Entraîneur de l’Amiens RIF, pensionnaire de Départemental 1 et proche de l’exploit au cinquième tour de la coupe de France face à Senlis (R1) (3-4, a.p) dimanche dernier, Rachid Rhafradi souhaite désormais rétablir la situation en championnat. Entretien.

Rachid Rhafradi, l’exploit était à portée de tir pour votre équipe…

On n’a pas à rougir de notre prestation, loin de là. On les a mis en difficulté en respectant le plan de jeu. On a montré qu’on avait des valeurs, des qualités et un groupe extraordinaire. Globalement, c’est une très belle défaite. C’est un peu drôle à dire mais c’est une belle défaite.

Ce match doit permettre de lancer une dynamique en championnat après une entame un peu compliquée…

Il y a de la qualité, mais jouer un match de coupe, contre une R1, ce n’est pas la même routine que d’aller jouer en championnat contre une équipe de même niveau voire inférieure parce qu’en D1, on devrait être largement au-dessus avec une ou deux équipes. Pour l’instant, on a du mal à démarrer. J’espère que ce match va nous servir de levier pour envisager le reste de la saison parce que nous ne sommes pas à notre place. Les joueurs le savent mais il faut qu’on le prouve. En coupe, contre une équipe de rang supérieur, la motivation est décuplée. A eux de se servir de ce qu’ils ont produit pour pouvoir répéter ça dimanche.

Quel est l’objectif du club ? S’installer en D1 ou bien viser la montée en R3 à terme ?

Le niveau départemental est très bien pour le club, et il y a un nouveau projet qui est mis en place avec la volonté d’intégrer plus les jeunes, construire une équipe va durer sur les trois ou quatre prochaines années et jouer les premiers rôles en D1 et ensuite on verra si on monte ou non en R3. Déjà il faut reconstruire un groupe, une équipe pour pouvoir jouer haut en D1. La montée en R3 est envisageable mais on va déjà partir sur la restructuration du club pour avoir les capacités structurelles et financières pour les déplacements et l’accompagnement des joueurs pour leur permettre d’évoluer plus haut. A terme, on souhaite monter en R3 et on va tout mettre en place pour.

C’est possible d’atteindre cet objectif en misant sur la jeunesse ?

L’effectif qui a joué contre Senlis, ce sont les plus jeunes. Des jeunes, on en a, il y a quelques-uns que l’on a choisi de ne pas prendre parce que ce sont des choix. On a le réservoir en termes de jeunes. Le club commence à se structurer, on a une équipe de U18-U19 qui a fait un super parcours en championnat régional. Les plus jeunes travaillent encore mais petit à petit on va apporter ce qu’il faut pour pouvoir amener ces jeunes à intégrer l’équipe première et la réserve.

Est-ce possible d’exister pour un club de votre structure, au regard de la forte concurrence dans les quartiers nord et encore plus sur l’ensemble de la métropole ?

Il y a un sacré vivier dans les quartiers Nord ! Il y a l’AC Amiens, mais ils sont dans un autre projet, j’ai même envie de dire dans une autre dimension. Le Pigeonnier et nous, on est similaire. On joue dans le même championnat, on a des entraîneurs jeunes, et on se ressemble dans la manière où on préfère privilégier l’humain au résultat. C’est facilement possible d’exister dans ce sens, mais c’est plus compliqué au niveau des infrastructures où on partage le même terrain d’entraînement, on a que deux créneaux par semaine. Par exemple Senlis doit avoir cinq créneaux par semaine sur son terrain. Exister dans ces conditions-là, c’est plus compliqué parce qu’on n’a pas les moyens nécessaires pour pouvoir progresser, que ce soit au niveau financier, au niveau des terrains ou des jeunes. Il y a trois groupes d’âge qui se partagent le terrain le mercredi au Pigeonnier, et les créneaux d’après, ce sont nos jeunes qui se partagent en trois groupes d’âge aussi. Ce n’est pas facile mais dans ces conditions on arrive quand même à produire un bon football, à montrer de belles qualités et de belles valeurs.

Vous avez évoqué les similitudes avec Amiens Pigeonnier. A terme, la solution pour progresser n’est-elle pas une fusion de vos deux clubs ?

La question d’une fusion ne s’est jamais posée, autant chez leurs dirigeants que chez les nôtres. Ils n’ont peut-être pas la même vision ou ne se sont pas posé la question de savoir s’il faut s’unir. Le problème peut venir aussi pour les jeunes, parce qu’on a tous les deux des réserves, et si on s’unit, que fait-on de ces jeunes qui ne peuvent pas jouer avec nous ? Est-ce qu’on les laisse partir ailleurs ? Doit-on privilégier l’aspect réussite ou l’aspect travail et éducation qu’on inculque partout ? Ce serait une belle idée de s’unir, on en a déjà discuté avec certains joueurs et certains dirigeants, mais ce n’est pas dans les tuyaux ni la priorité du moment. Si ça doit se faire, ça se fera, les présidents feront le nécessaire, mais c’est un sujet qui est au-dessus de moi.

Parce que votre club a aussi un vecteur social important dans le quartier ?

Les jeunes que l’on voit sur le terrain, s’ils ne sont pas au foot, où sont-ils ? On préfère les voir sur un terrain de foot à se dépenser, unir leurs forces pour créer un peu d’engouement et de ferveur ou tout seul dans la rue à divaguer, perdre de la confiance en soi et perdre de la volonté d’évoluer socialement ? Ce n’est pas notre volonté de les laisser se perdre, autant chez nous que chez le Pigeonnier ou l’AC Amiens. Ce vecteur social est très important et c’est pour ça qu’on a des groupes formidables, aujourd’hui.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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