Régional 2 : Le RC Amiens lutte avec ses moyens

L’entraîneur du RC Amiens, Nicolas Cauvin, a accepté de revenir en long et en large sur la première partie de sa saison difficile avec son club. Au programme, un retour sur les onze matches joués du RCA, mais aussi un bilan très riche de son année 2018.

Quel bilan tirez-vous de cette première partie de saison ?

Le bilan est pratiquement négatif parce que sur nos onze matches, on n’a que trois victoires et on compte huit défaites. Au niveau comptable, ce n’est pas ce qu’on espérait au début de la saison. Après, on s’est vite rendu compte qu’on était dans la course au maintien. Là, on a bien réagi sur les trois derniers matches avec 2 victoires sur 3 face à nos concurrents directs. On aurait bien aimé avoir 5 ou 6 victoires, pour pouvoir se maintenir le plus rapidement possible. C’est l’objectif du début de saison. Là, nos plans ont changés et maintenant il va falloir buter sur ce qui va nous faire face.

Le RCA est pourtant l’équipe la mieux classée pour le moment parmi les candidats au maintien, cela ne vous satisfait pas par rapport à votre objectif initial ?

Non, car le championnat actuel est coupé en deux. Là on est dixième, mais on est encore à la lutte avec les quatre autres équipes. Ça va être difficile, il va falloir se mettre à l’abri très rapidement et prendre des points face à nos concurrents directs, dès la reprise.

Sur cette première partie de la saison, d’après vous, qu’est-ce qui fait défaut à votre équipe ?

C’est déjà la qualité par rapport à des équipes supérieures à nous, il ne faut pas se le cacher. On est tombé sur de bonnes formations mais on a aussi manqué d’efficacité, surtout sur les premières rencontres. On aurait du ouvrir le score sur certaines situations mais on ne le fait pas, et derrière on se fait punir. Il y a un manque de régularité également car on concède souvent le premier but. Ainsi, on court à chaque fois après le score donc on se découvre et derrière, on en prend d’autres. Mais cette année, le niveau n’est plus du tout semblable à celui de l’année dernière. Il y a des équipes très costaudes et cohérentes dans leur jeu et la moindre erreur, on la paie cash. On n’est pas résigné, loin de là, mais certaines équipes ont des joueurs capables de faire des différences et ça ne pardonne pas.

Malgré le début de saison difficile, pouvez-vous ressortir un match « référence » ? 

En termes de match référence, sur notre contenu et nos efforts, c’est peut-être face à Friville-Escarbotin. On gagne 4-0, on fait un beau match mais j’évoquerais aussi notre dernier match face à Doullens. On marque rapidement et on aurait pu tout de même se mettre à l’abri (ndlr, victoire 2-1). En vérité, on n’en a pas trop car justement, il faut aller les chercher contre des grosses équipes pour prendre des points face à elles. On n’a gagné que face à nos concurrents du même niveau que le nôtre. Sur la deuxième partie de saison, il faut gratter des points sur des équipes mieux classées comme on a pu le faire la saison dernière.

> Le détail de la victoire face à Doullens

Sur la deuxième partie de saison, vous attendez donc de votre équipe qu’elle fasse un match plein face à une grosse écurie du championnat ?

Tout à fait. Ça va être l’objectif que l’on va se fixer dès la reprise au mois de janvier. On s’est préparé correctement, c’est un second championnat qui va débuter. Pour moi il n’y a plus d’excuse. Sur la première partie de saison on a fauté et maintenant, il faut aller chercher des points. L’état d’esprit est présent, les garçons sont solidaires et présents à l’entraînement. Il nous faudrait des joueurs qui ont déjà joué à un niveau supérieur car on n’en a pas, mais on ne peut pas les attirer. Je fais avec ce que j’ai et je suis content des joueurs qui sont là. On essaie également d’intégrer les jeunes pour le travail de formation. Je ne me plains pas, mais il n’y aura pas de recrue supplémentaire et je vais avancer avec les garçons que j’ai. On fait avec ce qu’on a depuis toujours ici car il n’y a pas d’histoire d’argent chez nous, par rapport à d’autres clubs qui ont de gros moyens.

L’année 2018 se termine pour le RC Amiens mais aussi pour l’Amiens SC. Suivez-vous le club en tant qu’Amiénois ? Qu’avez-vous pensé de son année ?

Oui, je le suis. J’étais à la Licorne pour le match contre Lyon. Ce qu’ils ont fait, c’est exceptionnel pour le club, pour le public amiénois. On n’avait jamais vu Amiens en Ligue 1, donc il faut surtout les féliciter. Il y a eu un gros travail effectué sur l’équipe professionnel. Ils sont un petit peu dans le dur cette saison et dans « la même situation » que nous. Il va falloir qu’ils essaient de se maintenir, et je pense que cela va être un peu plus compliqué par rapport à la saison dernière. On ne peut pas nous comparer évidemment mais on lutte tous les deux pour le maintien dans nos championnats respectifs. À mon avis, le coach a préparé les joueurs pour l’opération maintien.

Quelle a été votre plus belle émotion sportive lors de cette année ?

L’émotion, ça va être forcément lors de la finale de la Coupe du Monde. La victoire va rester pour toujours. J’ai connu 1998 et la première étoile, j’ai connu maintenant la deuxième avec les enfants, la famille. Ça va rester comme un beau souvenir de l’année 2018. J’ai regardé aussi la finale de l’Euro de handball des féminines.

Enfin, si vous ne deviez retenir qu’une seule actualité, tous domaines confondus, laquelle serait-elle ?

Ce qui marque actuellement la France. Depuis un mois, un mois et demi, on entend parler que de ça, avec de plus en plus d’ampleur. Je pense que sur la fin d’année, le mouvement des gilets jaunes représente suffisamment l’actualité du moment. Affaire à suivre…

Propos recueillis par Jean-Baptiste PLOYART

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