Sébastien Léraillé (ESC Longueau) : « C’est une histoire de gros sous »

Sébastien Léraillé Longueau

S’il se dit prêt à jouer le jeu et à disputer sa chance à fond en coupe de France, Sébastien Léraillé se questionne à propos des motivations à l’origine de la reprise de la compétition pour les clubs amateurs. En toile de fond, le coach de Longueau s’inquiète aussi pour la santé de ses joueurs. Entretien.

Que pensez-vous de la reprise de la coupe de France ?

C’est une histoire de gros sous, de pub, de politique. Imaginons l’équipe qui va préparer un match contre une CFA qui s’entraîne quatre fois par semaine, en ne pouvant s’entraîner que le week-end… Ca va être compliqué. Heureusement que l’on a fait ce qu’il fallait en amont en reprenant un peu, parce que certains n’ont pas du tout repris.

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Et vous n’avez que onze jours…

Dans l’ensemble, sur décembre et janvier, on n’a eu que très peu d’absents sur les vingt-quatre séances réalisées, donc on s’en sort bien. On n’a qu’un joueur qui n’a pas repris parce qu’il ne voulait pas se mettre en danger par rapport à son métier, et je le comprends totalement, c’est certain. Ca va être compliqué maintenant parce qu’on a fait que des séances avec ballon. On a fait comme on a pu, on s’est adapté, on a fait des semaines à quatre séances parfois. Ce week-end, on sera sur une double séance parce que faire entraînement à seize heures, ce n’est pas possible. On aura peut-être une dérogation, mais je n’y crois pas du tout. On va s’adapter comme on le fait depuis le début de saison l’objectif sera de se qualifier pour rapporter un peu au club, que les joueurs reprennent un peu de rythme, mais je m’attends à voir du dégât physiquement. On va passer du synthétique à l’herbe, on n’a pas joué depuis octobre. Ca va être dur.

On vous envoie quelque peu à l’abattoir…

Les personnes qui ont décidé ça se sont dits qu’il ne faut pas que le foot amateur se sente oublié et qu’ils peuvent s’appuyer sur nous. On est sur un fond de politique, donc les clubs pâtissent de ces prises de décisions. C’est comme ça. On nous donne l’opportunité de jouer, dans les conditions imposées. La Ligue est en train d’accompagner les clubs dans la mise en place des protocoles pour les matches de coupe de France. On fera ce que l’on nous impose pour faire du mieux possible, mais imposer des tests PCR pour reprendre, à deux jours du match, et des tests le jour du match… Il vaut mieux que certaines équipes n’aient pas de cas le jour du match ou qu’elles aient un groupe élargi. C’est toute une logistique qu’il va falloir mettre en place. On va respecter le cahier des charges. Ensuite, il y aura le terrain, et on verra. Il y a des enjeux économiques, sportifs et de santé par rapport aux joueurs. Je suis malade voir la santé des clubs après tout ça. Certains clubs se posent la question de savoir s’ils pourront reprendre ! Ma priorité est qu’il n’arrive rien à mes joueurs.

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Est-ce que jouer la compétition a désormais un intérêt ?

Je ne pense pas. Et pour moi, il y a fort à parier qu’au huitième tour, il ne restera quasiment plus que des clubs de N1, N2 et N3. Peut-être que je vais me tromper, mais quand on voit ceux qui ont pu continuer à s’entraîner… C’est vite réglé.

Comprenez-vous qu’on force la coupe de France sans donner de perspective sur le championnat ?

Si ça marche et qu’il y a très peu de dégâts, je pense qu’il y aura le même protocole derrière pour le championnat. Il n’y pas énormément de solutions. Soit on reprend au plus tard en avril et on ne prend en compte que les matches « aller ». Soit il y a une saison blanche, mais je vois mal les instances rembourser les clubs. Si la coupe de France fonctionne bien, pourquoi ne pas adapter tout ça au championnat. Après, restera le problème des entraînements si le couvre-feu reste à 18 heures.

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Qui va assumer la charge de tout ça ?

Les clubs et les bénévoles ! Il faudra prendre les rendez-vous pour les joueurs dans un cabinet. On a réservé la matinée et l’après-midi pour tester nos joueurs prochainement. Ca va avoir un coup humain et financier. On attend d’en savoir plus au niveau de la Ligue. Ce qui peut sauver le coup financièrement, c’est de se qualifier pour le septième tour. De notre côté, c’est le président qui va tout gérer avec les dirigeants et les bénévoles. Si un joueur est positif, comment fait-on ? Est-ce que les délégués vont devoir gérer ça le jour du match ?

Tous propos recueillis par Romain PECHON et Adrien ROCHER

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