Régional 2 : L’Amiens Portugais fait preuve d’inconstance

Image d’illustration : FC Porto Portugais d'Amiens - US Camon, 11 novembre 2018

L’entraîneur des Portugais d’Amiens, Matthieu Lematte, a accepté de revenir en long et en large sur le début de saison de son club. Il se livre notamment sur son début de saison mitigé avec le FCPPA, et revient sur ce qui l’a marqué en 2018.

Vous êtes huitièmes à la trêve hivernale. Quel est votre ressenti sur vos performances à la mi-saison ?

C’est ma première année au sein des Portugais d’Amiens donc je m’adapte encore un petit peu au club mais ça se passe très bien. En termes de résultats, je pense qu’on a un début de saison correct. Avec un peu plus de réussite et de rigueur, on pourrait avoir quelques points supplémentaires. Mais bon, on a ce que l’on mérite : on se trouve au milieu du classement et à l’heure actuelle, c’est notre niveau. Quand tu es la seule équipe à avoir perdu contre Friville-Escarbottin, ou lorsque tu perds 3-0 au bout de trente minutes contre Beauvais, tu perds des points bêtement. On cherche à avoir un maintien aisé cette année dans notre poule qui est compliquée, puisqu’on se rend compte que toutes les équipes peuvent se battre entre elles à chaque week-end.

Vous parliez de la défaite face à Friville notamment, on remarque facilement que les Portugais sont capables du meilleur, comme du pire…

Oui, on est irrégulier. Je pense d’ailleurs que c’est le message sur lequel je dois insister. On doit imposer beaucoup plus de rigueur et d’exigence par rapport au niveau de la Ligue. Nous sommes dans un football de compétition, et non pas dans un football de loisir. Lors de certaines semaines, on va avoir des joueurs concernés, rigoureux, qui veulent avancer et jouer avec leurs propres moyens. Et puis parfois on les perd : ils font un peu moins d’efforts et ont du mal à se remettre en question. C’est seulement lorsqu’on réunit les bons ingrédients que l’on réussit à exister. Dans le cas contraire, comme lors du début de match à Beauvais ou lors de la seconde période face à Breteuil, on est pénalisé. Je me base beaucoup sur le collectif et s’il ne tire pas dans le même sens, on est vite mis en difficulté.

Cette irrégularité vous surprend-elle ?

On le savait dès le départ que l’on n’allait pas jouer la montée. C’est un bel objectif de la part du groupe de se maintenir à notre niveau. Nos conditions de jeu ne sont pas toujours évidentes. On n’a qu’un seul terrain pour nos matches et nos entraînements. Et ce, pour tout le club, donc ça n’est pas facile. Je me rends compte qu’on n’est pas dans la même cour au sein de la même Ligue. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les clubs ont des terrains synthétiques, plusieurs terrains en herbe. Nous, sur les trois dernières semaines on était proche de s’entraîner sur un terrain de football à 8.

Vous regrettez ce manque de constance de la part de vos joueurs ?

Oui, parce que moi je suis un compétiteur et j’essaie de leur inculquer cette valeur. Ma philosophie, c’est le travail au travers du collectif. On savait qu’il allait nous falloir du temps pour faire passer les messages. Pourtant, tout se passe correctement notamment aux entraînements. Mais je trouve ça navrant pour mes joueurs de passer à côté de belles performances. La preuve flagrante est sur notre dernier match de Coupe de la Ligue. On domine le match contre Grande-Synthe (b) et on doit le gagner. Mais, par un manque de rigueur, d’envie, on remet l’adversaire dans la course avant de se faire éliminer aux pénalties. Et ce, alors que tu aurais pu être en 8eme de finale de Coupe de la Ligue et faire partie des seize dernières équipes des Hauts-de-France.

Pourtant, les Portugais ont réussi à prendre de la marge au classement et se sont éloignés des concurrents au maintien…

Tout à fait. Notre reprise au mois de janvier sera d’ailleurs hyper importante puisqu’on va jouer contre le RC Amiens, Méru, Doullens, et ces équipes luttent comme nous pour le maintien. Il ne faut pas se mettre de pression et prendre impérativement des points contre nos concurrents directs. Je connais mon équipe, ses qualités et ses défauts : on reste encore fragile, et si on peut gommer ce qui nous porte préjudice lors de la seconde partie de championnat, ça nous permettrait d’obtenir le maintien plus rapidement. En plus, on a l’image du club de quartier très familial et convivial, dans lequel tout le monde se connaît. C’est par là que l’on doit puiser notre force pour essayer d’aller chercher de meilleurs résultats tout au long de l’année.

