Marqué par un changement d’entraîneur et une inconstance chronique, la première partie de saison des Portugais laisse sur sa fin Benoît Sturbois. Déterminé à l’idée d’inverser la tendance, l’entraîneur de l’Amiens Portugais fixe la ligne directrice à suivre. Entretien.

Quel bilan tires-tu après la première partie de saison ?

C’est un petit peu la même chose depuis le début de la saison, on est beaucoup trop léger dans tous les domaines. On est trop léger en termes de points, dans le contenu proposé, dans la régularité de nos performances que ce soit sur le long terme et pendant le match. On alterne le bon et le beaucoup moins bon. Donc, je pense que c’est un début de saison très très moyen. On pourrait penser qu’on a stoppé l’hémorragie des défaites en faisant trois matches nuls mais ça ne nous fait pas avancer grandement non plus. Après, on savait très bien qu’il y avait beaucoup de nouveaux joueurs, que ça allait être compliqué que la mayonnaise prenne, que les joueurs assimilent ce qu’on leur demande. Du coup, notre deuxième partie de saison ne peut être que mieux parce qu’en étant très objectif, on est au ras des pâquerettes. Faire moins bien est difficilement faisable. Si on veut se mettre dans la peau d’une équipe qui veut se maintenir, qui plus est le plus rapidement possible, il faut qu’on fasse beaucoup mieux que ce qu’on a proposé. Le bilan est très médiocre.

Tu as parlé du renouvellement de l’effectif et de l’instabilité au niveau du staff, ce sont ces éléments-là qui expliquent avant tout la situation actuelle ?

Je pense que la qualité des joueurs n’est pas à remettre en question. Intrinsèquement, les joueurs sont capables de jouer à ce niveau voire au dessus. Je pense que c’est plus la capacité à les faire jouer ensemble. Il faut trouver le bon équilibre afin que collectivement, on puisse trouver les bons déplacements, les bons automatismes. J’insiste surtout à l’entraînement sur les connexions entre les joueurs. On n’a toujours pas trouvé les bonnes connexions, on n’arrive pas à se trouver les uns, les autres. Ce qui fait qu’on a un peu de difficultés. Effectivement, c’est lié au fait qu’on ait sept mutés sur nos quatorze, ce qui veut bien dire qu’il y a au moins sept joueurs qui viennent d’arriver. Plus quelques-uns qui jouaient moins qu’actuellement, je pense à Léo Crépin qui ne jouait pas l’année dernière et qui fait un super début de saison. Je crois d’ailleurs que la majorité de nos points acquis, il en est grandement partisan. On a toujours 8 ou 9 joueurs qui n’étaient pas là et qui jouaient peu ou pas, ça fait quasiment une équipe pleine. Donc c’est un peu normal. Maintenant, il va falloir trouver les bons ingrédients pour qu’on puisse enfin commencer à se trouver et jouer. On est sur la bonne voie. Très honnêtement, j’ai trouvé qu’il y avait du changement. L’état d’esprit est là. Le contenu était là lors de notre match amical contre Montières dernièrement. Il faut rééditer ce genre de performances contre les équipes de notre niveau. Il ne faut pas se cacher derrière ces raisons mais ça reste un gros paramètre, sinon on redescendra en R3 à la fin de la saison.

Depuis que vous êtes à la tête de l’équipe, est-ce qu’il y a un match que vous retenez pour être positif sur la suite de la saison ?

Je vais parler du match d’Abbeville sur le plan mental et comportemental parce que les joueurs ont su répondre présent dans l’envie, ce que l’on avait peut-être moins bien fait sur les matches précédents. Après, je dirais la deuxième mi-temps de Breteuil où dans le contenu et le respect des consignes, ça a été vraiment très bien. On a mis un but, on aurait pu en mettre beaucoup plus. On a été beaucoup plus dangereux que ce que l’on pouvait être auparavant et on a vraiment essayé de trouver des connexions entre les joueurs dans tout ce qui est jeu combiné. Avec Nordine on a trouvé de belles choses et c’est un gros point positif qui permet de dire qu’on est sur la bonne voie parce que derrière on fait ce match amical contre Montières et on a encore retrouvé ces connexions. C’est plutôt positif et ça permet de dire qu’on est sur une pente ascendante. J’espère qu’on restera dessus, que les joueurs ont pris conscience de ce qu’ils sont capables de proposer pour continuer à travailler comme on le fait après la trêve.

La deuxième partie de saison s’annonce intense et il va falloir cravacher !

En reprenant le 2 janvier, on n’aura que trois bonnes semaines et trois matches amicaux pour peaufiner ce qu’on a à peaufiner et derrière les matches vont s’enchaîner sauf intempéries. Ca va être un marathon et il va falloir être très costaud mentalement et physiquement d’où la reprise très tôt. On voulait reprendre avant, mais c’était compliqué avec les indisponibilités de chacun.

C’est presque une nouvelle saison qui débute…

C’est exactement ce qu’on a dit aux joueurs. On a été un peu tributaire de ce qui a été fait avant. Florian a dû s’occuper à lui seul des trois équipes en août avec l’entraîneur de la réserve donc c’était compliqué pour eux. Ils avaient quarante-cinq à cinquante joueurs à gérer pour une préparation, c’était vraiment trop compliqué. C’est pour ça qu’on a revu notre mode de fonctionnement et que l’on va repartir sur une vraie préparation avec vingt-cinq joueurs. On va essayer de combler le petit retard que l’on a sur ces trois semaines-là. Pas forcément en ne faisant que du foncier, parce que je ne suis pas pour cette méthode de travail mais plus en incorporant le jeu et le ballon. Avec Nordine et Florian, ce sera notre cheval de bataille pour vraiment faire en sorte que les mecs soient prêts le 26 janvier.

Vous croyez en les capacités de cette équipe à se maintenir ?

Bien sûr, et je ne vais pas cacher que si je n’y croyais pas, je n’aurais pas repris l’équipe quand le président me l’a demandé. Je connais la plupart des joueurs en tant qu’ex-coéquipiers ou adversaires. Je connais leurs qualités, j’ai joué avec eux en début de saison et j’ai pu voir le potentiel qu’il y a. Ce potentiel existe, c’est indéniable, je crois à 200% au maintien, maintenant ce ne sont que des paroles et il va falloir y lier les actes pour sortir le club de la galère et le maintenir en R2.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

Le meilleur souvenir sportif 2019 de Benoît Sturbois

« Je vais mettre en avant notre parcours en Coupe de la Ligue (ndlr : avec l’AC Amiens (b)) même si on a perdu en finale, parce que ça a été une aventure humaine avec des joueurs extraordinaires. »

Le vœu de Benoît Sturbois pour 2020

« Ce serait de pouvoir préparer la saison prochaine de la meilleure des façons et toujours en Régional 2. Et j’ai toujours envie de combiner ça avec mes activités au centre de formation de l’Amiens SC, parce que ça se passe super bien. J’ai eu un accueil vraiment génial des éducateurs, il y a une entente parfaite, j’apprends beaucoup de choses et je pense que c’est une plus-value pour moi d’être là-bas et j’ai envie d’y rester. Maintenant, ce sera au directeur du centre et au président de ce secteur de valider ou non ma présence la saison prochaine. »

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