saman ghoddos maître à jouer

L’Amiens SC a peut-être enfin trouvé son nouveau maître à jouer. Après moult péripéties et un petit trajet jusqu’en Espagne et Huesca, il était allé faire un tour du côté de Rennes. C’est finalement bien avec l’Amiens SC qu’il s’est engagé. En effet, depuis quelques jours, le nom de Saman Ghoddos était de nouveau évoqué avec insistance. Ce joueur irano-suédois évolue actuellement sous les couleurs d’Östersunds, club d’Allsvenskan, première division suédoise. Nous avons contacté NordiskFootball, média spécialisé dans le suivi du football scandinave, et en particulier Nicolas, Community Manager et rédacteur spécialiste de la Suède. Ce dernier a accepté de répondre à quelques questions pour le 11 Amiénois.

Amiens et Östersunds se sont enfin mis d’accord sur le transfert de Saman Ghoddos. Peux-tu nous faire un petit récapitulatif de la carrière du joueur jusqu’à présent ?

Il a eu un début de carrière difficile. Il a été laissé libre deux fois par ses clubs (le Limhamn Bukeflo en 2012 et le Trelleborgs FF en 2013) et a commencé en D3 suédoise. Ensuite, il a rebondi au club de Syrianska en 2014 après un essai en D2, et grâce à la confiance qu’on lui a accordée, il s’est révélé. Ce qui l’a amené à découvrir Östersunds et la D1, l’Allsvenskan, avec un club très social qui venait d’enchaîner 3 divisions, de la D4 à D1, en quelques années. Graham Potter, le coach de l’époque (aujourd’hui à Swansea), l’a beaucoup fait progresser. Il lui a fait pleinement confiance également, et il a juste explosé.

Il a participé à l’Europa League l’année dernière, après avoir aidé à qualifier son club en poule alors que c’était leur première participation. Ils en sont même sorti, et il a grandement participé à la victoire contre Arsenal 2-1 en 16ème de finale, avec 2 passes décisives pour lui. Arsène Wenger lui-même a dit que c’était un sacré joueur. Donc il a montré qu’à haut niveau, l’Europa League le prouve, il était capable de faire de très belles choses.

Concernant la sélection, il a opté, après quelques amicaux avec la Suède non comptabilisés par la FIFA, pour la sélection iranienne. Il a joué 11 matches sous les couleurs de l’Iran et a marqué un but. Il fait partie de la sélection qui a participé à la Coupe du Monde en Russie. Et est d’ailleurs entré en jeu lors des trois matches de poule.

Où est-il le plus à l’aise sur un terrain ? Quels sont ses postes privilégiés, et comment se débrouille-t-il avec le ballon ?

Il est très technique et possède une bonne vitesse. Il a également une excellente vision du jeu. Son poste préféré est meneur de jeu, le maître à jouer. Mais il joue aussi beaucoup à gauche et est capable d’évoluer comme buteur. C’est aussi un excellent tireur de coup-de-pieds arrêtés : il vient d’ailleurs de mettre deux coup-francs en deux matches.

L’Amiens SC a signé un second colombien, Juan Otero. Nous avons aussi eu quelques brésiliens dans nos rangs, et un autre suédois est arrivé. La question qu’on se pose sur les joueurs sud-américains peut se poser ici également : comment va-t-il s’acclimater à un nouveau championnat ?

Je pense qu’il a le mental fait de l’acier nécessaire pour s’acclimater rapidement. Et ce même si souvent, ce que l’on reproche aux joueurs nordiques, c’est de mettre du temps (comme Selnæs à l’AS Saint-Étienne par exemple). Également, la saison suédoise se déroule sur une année d’avril à novembre. Il y a des différences de rythme notables… Mais il devrait au moins arriver en très bonne condition physique. S’il a la confiance de son coach et de ses partenaires, tout ira bien. Il fonctionne à ça, et il en aura besoin, surtout pour sa première expérience à l’étranger. Si ces ingrédients sont là, il explosera.

Quel est son niveau de popularité au sein d’Östersunds ? Comment les supporters réagissent à son départ ?

C’est juste le chouchou du club, ils sont donc très tristes. Il a toujours apporté ce qu’il pouvait et a toujours répondu présent, il est très constant et très proche des supporters. Il aurait pu partir dès sa première saison, puis cet hiver au Celta, mais il est intelligent. S’il choisit Amiens, pour moi, c’est qu’il sait qu’il aura des garanties d’être titulaire et de progresser, plutôt que de foncer sans visibilité dans un gros club, comme Manchester City, qui l’a observé. Et le fait est qu’Amiens doit forcément lui rappeler les conditions de vie qu’il connaît déjà à Östersunds. Les montées successives, un club humble et travailleur… Ça doit jouer aussi.

Enfin, êtes-vous surpris par la tournure rocambolesque du transfert ? Le joueur a sacrément animé le mercato de certains clubs.

Oui, complètement. On savait qu’il prendrait son temps, car cela faisait déjà plusieurs mercatos qu’il repoussait le transfert. Et, au vu de son parcours, ce n’est pas quelqu’un qui est attiré par l’argent directement. Il a refusé des offres chinoises, et il a donné sa prime de meilleur joueur du mois de juillet au club des jeunes garçons réfugiés du Darfour, par exemple. Donc je pense qu’il était très mal entouré lorsqu’il était à Huesca, avec un autre agent profiteur. Après, il a dû avoir du mal à se décider, et son président a pris son temps aussi. Mais au final, et son vrai agent le dit bien, il y avait de meilleures offres pour lui. Il a choisi Amiens car c’était le meilleur cadre selon lui, donc il a mené une vraie réflexion.

Propos recueillis par Quentin PELLATON.

Retrouvez un article complet de NordiskFootball concernant Saman Ghoddos ci-dessous :

     > Saman Ghoddos, ce battant qui veut conquérir la Ligue 1 à Amiens

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