Outré par l’utilisation du mot « rats » à son encontre sur le tableau d’affichage du stade de l’AS Gamaches, le club d’Abbeville a décidé de saisir la Ligue et de porter l’affaire au pénal. En réponse, le président gamachois a déposé sa démission en ce début de soirée. Retour sur une affaire qui agite le football régional depuis un peu plus de vingt-quatre heures. 

Gamaches présente ses excuses

Vainqueur du derby face à Abbeville (1-0), dans le choc au sommet du Régional 2, l’AS Gamaches n’a pas pu célébrer très longtemps ce succès. En cause, la polémique suscitée par le tableau d’affichage du stade Serge Leleu sur lequel l’acronyme « SCA » a été remplacé par le mot « rats » quelques minutes après le coup de sifflet final. « Je condamne et je suis même blessé d’avoir vu cette inscription mais après avoir mené ma petite enquête, je peux dire que ce n’est ni un dirigeant, ni un joueur qui est à l’origine de cela », se défend Jean-Jacques Carpentier, le président démissionnaire de l’AS Gamaches au micro de nos confrères de France Bleu Picardie.

Selon lui, cet incident malencontreux est avant tout dû à « une négligence » et non une volonté assumée de nuire ou d’insulter le voisin abbevillois. « L’animateur, qui est en charge du matériel, a tout rangé sauf la tablette qui est restée à la portée de tout le monde, précise Carpentier. Gamaches, n’est pas un club fasciste, on a même des Maghrébins et des noirs dans notre équipe (sic). Je présente mes excuses au club du SC Abbeville. C’est intolérable, inqualifiable et je m’en insurge mais je ne peux rien faire de plus, ne connaissant pas l’auteur des faits. »

Abbeville porte l’affaire devant la justice

Quoi qu’il en soit, cet affront n’a pas laissé de marbre Jérôme Crépin, le président délégué et avocat du SC Abbeville, invité de la Tribune des Sports, ce lundi à l’antenne de France Bleu Picardie. « Je n’accepte pas ses excuses, parce que nous n’en sommes plus à ce stade, nous en sommes au stade du disciplinaire, au stade du pénal où on a déposé plainte pour injures raciales. C’est intolérable, je ne laisserai pas les enfants de mon club, l’ensemble des Abbevillois se faire qualifier de rats. La Ligue prendra ses responsabilités et la justice pénale les siennes. A ce stade, aucun licencié ni dirigeant du club n’accepte ses excuses, même si elles sont louables. »

Assurant être « au bout du rouleau« , Jean-Jacques Carpentier a annoncé sa démission au poste de président sur un message publié sur son compte Facebook. « Je ne peux tolérer d’être traîné dans la boue, je suis honnête, mon fils aussi, je ne suis ni fasciste, ni raciste. J’ai passé 51 ans dans ce club, la décision est lourde mais on ne salira pas mon nom, celui de mes parents. J’ai donc pris la décision de démissionner de la présidence de l’ASG. Je n’ai jamais fui mes responsabilités, je regrette simplement que les dirigeants d’Abbeville n’aient pas jugé bon de répondre à mes appels. »

Le dialogue entre les deux camps étant plus que jamais rompu, l’affaire se réglera désormais devant les autorités compétentes, à la fois la Ligue – qui compte se saisir du dossier dès cette semaine – mais aussi du tribunal – qui enregistrera donc une plainte du SC Abbeville, ce mardi. Le derby n’a décidément pas fini de faire couler de l’encre.

Romain PECHON

1 COMMENTAIRE

  1. Quand un président en pousse un autre à démissionner, allant jusqu’au tribunal pour une telle bêtise, on se dit quil mérite peut-être son insulte…

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