Pascal Tranquille : « Améliorer la communication avec les clubs »

Fraîchement élu à la tête du District, le nouveau président Pascal Tranquille a accordé sa première interview au 11 Amiénois et en a profité pour exposer son plan d’action, au-delà de la simple gestion de la crise sanitaire.

Quel est votre premier sentiment suite à cette élection ?

Il va vers Marcel Glavieux. Après trente-trois ans de présidence, j’imagine que ces dernières semaines n’ont pas dû être faciles pour lui. On a eu un petit échange hier mais je lui ai témoigné toute mon amitié, mon affection ainsi que la reconnaissance pour les vingt ans passés ensemble à la tête du District. Ensuite, mon sentiment va vers les clubs parce qu’en cette période très difficile pour eux, il faudra que l’on soit présent, efficace, que l’on fasse remonter les problématiques à la Ligue et à la FFF. J’ai une équipe motivée, soudée et j’ai aucun doute sur notre capacité à faire voir notre point de vue.

Vous avez vécu une campagne particulière…

J’ai un sentiment un peu d’inachevé et on va faire une vraie assemblée présentielle en juin, si c’est possible. La première des choses qui sera faite sera de donner la parole à Marcel parce qu’on ne peut pas partir comme ça après trente-trois ans, ce n’est pas possible. Il mérite beaucoup plus de respect et de considération. On lui a préparé quelques petites surprises, on a des idées et j’espère qu’on pourra se réunir, qu’il pourra venir devant ses clubs. Il viendra leur dire au revoir comme il aurait dû le faire.

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Qu’est-ce que cette élection va changer pour vous ?

Beaucoup de choses ! J’aurai un peu moins de temps libre, mais j’avais mesuré cet aspect avant. Je pense que je serai l’interlocuteur de certaines personnes alors qu’avant c’était Marcel, naturellement. Le président-délégué n’est pas là pour être en avant mais pour préparer les dossiers et les transmettre au président qui, par son réseau, va les faire avancer, les finaliser, les concrétiser. Il est normal que le président ait la lumière. Marcel a souvent parlé d’être en photo, mais il l’était parce qu’il était présent ! Je le serai beaucoup moins.

Le message envoyé est que c’est une équipe élue et non simplement vous…

C’est un collectif et c’est très important pour nous. Le président va trancher quand il le faudra parce que c’est son rôle, mais il le fera en prenant l’avis de tout le monde. Par exemple, j’étais invité sur France Bleu et j’ai envoyé un message à tout le monde pour demander s’ils avaient un signal à envoyer.

Voulez-vous marquer une rupture avec votre statut de second de Marcel Glavieux ?

Il y aura une forme continuité, mais au regard de la crise actuelle, je pense qu’il y aura aussi un peu de rupture de notre gestion. Ce qui est certain c’est que l’on va continuer sur les piliers que j’ai connus il y a vingt ans, à savoir la proximité avec les clubs et les secteurs. Ce sont des choses auxquelles les gens sont attachés, nous aussi et il n’y a aucune raison de changer. Ensuite, les évènements comme la Covid, on ne peut pas les prévoir et on s’adaptera. Il se trouve que Marcel m’avait nommé référant Covid donc j’étais très averti de tout ce qu’il pouvait se passer. J’aurai des informations qui viendront d’autres organes et par mon travail j’aurai une porte d’entrée sur le reste. J’espère qu’il n’y aura plus de pandémie mais au cas où, on pensera à nos clubs, au terrain. On va essayer de faire en sorte que notre foot-animation et nos féminines se développent. Il est important que l’équipe fanion des féminines de l’Amiens SC remonte en D2, que les Portugais d’Amiens se maintiennent, que d’autres clubs arrivent en R3 ou en R2. Il faut vraiment que l’on restructure tout ça, qu’on accompagne, peut-être que l’on fasse des pôles féminins. Il y a des choses à faire. La commission féminine va plancher là-dessus, on va proposer des choses aux clubs. Si on parle de rupture, ce sera surtout sur le fait d’améliorer la communication avec les clubs.

C’est un axe important…

Une chose qui me faisait souffrir c’était la méconnaissance des gens du district. Ils ont une image de gens âgés, dans un fauteuil, pas dynamiques, mais ce n’est pas le cas. Même si le président a l’âge qu’il avait, il avait des gens autour de lui qui travaillaient et faisaient en sorte que le District était dynamique. On a changé plein de choses sur les deux derniers mandats.

Vous voulez moderniser votre image…

Aussi. Peut-être utiliser Facebook ou d’autres moyens de communication que je ne connais pas forcément très bien, mais d’autres personnes dans l’équipe maîtrisent. Ils sont plus jeunes, ils ont chacun leur truc, mais il faut que l’on ouvre les portes, que l’on décloisonne, que l’on travaille en transversale. On ne peut pas parler de compétition si on n’a pas un arbitre qui va donner son point de vue d’arbitre, si on n’a pas un éducateur pour nous aiguiller. Ce n’était pas forcément le cas jusqu’ici.

