Deuxième à la trêve, l’US Camon est, avec Longueau, l’une des surprises du début de saison de Régional 1. Une place qui satisfait son capitaine, Corentin Nagy, qui aimerait faire aussi bien en 2020, après une première partie quelque peu au-delà de ce à quoi il s’attendait. Entretien.

Corentin Nagy, on imagine que le bilan de l’US Camon est très satisfaisant à la trêve…

C’est le début de saison idéal et on aurait difficilement espéré mieux en remontant directement de Régional 2. C’est une place qui nous convient très bien, on en est tous satisfaits.

Vous attendiez-vous à être aussi haut ?

Personnellement, et je pense que c’était pareil pour le coach, j’attendais de voir comment allait se passer la préparation physique avec toutes les recrues. On a vu qu’on avait du potentiel et on espérait être dans la première partie de tableau, mais c’est un peu supérieur à ce nos espoirs d’avant-saison.

Malgré un début un peu difficile avec que des nuls, vous réalisez une excellente première partie…

C’était un début de saison un peu « rigolo » avec cet enchaînement de nuls, mais on s’attelait à avoir cette première victoire et on a enchaîné derrière. Ca fait du bien, tous les feux sont au vert. C’est vrai qu’il y a eu cette petite défaite mais ça arrive dans une saison, c’est la vie d’un championnat. Tout se passe bien pour l’instant, on est contents.

La différence entre ce début et celui d’il y a deux ans doit être frappante pour ceux qui ont connu ces deux saisons…

C’est vrai ! Je faisais partie des recrues mais Camon était annoncé parmi les favoris et on s’était cassé la tête dans ce championnat où ça n’avait pas du tout marché. Le contraste est énorme. On voit qu’on peut avoir des bons joueurs mais une équipe c’est compliqué à former, et le coach a réussi à tous nous faire jouer ensemble, ça marche super bien.

Est-ce qu’il y a des regrets de ne pas avoir fait de parcours en coupe de France, même si vous n’avez pas été gâtés par le tirage ?

La coupe, c’est une aventure géniale pour tout le monde et on a été un peu dégoûtés de tomber directement sur un gros et d’être condamnés à faire un exploit très tôt. On aurait bien aimé avec des équipes plus abordables et faire plaisir au club et aux bénévoles, pas qu’à nous, sur un tour un peu plus lointain et peut-être jouer contre une équipe de National ou de Ligue 2. C’est vrai que ça nous tenait à coeur, mais c’est fini et ça laisse place au championnat. On ne peut pas maîtriser le tirage au sort et dès l’entrée en lice des N2, on en prend une directement. C’est comme ça ! Peut-être qu’une autre année nous sera plus favorable et ça se passera mieux.

Est-ce que la coupe de la Ligue a été un objectif ou la priorité devait retourner sur le championnat ?

Je ne parle pas pour le coach, parce que je ne sais pas ce qu’il en pensait, mais ce n’était pas quelque chose de prioritaire. Elle était là pour faire tourner l’effectif, pour gérer les cartons et donner la chance à ceux qui ont moins de temps de jeu ou aux joueurs de l’équipe réserve qui aspirent à jouer avec nous parce qu’on a quand même un effectif assez important. Ca s’est mal passé dès le début, mais on n’en fait pas une fatalité, ce n’est pas grave, on laisse plus de place au championnat.

Avec les reports des dernières semaines et l’impraticabilité des terrains, comment le groupe a géré ça ? Comment Titi Buengo a réussi à occuper ces périodes ?

C’est compliqué parce qu’on apprend souvent le vendredi pour le samedi que le match va être reporté. On se prépare chaque semaine comme si on allait jouer. Si on doit jouer, on donne tout, si on ne joue pas, on essaye de faire un match amical ou faire de petites choses pour garder le rythme parce que c’est compliqué de ne pas jouer pendant deux ou trois semaines et ensuite revenir pour être prêt pour la compétition.

En revanche, la coupure de Noël était prévue, et elle va sûrement faire du bien après ce début de saison…

La coupure des fêtes c’est l’occasion de se reposer, de digérer toute la première partie de saison. Dès le retour de vacances, il faudra bien se re-préparer pour entamer cette seconde partie de saison parce qu’on aura à coeur de faire au moins aussi bien que lors de la première.

