Sébastien Léraillé (ESC Longueau) : « Je ne peux pas jouer à leur place ! »

Passablement énervé après la deuxième défaite en trois matches de l’ESC Longueau (4-2 à Béthune), Sébastien Léraillé, son entraîneur, monte au créneau pour mettre les joueurs face à leurs responsabilités. Entretien.

Quel est votre sentiment après cette défaite à Béthune ?

Je ne peux pas faire mieux avec Pierre (Bourdet), on les met dans les meilleures conditions ! Ils ont une kiné, ils s’entraînent trois fois par semaine et ils ont toutes les conditions pour bosser et le dimanche, il n’y a rien ! C’est catastrophique.

Comment expliquez-vous ce visage aussi apathique en ce début de saison…

La première mi-temps a été pathétique. Les joueurs ne sont pas au niveau, tout simplement. Je peux sortir un ou deux joueurs, mais le reste, non. On loupe un face à face à 0-0, et on se retrouve rapidement mené 2-0. Au-delà de ça, je ne sais même pas si ce que j’ai mis en place est adapté à cette équipe. Dès la première minute, on met un ballon en retrait qui atterrit sur un attaquant qui se retrouve en face à face avec Thomas Chatalen. Qu’est-ce que je peux faire ? Je ne peux pas jouer à leur place !

Est-ce que la petite réaction de fin de match peut être notée positivement ?

Non ! Béthune a baissé de pied dès la fin de première mi-temps et ça a continué en deuxième. Mais là où il faut faire attention, c’est que l’on n’a pas joué la plus grosse équipe du championnat ! On vient de jouer une équipe qui va jouer le maintien. Béthune, en dehors des défenseurs centraux, c’est une équipe avec que des gamins.

Vous tirez donc la sonnette d’alarme ?

Ça ne fait que trois matches mais ke suis très très inquiet ! On est incapable de changer de rythme, de mettre de la vitesse dans le jeu. On porte le ballon, on tente des petits ponts au milieu de terrain et d’autres choses que l’on est incapable de faire. Je suis en pleine réflexion pendant les quinze jours avec le match crucial contre Aire-sur-la-Lys, parce qu’il ne faut pas s’attendre à faire un gros parcours en coupe de France. Si l’on continue comme ça, on fera deux tours et ce sera terminé, comme il y a deux ans. Je ne sais pas ce qui peut les pousser à réagir.

Il faut que les mecs se rappellent d’où ils viennent et redescendent sur terre.

Il y a des joueurs qui ne sont pas au niveau R1 mais surtout, ils ne sont pas à leur propre niveau ! Que ce soit des nouveaux ou des anciens, d’ailleurs. On défend comme face à des équipes de R3. Sur le troisième ou quatrième but, l’attaquant à un mètre de retard et arrive quand même à penser le défenseur central. On est trop attentiste et on n’est jamais en action, juste dans la réaction et il y a des joueurs qui commencent à m’agacer dans les attitudes et les réflexions. Il faut que les mecs se rappellent d’où ils viennent et redescendent sur terre. Je sais d’où je viens, je suis descendu quand je suis arrivé au club, j’ai travaillé, j’ai respecté la feuille de route du président mais aujourd’hui, les joueurs ne respectent rien.

Vous ne vous retrouvez plus dans ce que vous voyez ?

Non, je ne m’y retrouve plus ! On passe un temps fou à travailler les coups de pied arrêtés, les combinaisons, les gars ont des places attitrées. On arrive en match, certains ne sont pas à leur place ! Je ne peux pas jouer pour eux, ce n’est pas possible. Avant le match, je leur dis que les deux centraux de Béthune jouent très larges et les deux latéraux sont très hauts, je les préviens parce qu’il faut faire attention soit ils jouent long, soit ils cherchent un milieu. Le premier but que l’on prend, c’est un jeu long qui traverse la surface, on ne parle pas au latéral sur qui arrive le ballon, il contrôle, il perd le ballon et ça fait 1-0. Sur le deuxième, c’est un long ballon du central droit, déviation de l’attaquant, et ça fait 2-0. Le 3-0, c’est un autre long ballon du central gauche pour le latéral gauche qui dévie sur l’attaquant. Il n’y a pas de retour sur ce que je leur dis et je n’arrive pas à capter leur attention.

On dirait que vous vous tirez des balles dans le pied…

On fait des cadeaux à l’adversaire à chaque match. Je crois que les joueurs sont au maximum de ce qu’ils peuvent faire. De mon côté, je me pose des questions et je ne mettrai pas le club en danger si je sens que ça ne marche plus. J’ai l’impression que l’on manque d’attention et de concentration.

Il va falloir réagir rapidement pour ne pas être définitivement distancé…

C’est ce qui s’était passé il y a deux ans en R1 Picardie. On revenait, et on était distancé à nouveau. Sauf que maintenant, ce n’est plus le R1 Picardie. On joue à un niveau CFA2 maintenant. Il n’y a pas de bloc équipe, on explose dans tous les compartiments du jeu. On n’a pas gagné un duel défensivement. Offensivement, si Leullier ne rentre pas à la mi-temps, c’est compliqué, parce que c’est le seul capable de mettre de l’intensité dans les duels.

Je pense que cette équipe a un problème. Peut-être que c’est moi le problème !

Vous vous attendiez à ce que ce soit aussi dur ?

Je savais que ça allait être dur, mais pas autant. Je m’attendais à galérer mais j’ai l’impression que j’en étais le seul conscient. Je connais le niveau du Nord-Pas-de-Calais. J’ai joué là-bas, j’ai fait une carrière en CFA2 là-bas, je sais comment sont les équipes. Là on va enchaîner Aire-sur-la-Lys, Loon-Plage et Avion. Si on ne prend pas de points contre Aire, ça va être très compliqué. Je pense que cette équipe a un problème. Peut-être que c’est moi le problème ! On me reproche de crier, mais je suis tout le temps obligé de leur demander les déplacements, et ce n’est pas normal à ce niveau, ça doit venir des joueurs ! On est arrêté, pas en mouvement, on joue dans des zones où l’on ne devrait pas jouer, les prises de balles ne sont pas bonnes.

Est-ce que ça peut venir du niveau de l’an dernier qui n’était pas assez élevé ?

Bien sûr ! La saison dernière nous fait du mal parce qu’elle était trop bonne et un peu trop facile. On s’est surpassé sur quelques matches de coupe de France et c’est tout. Quand tu peux te surpasser que toutes les deux ou trois semaines, ça va, quand c’est tous les week-ends, ce n’est pas la même musique. On n’est pas capable de le faire actuellement. J’ai l’impression que l’on n’a pas de jus et que l’on n’avance pas. J’écoutais Thibaut Jaques sur qui disait qu’à Chambly, ils ont la joie de vivre et de s’entraîner et je me suis dit que mon groupe n’avait même pas la joie de s’entraîner.

Comment expliquer ça ?

On n’a pas été capable de surfer sur la dynamique de l’an dernier. La deuxième partie de saison était catastrophique et ce n’est pas d’aujourd’hui que je mets en garde tout le monde. Avec les attitudes que l’on a eues pendant trois ou quatre mois, derrière il faut s’en sortir. A nous de relever les manches et de se remettre au travail.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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