Qualifié pour les 32es de finale de Coupe de France et leader du Régional 2, l’ESC Longueau a connu une première partie de saison particulièrement faste. À la tête de cette équipe, Sébastien Léraillé savoure le chemin parcouru depuis l’été dernier et se projette déjà sur 2019 qu’il espère tout aussi positif. Entretien. 

Quel bilan tirez-vous de cette première partie de saison ?

Le plus important, à mes yeux, ça a été le fait que les nouveaux joueurs s’intègrent le plus rapidement possible. Il y a un groupe de vingt joueurs capables de jouer, et aujourd’hui, tout le monde s’entend bien. C’est le premier point positif. Le deuxième, c’est les résultats qui sont plus qu’intéressants en termes de points. Pour monter il faut à peu près quinze victoires (ndlr : Longueau en compte dix en autant de matches). Je pense qu’il faut tirer un grand coup de chapeau à Saint-Maximin qui suit le tempo que l’on a mis. En termes de contenu, on a alterné le chaud et le froid à cause du parcours en Coupe de France, parce qu’il y a une rotation qui s’est faite au niveau des joueurs, avec des systèmes de jeu différents également. Je pense que l’on peut encore faire mieux sur le contenu, et c’est ce que j’ai dit aux joueurs après le match de Coupe de France, puisque j’avais trouvé le contenu très moyen contre Lannion, même si on avait des circonstances atténuantes avec beaucoup de pression sur ce match. Quand tu es à deux doigts d’un 32ème de finale, tu ne joues pas pareil que d’habitude. Les résultats sont plus que positifs, et maintenant le plus dur sera de confirmer sur la deuxième partie de saison.

C’est déjà une satisfaction de s’être relevé de cette descente qui a fait grincer des dents…

Maintenant, elle est derrière nous. On a eu la chance de recruter des garçons intelligents, compétiteurs, qui respectent le club et ont une bonne attitude. Aujourd’hui, il faut leur tirer un grand coup de chapeau pour ce qu’il se passe sur le terrain et hors du terrain.

Si vous deviez retenir un match référence sur cette phase aller, lequel serait-il ?

Sur le plan tactique, je dirais Blois. On a été très bon, efficace dans le comportement individuel et dans l’attitude. En championnat, c’est compliqué à dire parce qu’on n’a jamais joué des adversaires qui nous ont mis en difficulté. Peut-être celui de l’Arsenal Beautor où l’on est mené 1-0 et on réagit, mais on était rentré sur la pointe des pieds et on était encore dans les voitures à l’entame du match. Ce sont les matches que je retiendrais. Ce que je garde c’est que mon groupe est perfectible et peut encore progresser, c’est ce qui est important.

Il faut confirmer à partir de janvier désormais, après les bases solides posées entre septembre et décembre…

Il faudra être très attentif à la reprise. Le 32ème de Coupe de France va nous aider à poser les bases. Pendant quinze jours, je ne vais pas les lâcher. Je pense qu’ils vont un petit peu me haïr, parce que je vais tellement être sur leur dos et exigeant que je pense qu’il va y avoir des grincements de dents à un moment donné, mais ça fait partie de la vie d’un groupe et du rôle d’un entraîneur.

On dit souvent qu’il y a une forme de décompression après une élimination en coupe. C’est une chose à laquelle vous pensez déjà ?

Il y aura des semaines difficiles et des attitudes qui vont être différentes mais le fait d’être en haut va nous aider. Je pense que l’objectif de la montée va permettre aux garçons de vite se replonger dans le championnat parce que ça reste l’objectif numéro un. Même si je ne l’ai pas affiché haut et fort depuis le début, aujourd’hui, avec dix points d’avance et un match de retard sur le troisième, il faudra vite atteindre la barre des quinze victoires et on ne sera pas loin de notre objectif.

Beaucoup de monde estime que Longueau dispose du groupe de Régional 2 le plus faible. Qu’en pensez-vous ?

Les gens disent ce qu’ils veulent ! Aujourd’hui, quand je vois Camon qui fait une bonne partie de saison avec beaucoup de jeunes… Ce n’est pas une question de poule plus faible, parce que j’ai énormément de respect pour les équipes que l’on affronte tous les week-ends. La preuve, sur tous les adversaires de notre groupe, j’ai cinq ou six entraîneurs qui m’ont laissé des messages. Il n’y a pas d’équipe plus faible ou moins faible. On est allé à Lambres en coupe, et depuis qu’on les a joué, ils n’ont plus gagné un match, je crois. Comme je le dis, il faut venir voir les matches le dimanche, parce que ce n’est jamais facile. Montdidier et Senlis ont fait de très bons matches contre nous. Non, ce n’est pas la poule la plus facile, loin de là. Oui, on ne joue pas Amiens Nord ou Camon, mais c’est comme ça. On joue où on nous dit de jouer, je n’ai pas choisi la poule ! Chacun dit ce qu’il veut et on sera jugé sur les deux ou trois années à venir. Ça ne me dérange pas du tout.

Longueau est une terre de sport, mais on a l’impression qu’il se passe à nouveau quelque chose autour du club avec ce nouveau cycle qui est lancé. Vous le ressentez aussi ?

Quand je suis arrivé, il y a deux ans, j’étais sur une équipe de fin de cycle, il ne faut pas se leurrer. On a fait ce que l’on pouvait. On a recruté intelligemment, on a des garçons qui sont arrivés, des jeunes qui ont intégré le groupe. Il ne faut pas oublier qu’à Soissons on est parti avec trois U18. Ça prouve aussi que la formation du club se passe bien. Oui, il se passe quelque chose, et j’espère qu’il se passera encore quelque chose. Mais il faut rester humble et avoir la tête sur les épaules. On est bien aidé par la métropole. Pour le 32ème, Thierry Dobelle nous a bien aidé sur l’utilisation des terrains. Les gens nous aident, c’est ça qui est bien. Je suis aussi passé voir le synthétique, c’est une merveille ! C’est un truc de fou. Les gens sont contents de ce qu’il se passe ici, mais l’avantage de Longueau c’est que c’est un club ouvert. Même les anciens viennent boire un coup à la buvette ! Dans ce club, les gens ne se prennent pas pour ce qu’ils ne sont pas. Ça va du président à la personne qui tient la buvette. En effet, on est sur un 32ème, et j’espère que l’on va faire revivre le stade Moulonguet. Quand j’étais gamin, j’étais derrière les buts lorsque Cantona a loupé sa panenka, et ce stade mérite de revivre des belles émotions.

Ce 32ème, c’est une performance historique pour le club. Vous vous rendez compte que vous êtes à la tête de l’équipe qui fait ça ?

Non, je n’y pense pas et je ne réalise pas trop. Les gens autour de moi en parlent beaucoup et me félicitent mais je ne réalise pas trop. Je suis dans mon boulot, j’ai un groupe à faire avancer et j’ai pris du retard sur les réunions des éducateurs. Il n’y a pas que l’équipe première et la Coupe de France, il y a aussi les éducateurs et les écoles de football, la préformation. Je dois maintenant gérer tout ça, et je me rends compte que ce n’est pas facile.

Propos recueillis par Romain PECHON

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