Mais contrairement à la première partie, les matches s’enchaîneront sans avoir réellement de repos…

C’est là que l’on va découvrir qui est qui dans ce championnat. On jouera tous les week-ends, il faudra avoir tout le monde. A partir du moment où il y aura un blessé ou un suspendu, ça va tout de suite se voir. C’est pour ça qu’il va falloir faire appel à tout le groupe, toute la profondeur de banc, à l’équipe réserve. C’est vraiment le travail d’un club pour rester à notre place.

C’est là que le travail effectué sur la formation peut avoir un impact ?

Depuis que Titi a repris l’équipe première, c’est le projet du club. Quand on voit Clément (Péchin), Héliot (Goyet), ou toute l’équipe qui nous a permis de monter l’an dernier avec Jonas (Adjidé) et Mohamed (Ramla), c’est la jeunesse qui nous fait du bien. A l’entraînement, très fréquemment il y a des U18 qui viennent s’entraîner avec nous. On a aussi Julien (Lomboto) qui est titulaire avec nous tous les week-ends. Forcément, ça nous aide, et c’est la future génération donc c’est sur eux qu’il faudra compter.

Et ils ajoutent de la concurrence parce que Titi Buengo n’hésitera pas à les utiliser s’ils sont performants…

Clairement, le coach ne fait pas dans les sentiments. Si le jeune est meilleur que le joueur d’expérience, il sera mis à son poste. C’est très bien. Tout le monde peut perdre ou gagner sa place, tout le monde doit être concentré pour pouvoir jouer le week-end. C’est une concurrence plutôt saine au sein du groupe, et ça se passe bien là-dessus. Les plus jeunes apprennent de ce que les joueurs expérimentés comme Sofiane Ameur, Joffrey Torvic, Jonathan Isambart ou même Zahir Zerdab peuvent faire. Ca se déroule bien avec la jeunesse.

Il semble y avoir eu un bon mix dans le recrutement avec des joueurs d’expérience pour encadrer la jeunesse déjà présente…

L’année dernière, à mon goût, c’était ce qu’il manquait un petit peu. Ce n’était que de la jeunesse avec Zahir Zerdab et Thomas Hallu sur le terrain qui étaient un peu plus expérimentés. Sinon, on avait tous moins de vingt-et-un ans. Avoir des joueurs d’expérience, ça permet de tempérer les moments compliqués pendant les matches ou de progresser aux entraînements. Le mix est parfait dans l’équipe.

Tous propos recueillis par Adrien ROCHER

Le meilleur souvenir sportif 2019 de Corentin Nagy

« Je vais parler de la remontée en Régional 1. C’était un objectif qu’on avait un peu entre nous, mais ce n’était pas prévu au regard du nouveau projet mis en place. En tout cas, c’est comme ça que je l’ai ressenti. On est montés sans forcément mettre tous les ingrédients dès le début pour le faire. On partait sur un projet jeune avec des U18 qui n’avaient jamais connu le monde séniors mais tous les week-ends, ça se déroulait bien pour nous. On avait le petit facteur chance et on sentait que la réussite était avec nous. Zahir, devant, nous faisait un boulot monstrueux. Avec la fin de saison haletante, c’est un bon souvenir et c’est celui que j’ai envie de retenir. »

Son voeu pour 2020

« Sportivement, on aimerait continuer sur notre lancée. Cette deuxième place, on l’a gagnée avec nos tripes depuis le début de saison, on va essayer de s’y accrocher, tenter de gagner le plus de points possible et avoir de nouveaux objectifs pour le club qui n’a jamais connu le niveau au-dessus. Ce n’était pas un objectif de début de saison, mais il y a peu de clubs qui peuvent s’en passer et se dire « non, on ne veut pas monter en N3″. Camon, dans la métropole amiénoise, c’est ambitieux, et si on vient à réussir à monter, bien sûr que le club prendra cette montée à bras ouverts. On va continuer et puis on verra bien ce qu’il se passera. »

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