Président de l’AC Amiens fraîchement relégué en National 3, Rachid Hamdane est conscient que son club traverse un moment critique. S’il assure que sa motivation demeure intacte, le dirigeant du club des quartiers nord regrette toutefois le manque de soutien de la tête de gondole du football local : l’Amiens SC.

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Une semaine après l’officialisation de votre relégation, quel est votre état d’esprit ?

Le même qu’au soir de notre défaite contre Lens. Il faut repartir sur une dynamique positive, cela passe la reconstruction d’un nouveau groupe. C’est ce que l’on s’attelle à faire actuellement.

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Toujours avec Azouz Hamdane à la tête de l’équipe première ?

A moins d’une grosse surprise (ndlr : une offre entraînant son départ), ce sera effectivement avec Azouz Hamdane.

Au regard de votre déception, peut-on s’attendre à un fort bouleversement de l’effectif ?

On a effectivement été déçu par certaines personnes tout au long de la saison. Notre souhait est donc de renouveler de manière cohérente ce groupe. Néanmoins, on veut aussi garder une ossature de très bons joueurs pour jouer les premiers rôles en National 3. Maintenant, on va aussi se renforcer pour ne pas descendre encore d’un étage. Avec ce groupe, si on se fie à ce qu’il a montré cette saison, on est certain de descendre en Régional 1. On parle beaucoup aussi de retrouver une identité mais elle est déjà là. La majorité de mon groupe de CFA est du coin. Par contre, on doit impérativement retrouver une véritable identité de jeu. Il faut retrouver une équipe plus joueuse, plus déterminée et plus volontaire.

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Avez-vous fixé un objectif concret quant à la remontée en National 2 ?

Cela va dépendre du groupe que l’on aura à notre disposition et de nos premiers résultats. A partir de là, on fixera un objectif. Aujourd’hui, le projet est de reprendre en main notre formation. De ce côté, on n’est véritablement pas aidés. On va donc devoir faire par nous-mêmes.

Comment allez-vous faire sachant que les subventions ne cessent de baisser ?

Je ne suis pas trop inquiet. Je sais que l’on arrivera à rebondir, on a toujours su le faire. On verra ce que l’on aura et on fera avec. On a toujours fonctionné comme cela, on ne va pas déroger à la règle.

En appelez-vous à un geste de l’Amiens SC ?

Non, je ne cours plus après un partenariat avec l’Amiens SC. Ces dernières années, certaines personnes nous ont menés en bateau et roulés dans la farine. Je ne leur fais plus confiance. Je ne parle pas de Luigi Mulazzi ou Yann Kombouaré, on n’a jamais eu de souci avec eux. Bien au contraire. Je sais que ce partenariat ne se fera jamais, c’est comme ça. De toute manière, je n’en ai même plus envie. Qu’il se rassure (ndlr : Bernard Joannin), je ne viendrai plus l’embêter pour un partenariat. A l’époque de Pascal Pouillot ou François Gossart, on avait un partenariat financier avec l’Amiens SC. En contrepartie de 10 000 euros par an, on leur laissait nos meilleurs jeunes. Depuis leur départ, tout a changé. Je peux comprendre au moment où ils étaient en National. Puis, ils sont remontés en Ligue 2 et sont actuellement en Ligue 1. On m’avait promis un partenariat à leur remontée en Ligue 2, je n’ai rien vu venir. L’Amiens SC n’a pas tenu sa promesse.

En voulez-vous à Bernard Joannin ?

Il a réussi à faire monter Amiens en Ligue 1, comment pourrais-je lui en vouloir de quoi que ce soit ? Ce n’est peut-être pas que lui, d’autres personnes ne voulaient peut-être pas d’un rapprochement. En tout cas, on a vécu de très belles saisons ici avec Jean-Pierre Marcos à la ville, Pascal Pouillot ou François Gossart en tant que président de l’Amiens SC. On avait de bons liens, ils sont désormais inexistants. Maintenant qu’ils sont en position de force, on ne compte plus. On va rester ce qu’on est, à savoir un petit club de quartier en National 3. Je leur souhaite plein de réussite et même de jouer la Ligue des Champions l’année prochaine ou dans deux ans.

Quand on vous écoute, on a le sentiment que l’AC Amiens dérange…

Je le pense toujours. Certaines personnes avaient mis deux magnums au frais : le premier pour le maintien en Ligue 1 de l’ASC, le second pour la relégation de l’AC Amiens. Mes joueurs leur ont permis de l’ouvrir en ne faisant pas le travail. Je reste persuadé que certaines personnes se fichent clairement de notre destin et que d’autres se réjouissent de nous voir descendre. Cependant, on est descendu sportivement, on ne peut donc en vouloir à personne, si ce n’est à nous. Cette descente, c’est la nôtre, c’est celle de mes joueurs.

Au-delà de l’aspect sportif, l’AC Amiens doit peut-être aussi revoir son mode de fonctionnement général…

C’est une certitude. Je pense que cette descente est un mal pour un bien. Elle va nous permettre de revoir l’ensemble de la politique du club.

Finalement, vous n’êtes que le reflet d’un football samarien qui se porte mal…

Qui se porte très mal ! Hormis l’Amiens SC, tout le monde est dans une extrême difficulté. Il faut chercher les causes de ce mal, c’est à vous les journalistes de faire ce travail. Ce qui est certain, c’est que le mal est très profond. De notre côté, on ne se raccroche à personne. On va compter sur les collectivités pour qu’elles soutiennent notre nouveau projet. Pour le reste, on va continuer de se débrouiller. Quant à Camon, Longueau, Ailly et Roye-Noyon, je ne peux malheureusement rien pour eux. C’est malheureux si on doit en arriver à former des jeunes pour eux.

La solution est-elle de fusionner pour survivre ?

C’est une solution. Il y a cinq clubs dans le quartier nord, environ mille licenciés. Il faut peut-être penser à fusionner tous nos clubs de quartier pour en faire un gros club avec d’autres ambitions et moyens. Je sais que tout le monde veut aussi garder son identité mais le club phare du quartier reste l’AC Amiens. Notre rôle est en tout cas de travailler en étroite collaboration avec eux pour former ensemble les meilleurs jeunes du quartier afin de les garder dans nos clubs.

Propos recueillis par Romain PECHON

Crédits photo : AC Amiens

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