Prince Gouano : « Personne ne naît raciste »

Pris pour cible par un spectateur dijonnais présumé auteur de cris racistes, Prince Gouano est revenu sur cet épisode et ses conséquences pour le quotidien l’Équipe, ce lundi.

Un message de tolérance renouvelé

Depuis vendredi soir, les messages de soutien s’accumulent à l’égard de Prince Gouano. Une médiatisation qui a surpris l’intéressé. « Je ne m’attendais pas à ce que ça prenne autant parce que quand je me suis présenté face aux caméras, à la fin du match. J’ai parlé avec mes mots, dit ce que j’avais sur le cœur à ce moment. Mais une fois rentré dans le vestiaire, des membres du staff m’ont dit que mes propos avaient immédiatement impacté des membres de leur famille, qu’ils avaient été touchés, confie le défenseur. Je ne me suis pas dit : ‘Si je dis ça, ça va prendre.’ Ça prend les tournures que ça devait prendre. C’est une lutte qui date de bien avant que je sois né. Et j’espère qu’elle prendra fin bien avant que je quitte ce monde. Moi, je vois mon rôle comme celui d’un relayeur, un messager ».

Et pourtant, le comportement du capitaine de l’Amiens SC a été salué de tous ou presque. SOS Racisme a même conseillé au joueur de porter plainte. De sa décision de faire arrêter le match pendant cinq minutes jusqu’à son message de fraternité tenu au coup de sifflet final, Prince Gouano a été un digne ambassadeur de la lutte contre le racisme de par son attitude singulière. « Avec plus de recul et tous les appels que j’ai reçus, je me rends compte que ma réaction est peu commune, reconnaît-il. Je voulais pointer du doigt la bêtise de cette personne. Et dire que même si je pardonne et que je prône l’amour, je n’accepte pas le racisme. Je voulais que le monde entier sache pourquoi on a interrompu le match. »

Mais qui n’a finalement pas été arrêté définitivement. « Parce que le responsable avait été sorti par la sécurité. Les autres spectateurs n’avaient pas à pâtir de son comportement, considère Gouano. Il fallait finir ce qu’on avait commencé. Et ensuite faire le point sur ce problème de racisme« . Quant à sa décision de ne pas porter plainte contre l’individu incriminé, Prince Gouano s’est justifié sur sa volonté de donner une deuxième chance à l’auteur des faits. « Personne ne naît raciste comme personne ne naît voleur. Mais, selon moi, c’est une mauvaise graine qui a été semée. C’est contre ça que je me bats, pas contre l’homme. Lui, je lui ai pardonné mais le racisme, je l’ai condamné. C’est pour ça que je n’ai pas porté plainte. Il faut que ça serve de leçon à cet homme et que le message dépasse les frontières. »

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le message de Prince Gouano a été entendu bien au-delà du monde du football. Encore faut-il que celui-ci débauche sur des suites. Pour faire avancer la lutte contre le racisme et toutes formes de discrimination.

Source : L’Équipe

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