfois, les buts appellent les buts. Quand les joueurs sont en échec, c’est plus difficile, mais quand ils retrouveront un peu de réussite, les choses se feront avec plus de fluidité. Devant le but, il y a des choses qui se font de manière automatique et instantanée. Quand on réfléchit trop, ce n’est pas bon. Mais les matches avancent et comme on dit souvent, il y a deux types d’attaquant : ceux qui marquent et les autres. Quand on est attaquant, on doit marquer des buts, c’est la feuille de stats qui parle. Le reste, c’est de la littérature.

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Ne craignez-vous pas que l’équipe soit gagnée par une forme d’impuissance, un certain découragement…

C’est toujours pareil une équipe. Les défenseurs ou ceux qui ont la sensation de faire le taf pourraient dire « on ne marque pas, on pourrait être plus haut », les attaquants pourraient dire « on est mal servis ». Ne pas marquer, parfois, c’est un mauvais centre ou une relance qui peut se faire dans un intervalle mais on met un mauvais ballon dans la profondeur. C’est bateau de le dire, mais l’aspect offensif, c’est la responsabilité de tout le monde. En première mi-temps, offensivement, on n’a pas été assez impactant pour l’adversaire. Ce n’est pas uniquement à cause des attaquants, c’est plein d’autres choses. Il ne faut pas surtout pas avoir de divorce dans l’équipe entre ceux qui doivent marquer et ceux qui doivent empêcher d’en prendre. Il faut que tout le monde ait une vision collective. Il n’y a pas de règles non plus, on peut avoir des milieux ou des défenseurs qui marquent aussi. En ce moment, ça pourrait nous faire grand bien. Il y a des périodes dans une saison où des joueurs doivent dépasser leurs fonctions pour sauter les verrous. On est dans cette période.

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Dans un tel contexte, il est difficile d’ambitionner jouer les premiers rôles cette saison…

Si je faisais de la langue de bois, je dirais oui. Maintenant, je ne vais pas en faire et je vais donc dire non. Si on ne marque pas de buts, on ne peut pas être ambitieux, c’est impossible, il suffit de regarder les chiffres. Globalement, pour être une équipe de haut de tableau, il faut marquer plus de soixante buts. Une fois qu’on a dit ça, on sait le chemin qu’il nous reste à parcourir. Avec cinq buts en neuf matches, on sera loin si on continue sur cette cadence. Avec cette moyenne, on va finir à vingt buts sur la saison. J’ai tout dit quand j’ai dit ça. Faire le bon geste à l’entraînement c’est une chose, mais le faire en compétition c’en est une autre.

Aujourd’hui, votre seul attaquant de métier est Stephen Odey, qui a été sanctionné pour raisons disciplinaires contre Toulouse et qui n’avait pas joué contre Sochaux. Ce n’est pas l’idéal avant d’affronter Auxerre…

Stephen a eu un travail compensatoire, il n’a pas loupé d’entraînement et j’ai dit ce qui s’était passé. On ne va pas en rajouter. Il y a eu une sanction pénalisante pour lui et l’équipe et maintenant, c’est fini. Il est à disposition à partir du moment où il rentre dans les règles, il s’est excusé comme il devait le faire auprès de tout le monde et je me suis dit que c’est un bon levier pour qu’un joueur ait une réaction positive. Il en doit une au groupe donc s’il peut s’excuser aussi en marquant des buts, on oubliera.

Au regard de la situation actuelle, êtes-vous tenté d’essayer Amadou Ciss à la pointe de l’attaque dès le coup d’envoi ?

On pense forcément à lancer Amadou en tant qu’attaquant de pointe parce que Juan ne s’est pas entraîné, il a pris un coup sur la toute première occasion et il a un gros hématome sur le coup du pied. Il y a Juan (Otero), Stephen, Amadou ou inventer une animation différente. C’est avec ces joueurs-là qu’on fera les choses.

Propos recueillis par Romain PECHON

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