Reims – Amiens SC, le 19 mai 2017 : Ils s’en souviennent tous #4

Reims
La montée à Reims, un moment à jamais gravé dans l'histoire du club

Moins de deux ans après l’historique Reims-Amiens SC du 19 mai 2017, les Amiénois retournent pour la première fois au stade Auguste-Delaune, ce samedi. Pour l’occasion, Le 11 Amiénois vous propose de vous replonger dans ce match incroyable à travers les souvenirs de notre équipe de rédacteurs. Cette fois, c’est Quentin qui s’y colle, et qui sèche les cours.

Quand tu sors ta pire excuse à ton professeur

C’était le vendredi 19 mai 2017. L’une des journées les plus longues de ma vie, comme de celle de bien d’autres. Je me souviens que j’étais en cours à la fac ce jour-là. Mon prof de l’après-midi est averti que je quitterai le cours plus tôt, à cause d’un impératif, en même temps qu’un de mes camarades qui m’accompagne. Tout se serait bien passé si, en quittant la salle comme prévu, un ami ne nous avait pas lancé un grand « Et bon match, hein ! ». Soit. Je sais déjà que la soirée que je vais passer en vaut la peine.

Je me souviens qu’après être sorti des bouchons d’Amiens, une fois entré sur l’autoroute direction Reims, nous avons doublé un nombre impressionnant de cars, dans lesquels des gens de tous les âges étaient grimés en blanc et en noir. Bien souvent, des enfants étaient en bout de car, et scrutaient les voitures qui les doublaient, cherchant un signe d’appartenance commune. Avec mon fanion ASC sur le rétro, on n’y manquait pas : les écharpes volaient aux fenêtres, et je ne compte plus les duels de klaxons avec les bus.

Une ambiance de Ligue 1

Je me souviens de mon ébahissement quand j’ai vu la beauté de Delaune en entrant en tribune. J’espérais déjà au fond de moi que la montée pointe son nez deux heures plus tard, pour que l’ASC ne puisse plus se défiler et rende son lustre à notre Licorne, dont le dépérissement me faisait mal au coeur à chaque match à la maison.

Je me souviens d’une ambiance incroyable. De Delaune blanc et noir, de trois tribunes à l’unisson derrière ces mêmes couleurs. Le stade résonnant de nos chants, les joueurs prenant l’avantage rapidement dans le jeu et au tableau d’affichage. Rien ne pouvait nous arriver, et c’était beau, trop beau même. Car plus le temps s’écoulait, plus le spectre de 2007 poignait. Après les occasions manquées en début de seconde mi-temps et l’égalisation rémoise, le stress est monté, et j’ai compris que je n’étais pas le seul à ressasser le passé. En effet, les chants ont diminué. On a entendu les supporters rémois pour la première fois du match à la 75ème.

Après le stress vient l’ivresse

Je me souviens d’un dernier quart d’heure irrespirable. D’un coup-franc de Soumah au dessus de la barre à la 86ème. Je me suis laissé gagner tout doucement par le désespoir. Reims gagnait du temps avec ses changements. Même le carton rouge reçu ne laissait pas voir un regain de domination. J’allais baisser les bras à la 93ème, avec le hors-jeu de Bourgaud, quand mon ami m’a répété une phrase maintes fois usée par les supporters : « Tant que le chrono n’est pas arrêté, il y a de l’espoir ».

Je me souviens d’un dernier coup-franc. D’un gardien qui monte. D’une dernière remise dans le paquet.

Et d’un bruit comme je n’en avais jamais entendu auparavant dans un stade. Autour de moi, le chaos. Mon ami a pris sa voisine, qu’il ne connaissait pas, dans ses bras, et l’a soulevée de terre en tournoyant. Des grands-pères, qui avaient tellement attendu de voir leur club dans l’élite, fondaient en larmes. Tout comme moi.

C’était le vendredi 17 mai 2017. L’une des journées les plus longues de ma vie, comme de celle de bien d’autres.

Quentin PELLATON

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