Nouvel entraîneur de l’Amiens SC, Oswald Tanchot donne des précisions sur son approche au niveau du management, son approche du jeu et l’identité qu’il souhaite donner à son équipe, aussi bien dans le vestiaire que sur le terrain. Entretien.

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Qu’est-ce qui pourrait remettre l’équipe dans le droit chemin ?

La confiance est un élément essentiel de la performance, tous les sportifs le savent et je dirais même que dans la vie privée c’est très important, mais on en parle souvent sans trop savoir de quoi on parle. C’est d’abord un élément qui appartient aux joueurs et c’est à travers ce que l’on fait chaque jour à l’entraînement, en compétition que l’on peut nourrir cette confiance et rentrer dans un cercle vertueux. Plus on fait les choses correctement avec réussite, plus on est relâché, plus on est confiant, mais il faut briser ces spirales négatives quand elles existent et il y a un élément important dans le jeu qui est le domaine offensif. Je crois que c’est souvent dans ce secteur que l’on peut évaluer le niveau de confiance d’une équipe. Il y a des périodes où on ne sait pas trop comment ni pourquoi mais on frappe et on marque. En revanche, il y en a d’autres où c’est un peu plus compliqué. On est une des équipes frappant le plus en Ligue 2 pour un taux de réussite évidemment trop faible parce qu’on n’a marqué que deux buts depuis le début de la saison. On a conscience de ça, il faut y travailler et il n’y a pas d’autres moyens à court terme que de travailler pour pouvoir infléchir la tendance. Une fois que les éléments iront dans le bon sens, tout le monde va en profiter, se sentira mieux et les chiffres iront à la hausse.

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Vous sentez-vous suffisamment armé en termes d’effectif pour mener à bien le projet ?

Il y a deux choses dans l’effectif d’une façon générale : le nombre de joueurs et la qualité. C’est indéniable, dans cette équipe, que ce soit en nombre ou en qualité, cet effectif est bien fourni. On a des joueurs qui ont prouvé leurs qualités par le passé, il y a des jeunes en devenir et qui ont encore besoin d’avancer, de progresser mais qui ont les qualités pour le faire. Il y a aussi le rendu actuel sur le terrain avec ces joueurs qui est effectivement insuffisant, notamment dans le secteur offensif. Rajouter des joueurs pour en rajouter, ce n’est franchement pas la bonne solution parce que ça rajoute parfois du flou, de l’incertitude et ça peut altérer la confiance des joueurs qui sont là. Par contre, c’est vrai que dans la relation coach-président, il y a du challenge. Il faut que je sois celui qui embête son monde à vouloir des joueurs quand c’est le bon moment. On saura en parler quand c’est le bon moment et pour l’instant, c’est prématuré. Moussa (Konaté), c’est tout récent, et c’est vrai que dans mon esprit, il était avec nous et c’est un joueur que l’on essayait de remettre dans une dynamique positive. Mais c’est logique qu’un garçon comme lui puisse aspirer à jouer en Ligue 1. On a des joueurs qui ont déjà joué numéro 9, Stephen Odey en est un et d’autres peuvent le faire. Ce poste-là est très regardé et est très important. J’ai souvent tendance à dire qu’en Ligue 2, un bon avant-centre et un bon gardien sont ce qui différencient les équipes au décompte final. On a la chance d’avoir un très bon gardien et il faut que l’on ait la chance d’avoir quelqu’un qui se révèle en tant qu’attaquant et marque des buts parce que c’est lui qui va inspirer de la confiance aux autres et qui va leur permettre de jouer plus relâchés. Quand on sait qu’on a un attaquant qui peut marquer à tout moment, ça déclenche des choses. Aujourd’hui, ce garçon ne s’est pas encore révélé, mais c’est notre travail que de créer les conditions de cette révélation-là.

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Cette approche est-elle possible avec l’effectif que vous avez sous la main aujourd’hui ?

C’est possible si tout le monde au sein du club, du plus haut de la hiérarchie jusqu’en bas, porte ce projet et cette vision. Quand un joueur se sent bien et important dans un endroit, il a souvent tendance à en donner encore un peu plus.

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Quelle est votre philosophie de jeu ? Quelle est la patte que vous voulez mettre sur cette équipe ?

Concernant le système, on est dans une période où il faut mettre les joueurs dans de bonnes conditions et ce sont plutôt les états de forme et la dynamique qui doivent conditionner les choses. On a les milieux de terrain pour jouer en 4-3-3. Même si Bongani (Zungu) nous a quitté, il y a Emmanuel Lomotey qui est capable de s’intégrer dans cette organisation de jeu. Sur le jeu, je suis un entraîneur qui aime avoir la possession, avoir du jeu sur les côtés, avoir une équipe agressive dans le pressing. Pour pouvoir jouer correctement ce football-là, il faut des gens capables de créer du mouvement et intelligents dans leur jeu sans ballon pour libérer des espaces, mais c’est un travail au quotidien. J’espère que l’on va avancer dans cette dimension et que les joueurs passent d’une vision individuelle à une vision collective et pensent que le jeu est toujours beaucoup plus beau quand il est partagé et que l’on pense la même chose au même moment.

Propos recueillis par Romain PECHON

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