Êtes-vous d’accord pour dire que c’est presque le pire moment pour devenir président ?

Bien sûr, je peux le comprendre, mais on verra dans quatre ans si je continue l’aventure ou pas. Personnellement, si je ne suis pas satisfait de ce que l’on a fait, je ne repartirai pas. J’aime ce District donc si quelqu’un vient avec un autre projet, on pourra travailler ensemble.

Quelles sont les premières actions à mener avant les fêtes?

On a deux réunions importantes où l’on va nommer les présidents de commission, et ensuite charge à eux de nous la présenter. Ensuite on aura le comité directeur pour valider tout ça pour que début janvier, toutes nos commissions soient validées. Il faut des gens qui adhèrent au projet. On peut avoir des gens qui vont un peu à contre-courant, mais pas totalement à l’opposé. Il faut quand même qu’il y ait une ligne directrice qui soit suivie. Il faut que l’on rencontre le personnel aussi. On doit faire en sorte que les personnes qui étaient habituées à Marcel sachent qu’il y aura des changements mais pas des bouleversements. On ne tient pas à balayer tout ce qui a été fait, on va simplement continuer, discuter ensemble. Ils connaissent leur travail et s’ils ont des idées et des suggestions, on sera preneur. Si elles sont applicables, ce serait encore plus pratique. Ce que je ne veux pas, c’est qu’un club m’appelle en disant « j’ai posé une question et je n’ai pas eu de réponse ». C’est quelque chose qui m’insupporte. On sera au service des clubs, mais on prendra les décisions que l’on aura à prendre. S’il y a des incivilités, les commissions seront là pour prendre des décisions et on les appuiera.

Est-ce qu’il y a une crainte sur la suite de la saison ?

La crainte, c’est que l’on ne joue pas assez, mais la saison se finira. Ca s’est passé l’an dernier, ça n’a pas satisfait tout le monde, mais elle s’est finie. Il n’y avait pas grand chose d’autre à faire. Maintenant, il faut que l’on joue des matches parce que les gens adhèrent à un club et payent une licence. On doit leur donner un retour.

On imagine que vous souhaitez que la coupe de France continue également…

J’ai surtout envie que nos trois équipes aillent le plus loin possible ! C’est la plus belle compétition même si je l’ai très peu jouée à l’époque, j’ai démarré à vingt-neuf ans.

Une annulation serait le coup de grâce pour le football amateur…

Si ce sont les instances qui l’annulent, non, parce que ce sera contraint et forcé. Si ça vient encore de l’État, oui, ça le sera parce qu’ils ont d’autres choses à gérer que le football. Ils ont simplement à nous donner les moyens d’aller au bout. Le reste, ce n’est pas leur problème.

Quels sont vos leviers pour aider les clubs ?

Sans avoir discuté avec personne, je pense qu’un des leviers serait d’alléger les championnats encore un peu plus. Un simple match ça mobilise un peu la buvette alors qu’une journée de tournoi fait marcher la machine des petits clubs. Si on doit se priver d’une ou deux journées de championnat pour qu’ils puissent organiser quelque chose qui ramène de l’argent en compensation, je pense qu’on pourra trouver une voie comme ça. Redonner de l’argent, par contre, ce n’est pas possible. On a remboursé une grosse partie des licences la saison dernière. En gros, on a redonné 70% de ce que les clubs avaient investi sur les licences.

Le football féminin, comme vous l’avez déjà dit, est un point de développement désormais…

C’est un gros point de développement ! On a une éducatrice qui va venir animer cette commission avec toute son expérience et sa compétence, et accompagnera nos deux salariées du district sur ce sujet. On va tout mettre à plat. La difficulté de la pratique féminine c’est qu’il faut croiser deux choses. D’abord une pyramide qui n’est pas très élargie et il faut que les filles jouent avec les garçons sinon elles ne peuvent pas progresser. Toutes celles qui jouent en Équipe de France ont joué avec les garçons jusqu’à seize ans.

Et au niveau de l’arbitrage ?

C’est relativement simple, il faudra qu’on fidélise. On a des gens qui ont plein d’idées, il faut les mettre en place, tout simplement. Ca ne doit pas être l’affaire d’une personne, mais de tous les gens qui gravitent autour du District. Ca doit être une obsession. Chaque action doit être partagée et non plus portée par une seule personne. Que des gens soient un peu plus spécialistes, ce n’est pas un problème. Le football est un sport de contact et on ne peut pas ne pas tolérer qu’il y ait parfois des débordements, mais dans un respect de l’arbitre et de l’adversaire. On va travailler sur la sensibilisation des clubs, sur leur responsabilisation. Lorsqu’un joueur dérape, je pense que le club a une part de responsabilité. Il faut que le licencié comprenne que ce n’est pas possible. S’il faut aller jusqu’à la licence à points comme dans d’autres districts, on le fera peut-être. Il faut trouver le bon équilibre.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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