Alors que l’Amiens SC traverse une mauvaise passe, Serhou Guirassy estime qu’elle est certainement liée à un relâchement inconscient dans l’effort et espère que la barre sera redressée, demain soir, à Monaco. Entretien.

Annonces

Serhou Guirassy, comment allez-vous physiquement ?

Je me remets de ma petite blessure mais ça va. Je ne savais pas qui avait annoncé quinze jours, mais quand j’avais vu ça avec le staff médical, ils m’avaient dit une semaine environ et j’étais opérationnel contre Reims.

Annonces

Êtes-vous frustré de ne pas avoir pu jouer ?

Bien sûr, j’aurais voulu jouer, surtout avec la journée passée à l’hôtel. C’est compréhensible mais on aurait voulu que ce soit annoncé plus tôt, plutôt que d’attendre la dernière seconde. Individuellement, je voulais jouer parce que j’avais loupé le match à Montpellier, mais je pense que ce n’est pas une mauvaise chose de ne pas avoir joué parce que ça permet de se reposer pour faire un très gros match demain, à Monaco.

Annonces

Qui ne sera pas un adversaire facile…

On connaît leur force offensive avec Ben Yedder, Slimani (ndlr : suspendu pour ce match), Golovin et tout ce qui s’ensuit. On sait que défensivement c’est plus compliqué, ils prennent beaucoup de buts et il y aura des choses à faire. Il faudra être bon des deux côtés parce que c’est une équipe plutôt costaude en général.

Annonces

Il faudra bien défendre parce qu’Amiens prend trop de buts…

Onze sur les trois derniers matches, c’est un bilan catastrophique ! On ne met pas en cause les défenseurs parce que c’est le travail de toute l’équipe, en partant de l’attaquant jusqu’au gardien. Il faut que tout le monde défende mieux et ne pas laisser cette tâche qu’aux défenseurs.

A titre personnel, c’est quelque chose que vous avez en tête, parce que vous revenez souvent défendre, vous y mettez beaucoup d’énergie…

Je fonctionne comme ça ! Si tu bosses pour l’équipe, tu es récompensé à un moment donné. J’étais dans cette zone, et je n’avais pas d’autre choix que de faire l’effort. On prend beaucoup trop de buts en ce moment donc il va falloir s’arracher pour minimiser cette phase-là. Quand tu prends beaucoup de buts, en Ligue 1, c’est difficile de gagner. En encaissant deux ou trois buts par match, hormis le PSG, c’est difficile de remonter ça.

Est-ce que certains joueurs ne font pas assez d’efforts ?

Oui ! Quand tu vois que tu prends onze buts, c’est le cas, il ne faut pas faire de langue de bois ! Il y a des joueurs, même moi, qui ne fournissent pas forcément les efforts qu’il faut. Il va falloir être plus concentrés, moi le premier, et ne pas penser qu’à attaquer. D’abord bien défendre, c’est ce qui fait la force de l’ASC.

Comment expliquez-vous ce relâchement ?

Peut-être qu’on s’est vu un peu trop beaux. Il ne faut pas lâcher, on a réussi à faire des bons matches c’est qu’on a été solidaires tous ensemble. J’ai en tête le match de Marseille où quand un Marseillais recevait la balle, il y avait quatre joueurs sur lui. Ces derniers matches, on a un peu perdu ça et ça a tout de suite fait la différence.

Alexis Blin disait que les efforts étaient  peut-être faits mais pas de la bonne manière ou ensemble, c’est ça que vous avez perdu ?

Je rejoins ses propos. Il a sûrement raison quand il dit qu’ils sont faits mais pas de la bonne façon. Tu ne peux pas jouer contre toutes les équipes de la même manière. Certains ressortent mieux la balle que d’autres. On joue à Monaco, on va discuter avec le coach par rapport à ce qu’il va attendre de nous pour savoir s’il va falloir aller les chercher ou les attendre pour contrer. En tout cas, il faut s’améliorer tous ensemble.

Il y a eu beaucoup d’éloges sur Amiens en début de saison, notamment après Marseille. Comment avez-vous vécu le retour sur terre douloureux en novembre ?

Douloreux, on ne va pas dire ça comme ça, mais il ne faut pas être surpris. Quand tu relâches les efforts que tu faisais lors des victoires, ça se paye cash. En Ligue 1, il y a de très bonnes équipes. C’est comme pour revenir de blessure. Tu travailles beaucoup pour revenir, mais une fois revenu, il ne faut pas s’arrêter de travailler. Quand on gagnait, on mettait tout ce qu’il fallait en termes d’énergie, d’agressivité. Même moi, je ressens que ces derniers matches on a perdu ça, et ça fait la différence. Il faut que tout le monde fasse son job sur son poste. On prend beaucoup de buts sur les coups de pied arrêtés. Chacun a un rôle et il faut empêcher l’adversaire de toucher le ballon dans de bonnes conditions. Ce sont les responsabilités individuelles plus que collectives. Il faut que tout le monde se mette en tête que l’on doit bien défendre et tout donner pour ne pas prendre de buts et on aura des situations pour marquer parce qu’on a de bons joueurs.

Il faut être costaud, que tout le monde fasse son boulot.

Comment régler ce soucis sur les coups de pied arrêtés, comme vous l’avez évoqué ?

C’est difficile. Certains corners sont bien tirés. Parfois, nous nous mettons nous-mêmes en difficulté en donnant des corners bêtement à l’adversaire. Il y en a qui sont au marquage, il faut garder son homme jusqu’au bout et l’empêcher de jouer le ballon dans des bonnes conditions.

C’est avant tout de l’envie et du mental ?

Je ne sais pas si c’est de l’envie parce que quand tu joues au foot, tu n’as pas envie de prendre de but ! Peut-être que c’est mental. C’est compliqué à dire. Il faut être costaud, que tout le monde fasse son boulot.

Propos recueillis par Romain PECHON

A lire aussi :

> L’Amiens SC quasiment au complet à Monaco

> Benjamin Lecomte (Monaco) : « La réception d’Amiens ne sera pas forcément facile »

Vous souhaitez signaler une coquille ou une inexactitude dans cet article, un contenu illicite ou inapproprié en commentaire ? Ecrivez-nous !

S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments