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Nouvel entraîneur principal d’Ailly-sur-Somme, suite au départ de Yohane Moreira pour l’AC Amiens, Pierre-Alain Lavillette revient sur sa transition entre le handball et le football, lui qui était à la tête de l’Amiens PH ces dernières saisons. Entretien.

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Comment se passe le changement de casquette entre le handball et le football ?

Je n’ai jamais été coach numéro 1 en football, même si j’ai déjà entraîné des jeunes il y a quelques temps. J’ai été éducateur sportif et je me suis ensuite tourné vers le handball. Aujourd’hui, ce qui me fait revenir dans le football, c’est avant tout le projet du club d’Ailly-sur-Somme, qui s’articule autour de l’envie de former des jeunes joueurs pour leur permettre d’accéder à un niveau Ligue, avec des cadres pour les entourer. Il y a aussi le fait que mon cousin Terry (Lavillette) ait aussi la volonté de continuer à jouer pour que je l’accompagne dans cette mission. On est deux à travailler là-dessus. Je coache et pour l’instant il est encore joueur. On décide des stratégies à adopter ensemble, on élabore les plans de jeu ensemble, mais quand arrive l’heure des entraînements et des matches, il prend sa casquette de joueur et se concentre sur le jeu. C’est un travail en commun qui fait que je suis de retour dans le football.

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C’est une chance de pouvoir vous appuyer sur quelqu’un d’expérience qui connaît le club comme Terry…

On se connaît par cœur ! On a joué ensemble pendant quelques saisons parce que j’ai eu la chance de pouvoir jouer à un bon niveau jusqu’à un certain âge. On se côtoie tout le temps et c’est une chance de pouvoir compter sur quelqu’un comme lui, mais aussi d’autres joueurs cadres du club, comme Anthony Chappe, par exemple.

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Comment se sont passés les premiers pas avec le groupe ?

La gestion ne change pas du tout entre le football et le handball. Il y a des repères un peu différents par rapport à ceux que l’on a pu connaître en étant plus jeune, mais les plus jeunes n’ont pas les mêmes références que nous. Ils sont dans un autre monde, avec des repères relationnels et sociaux qui sont actuels et si on décide d’instaurer des règles de quand on était plus jeunes, ça ne fonctionnera pas. L’ambition que l’on a, c’est de les faire évoluer pour leur inculquer ces valeurs collectives parce que c’est une société où l’on s’individualise beaucoup, quelque soit le sport. On veut les recentrer autour de l’intérêt et du plaisir collectif que l’on dégage. C’est le plaisir le plus important que l’on puisse connaître en tant que sportif. Si on réussit de belles performances individuelles sur une saison mais que le collectif n’atteint pas ses objectifs, la saison ne sera pas bonne. Mais si on prend une part importante dans des résultats collectifs réussis, je pense que c’est le plus grand plaisir que l’on puisse prendre. Notre rôle en tant qu’entraîneur et éducateur, c’est de leur faire prendre conscience de tout ça et de les impliquer chacun dans la rigueur et l’importance des rapports individuels au service du groupe.

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Venez-vous pour une saison ou êtes-vous là pour un projet à long terme ?

Pour l’instant, je me suis inscrit sur la saison. Quand je suis arrivé au hand, je m’étais inscrit sur trois ans parce que le projet que l’on voulait mener s’inscrivait sur trois ans. Là, c’est une saison parce que je ne sais pas où je serai personnellement à la fin de l’année. Ce n’est pas lié au projet du club mais aux différents choix personnels que j’aurai à faire. Je ne voulais pas prendre un engagement plus long.

On imagine que vous gardez un oeil attentif sur la situation de l’Amiens Picardie Handball…

Bien évidemment ! J’ai passé de très bonnes années à Amiens, que ce soit avec les U18 pendant trois ans – où l’on avait atteint les quarts de finale du championnat de France – ou avec les séniors où on a passé trois très belles années en N1 avec des résultats à la hauteur de ce que l’on recherchait. Ce qui est intéressant dans le sport collectif, c’est le parcours sportif réalisé mais aussi l’aventure humaine, ce pour quoi j’ai le plus d’intérêt. J’ai découvert de très belles personnes pendant ces six années à l’APH, et je continuerai à avoir des relations avec ces gens.

Ressentez-vous une frustration de n’avoir jamais pu jouer la montée avec l’APH ?

Tous les sportifs sont contre le statut VAP. Aujourd’hui, on est dans un monde économique et le sport de haut niveau est devenu économique avant tout. Dans le handball, il faut avoir un budget conséquent pour pouvoir prétendre à quelque chose, et ce n’est pas seulement ce qu’il se passe sur le terrain qui décide de l’issue du championnat. C’est surtout au niveau des finances et de l’organisation du club. On peut le regretter, mais aussi se dire que depuis que la fédération a mis en place ce statut, il est rare d’avoir des dépôts de bilan au niveau professionnel. On peut se consoler en ayant ce recul mais en tant que sportif, je regrette de ne pas pouvoir défendre mes chances sur un pied d’égalité, quelques soient les ambitions qui nourrissent les clubs.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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