Après une intersaison longue de cinq mois, marquée par l’infructueux combat juridique pour le maintien en Ligue 1, une campagne de matches amicaux assez inquiétante et un mercato encore inabouti, l’Amiens SC débute la nouvelle saison avec son lot d’incertitudes. De quoi inquiéter une partie de la rédaction du 11 Amiénois.

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Victor : la quiétude n’est absolument pas au rendez-vous…

Inexorablement rétrogradé de l’élite cette année, l’Amiens SC aurait pu, et aurait dû faire figure de favori à la montée dans cette Ligue 2 BKT version 2020-2021. Mais comme rien n’est jamais simple avec le club picard, les supporters devront se contenter des miettes. A peu de temps du 1er match de la saison, les hommes de Luka Elsner sont en cruel manque de repères. Difficile de se projeter dans une saison quand on connaît le manque de profondeur de l’effectif. Seules deux petites recrues ont débuté pour le moment, tandis que la défense reste à rebâtir entièrement après les départs de Calabresi, Jallet, Lefort, Dibassy, Opoku, et Aleesami. Le chantier s’annonce de taille pour l’entraîneur slovène qui devra attendre la fin du mercato prévue le 5 octobre pour enfin voir clair sur son 11 type.

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Au niveau du jeu, nous pouvons dire à l’unisson que cette équipe peut pratiquer un jeu plaisant basé sur l’offensive. Avec notamment des joueurs de ballons comme Ghoddos, Papeau ou Lahne. Mais le championnat de Ligue 2 se veut physique et basé sur le duel, un secteur où l’Amiens SC n’est absolument pas armé pour le moment. Comme si cette période n’était pas assez éprouvante pour les joueurs, ces derniers seront privés de supporters au Stade de La Licorne pour une bonne partie de l’année. Un plafond fixé à 5 000 spectateurs dans l’enceinte qui ne demandait qu’à vibrer comme à l’accoutumée. Le seul point positif et encourageant qu’il me semble important de souligner, c’est qu’aucun favori ne se dégage pour la saison à venir.

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Aucune équipe ne semble se détacher des autres au vu du recrutement ou des matchs amicaux. Des anciens pensionnaires de l’élite comme Toulouse, Guingamp ou Troyes pourraient lutter, tout comme Ajaccio, Clermont ou Le Havre… La réalité du terrain sera la meilleure réponse possible. Mais pour cela il faudra inverser cette terrifiante série de 18 matchs sans la moindre victoire.

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Antoine : Un retard qui pourrait coûter cher

Cette année 2020 si particulière nous a déjà fait vivre son lot de surprises dans le monde du football, des arrêts prématurés de championnats aux parcours étonnants en Ligue de Champions. Mais une chose reste toujours la même, année après année, la fâcheuse habitude de l’Amiens SC de construire son équipe sur le tard. En effet, à quelques heures du début de la Ligue 2, l’ASC n’est pas prêt, et c’est peu de le dire. De la défense en plein chantier, à une timide attaque, en passant par un milieu sans réel repère, Luka Elsner peine à établir des compositions à la hauteur des ambitions de remontée immédiate des supporters, les velléités de départ des quelques joueurs estampillés « Ligue 1 » n’aidant pas non plus.

Le mercato se terminant le 5 octobre, Amiens devra donc trouver des solutions de dépannage en attendant cette date fatidique, rimant avec vague de recrues ces dernières années. On ne connaîtra donc la véritable ossature du groupe qu’après la 6ème journée du championnat, avant de pouvoir chercher à créer un collectif. D’ici là, tous ses supporters espèrent que le club aura su faire ce qu’il faut pour rester à flot, et n’aura pas sombré dans les profondeurs du classement…

Romain : L’incertitude à son paroxysme

Chaque année, il est difficile d’avoir de réelles certitudes avec l’Amiens SC quand arrive le mois d’août. Expert du recrutement de dernière minute, le club picard a parfois réalisé de bons coups (Avelar, Zungu, Gakpé) et aussi de moins bons (Traoré, Nathan, Diabaté, Ganso). Quoi qu’il en soit, ces joueurs venaient compléter une ossature déjà en place. Ce mode de fonctionnement déjà critiqué à l’époque, montre aujourd’hui toutes ses limites. Cette saison, Amiens repart de zéro ou presque et devrait débuter le championnat avec une défense dont la moyenne d’âge n’excède même pas les 20 ans. Pire encore, trois d’entre eux devraient faire leurs débuts en professionnel à l’occasion de la première journée de championnat.

La faute à un recrutement qui reste au ralenti, tandis que l’ASC doit refonder la quasi-totalité de son effectif suite à sa douloureuse relégation en Ligue 2. Certes, le mercato fermera ses portes le 5 octobre. Certes, une première trêve internationale interviendra à l’issue de la deuxième journée de championnat. Néanmoins, le club picard risque de prendre un sérieux retard à l’allumage. Même si les recrues finissent par arriver d’ici la mi-septembre, il faudra pour la plupart les réathlétiser, les incorporer au groupe puis trouver des automatismes en un temps-record.

Ainsi, Amiens a traversé la préparation avec un seul nouveau joueur de champ (Amadou Ciss) et une pléiade de jeunes joueurs jetés dans la fosse aux lions. Si certains ont su tirer leur épingle du jeu (Papeau, Gomis, Gendrey), d’autres ont clairement montré leurs lacunes (Sy, Traoré, Gomez). Avec un tel effectif, Amiens ne peut guère espérer mieux que de se maintenir en Ligue 2 en l’état actuel. Car si les Monconduit, Zungu, Guirassy, Mendoza et autres Chedjou font toujours partie de l’effectif, aucun d’entre eux ne veut prendre part à l’aventure « revanche » initiée par le club. Une aventure dont on a encore du mal à dessiner les contours aujourd’hui.

Le temps presse pour ne pas vivre une saison galère et ne pas prendre le risque de connaître une double descente historique. Luka Elsner étant lui-même inquiet, difficile de ne pas l’être de notre côté…

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