Terry Lavilette (Ailly-sur-Somme) : « Il faut stopper l’hémorragie »


Joueur historique d’Ailly-sur-Somme, Terry Lavilette entend bien aider le club relégué de National 3 au Régional 3 a rebondir la saison prochaine. En tandem avec Pierre-Alain, son cousin et nouvel entraîneur principal, le défenseur de 37 ans est persuadé que le pari de la jeunesse va finir par payer. Entretien.

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Terry Lavilette, comment se fait ce nouveau fonctionnement à Ailly-sur-Somme ?

Je vais surtout me concentrer sur le rôle de joueur de mon côté. Le club était à la recherche de quelqu’un, et il y a deux, quand on était descendus de N3, j’avais refusé parce que je voulais continuer à jouer et c’est trop compliqué d’être entraîneur-joueur. Yohane Moreira avait eu ce rôle et il s’est rendu compte que ce n’était pas évident. Mon objectif était de travailler avec quelqu’un et suite à une discussion avec Pierre-Alain (ndlr : Lavillette, cousin de Terry), il m’a dit que ça l’intéressait de revenir dans le football mais avec moi. Ca s’est fait comme ça, j’ai rappelé le président à qui j’avais dit au départ que j’avais trouvé une solution pour pouvoir continuer à jouer et m’entraîner normalement. Ce sera donc mon cousin qui prendra les décisions. On se concertera en amont, mais toutes les décisions seront les siennes et il managera.

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Avez-vous tous les deux les diplômes requis ?

C’est moi qui ai les diplômes, lui ne les a pas. Il les a pour le handball, mais pas le football. Tout le travail sera fait à deux, et toutes les décisions seront prises avec concertation. Simplement, avec mon travail de professeur dans l’Aisne et le fait que je connaisse les joueurs, je ne voulais pas être seul parce que ça prend énormément de temps. Déjà à deux, ça me prend beaucoup de temps puisque c’est moi qui ai fait la transition et le recrutement.

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Comment les joueurs ont accueilli cette décision ?

Si ce n’était pas moi, il y aurait eu énormément de départs. Yohane m’avait proposé de prendre la suite, j’avais dit non, mais l’écho que j’avais eu venant des joueurs était que beaucoup comptaient partir suivant le futur coach. Pour essayer d’aider le club, je pense que c’était la meilleure des solutions afin de garder la quasi-totalité de l’effectif. Je savais aussi qu’avec les jeunes présents mais aussi quelques anciens, il y avait quelque chose à faire sur la saison à venir. Je ne voulais pas m’engager dans quelque chose de bancal après trois descentes consécutives. Pour le club, c’est assez difficile, pour les joueurs qui ont vécu les descentes également. Le but est de restructurer ce que Yohane a tenté de faire depuis deux ans en partant sur un projet jeunes, encadré par quelques anciens. Sauf que le niveau était encore trop haut pour les jeunes sur les dernières années. Je pense et j’espère que le Régional 3 permettra de repartir sur de bons rails. Il faut stopper l’hémorragie, restructurer et repartir sur quelque chose de correct.

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Combien de départs comptez-vous ?

On en a trois, parce qu’on voulait garder des joueurs qui étaient dans un projet club pour aider Ailly-sur-Somme et non pas dans un projet individuel. On veut des personnes concernées. Pour compenser, on a tenté de prendre des joueurs qui voulaient venir et qui étaient vraiment dans cet aspect de projet club, sans forcément être là pour l’équipe première. Ils viennent pour mettre en avant Ailly-sur-Somme et pas eux-mêmes. On a recruté beaucoup de joueurs de Quevauvillers parce que le club ne devrait pas repartir. On a signé pas mal de joueurs intéressants sur et en dehors du terrain. C’est important de constituer un bon groupe, sain, qui vit bien.

Quelle sera la manière de stopper l’hémorragie l’an prochain ? Éviter la descente ou chercher à remonter immédiatement ?

C’est avant tout de ne pas descendre ! On ne va pas dire que l’on va remonter de suite parce que ce serait présomptueux. Il y a énormément d’équipes de la Somme et ce sera un groupe compliqué à jouer. Quand on est descendus de R1 en R2, on s’est dit qu’on allait remonter de suite et on s’est aperçus qu’on arrivait dans l’inconnu face à des équipes du Nord beaucoup plus structurées. On préfère rester prudent en partant sur un maintien avec de bons résultats et on verra par la suite.

Personnellement, comment avez-vous vécu ces trois descentes de rang ?

C’est sûr que quand on est joueur et que l’on a connu les joies des montées, se retrouver en difficulté sur ces trois dernières années, c’est compliqué à vivre. On a surfé sur une vague de résultats à un moment donné. Quand ils sont favorables, les joueurs ont plus facilement envie de venir. Aujourd’hui, les joueurs sont plus inquiets à l’idée de venir. Comme toute réussite, tout a une fin et il faut savoir repartir de l’avant, derrière. Le plus compliqué c’est ça. Il faut repartir sur quelque chose de concret en se basant sur les jeunes. A l’époque c’était surtout des joueurs venant de l’extérieur et très peu de jeunes sont montés en N3. Le but est donc de faire monter les équipes de jeunes pour qu’ils soient capables d’évoluer en équipe première en arrivant en séniors. On veut leur faire franchir un cap au niveau mental et tactique.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

Ils arrivent : Abdelattif Rémi, Guillaume Baranowski, Fabien Bettembos, Mathieu Perrin, Corentin Merelle, Mehdi Seddiki (Quevauvillers), Thibault Fouache (SC Abbeville), Patrick Owona (Conty), Marcel Sellier, Hugo Chevalier

Ils partent : Samson Seguenebou ; Antoine Caudelle (RC Amiens), Enzo Desmarest (R2)

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