Est-ce que vous pourriez ressortir un match référence ?

Oui, tout s’était bien passé face à Outreau. On sortait alors d’une grosse défaite contre Breteuil, où on était passé complètement à travers lors de la seconde période. J’avais moyennement aimé l’état d’esprit de mon équipe, donc on se déplaçait dans ce contexte la semaine suivant chez une grosse équipe. On a fait un très bon match, et au-delà du résultat (ndlr, victoire 1-5), la préparation de la rencontre a été bonne. Les garçons sont arrivés à l’heure, à l’échauffement le groupe était concerné, à l’écoute. Dans l’état d’esprit, le jeu mis en place, la rigueur, le plaisir de jouer ensemble, j’ai vraiment apprécié.

Quelles sont les attentes pour la seconde partie de saison ? De nouveaux joueurs espérés ?

Je pense qu’on peut faire avec les joueurs que l’on a actuellement. Ça leur laisse  l’opportunité de montrer qu’ils sont performants. Si je prends un joueur supplémentaire, il faut qu’il donne une plus-value en termes de football et d’état d’esprit, qu’il puisse apporter à tous les niveaux. Je veux faire confiance au groupe mais comme je l’ai dit, je peux m’attendre à tout. On repart sur une vingtaine de joueurs comme lors du début de saison. Ils ont les cartes en main et je veux qu’ils prennent du plaisir. Et ce, même dans la difficulté. On ne va pas spécialement changer, mais je connais un peu mieux le jeu maintenant, je sais donc ce dont je peux me permettre de faire avec mon groupe. J’attend surtout juste des réponses sur le terrain.


Est-ce que vous suivez l’Amiens SC en Ligue 1, et qu’est-ce que vous évoque son année 2018 ?

Oui, tout à fait. Je ne vais pas tous les week-end à la Licorne mais je reste « Picard » et suis content qu’un club de chez nous soit en Ligue 1. L’Amiens SC est l’exemple d’équipe que j’essaie d’avoir cette année. La saison dernière, l’ASC n’avait pas les meilleurs joueurs de Ligue 1, mais ils avaient un état d’esprit exceptionnel. Toute l’équipe travaillait, et je partage cette philosophie de jeu. Dans le jeu de transition, l’ASC a été un superbe modèle, je parlais d’ailleurs souvent d’Amiens comme exemple à suivre quand j’étais à Montdidier. Moi je ne désespère pas pour cette année. Il faut absolument que dans notre région de Picardie, avec les descentes il y a quelques années de Beauvais, de Roye, ou encore de l’AC Amiens, il y ait des clubs comme Chambly ou l’Amiens SC qui nous représentent.

Quelle est, selon vous, la plus belle émotion sportive de cette année ?

La Coupe du Monde a été exceptionnelle dans tous les sens du terme. Au niveau sportif, elle a fait vibrer toute la France, et j’ai apprécié le partage aussi. Tout le monde était heureux, ce n’est pas le cas en ce moment. Dans le sport, c’est ce qu’on attend. J’avais vécu 1998 il y a 20 ans, et revivre ça en 2018 avec mes enfants, c’était encore autre chose. De plus, même à un degré moindre, la semaine dernière lorsque les filles au Handball ont gagné, elles m’ont procuré des sensations. Elles représentent la France par des sports collectifs, de la joie, du suspens, de la vibration.

Si vous ne deviez retenir qu’une seule actualité lors de cette année ?

L’histoire avec les gilets jaunes, les différentes grèves depuis 6 semaines. C’est compliqué, je ne sais pas où on va. Ça se calme un petit peu mais je pense qu’à partir du mois de janvier, ça va repartir de plus belle. Et puis, c’est malheureux mais peut-être qu’il fallait ça pour faire bouger les choses. C’est d’ailleurs pour ce type d’événement que le sport doit servir à prendre du plaisir, comme je le dis à mes joueurs.

Propos recueillis par Jean-Baptiste PLOYART

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