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Fraîchement nommé entraîneur adjoint de l’AC Amiens, Yohane Moreira a justifié son choix dans un entretien accordé au 11 Amiénois. Estimant avoir remis sur de bons rails Ailly-sur-Somme, il considère que le temps était venu de répondre aux sollicitations d’Azouz Hamdane. Entretien.

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Yohane Moreira, pourquoi quitter Ailly où vous étiez entraîneur principal pour devenir l’adjoint d’Azouz Hamdane à l’AC Amiens ?

On a pris le temps de faire les choses, de peser le pour et le contre, d’échanger avec Azouz Hamdane parce que je devais déjà venir l’année dernière. Ça ne s’était pas fait en raison de mon engagement à Ailly-sur-Somme, et l’AC Amiens s’était manifesté trop tard. Cette année, on a renoué les discussions, j’ai accepté, et on a officialisé les choses. J’ai informé les joueurs et les dirigeants d’Ailly de ma décision de quitter le club et rejoindre Azouz en tant qu’adjoint en National 3. C’était le bon moment pour saisir cette main tendue.

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Vous serez donc uniquement adjoint de la N3 ? Vous ne prendrez pas en charge l’équipe réserve ?

Oui, c’est ce qui a été acté. J’ai entendu des rumeurs qui me voyaient au poste d’entraîneur de l’équipe réserve, mais c’est Jean-Paul Lucas qui a ce rôle. En plus de ça, je ne me voyais pas m’investir dans l’équipe première avec de nombreux entraînements dans la semaine, le suivi des entraînements pour la réserve, avec des matches le samedi et le dimanche. Ça me faisait pratiquement une semaine complète à ne faire que du football qui n’est pas ma profession. C’est pour ça que j’ai mis un veto pour l’instant. Maintenant, il est à la charge du coach de faire les entretiens avec les différents éducateurs pour voir ce qu’il en est. Pour moi, Jean-Paul (Lucas) est l’entraîneur de l’équipe réserve et je viens renforcer le staff d’Azouz avec Yohan Hamadi.

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Qu’est-ce qui a motivé votre décision de quitter Ailly ?

Avec Ailly, c’était particulier, j’entamais ma huitième année. J’ai vécu de belles choses en tant que joueur et j’ai eu ce challenge de prendre l’équipe en main. Malheureusement, on s’est trouvé dans un moment très délicat sur l’aspect financier et la reconstruction humaine des forces du club. C’est vrai que c’était un peu un cadeau empoisonné, mais j’ai accepté de relever ce challenge. Malgré le manque de résultats et les descentes, je pense avoir appris énormément de choses dans la difficulté. Je suis aussi fier d’avoir pu bâtir un groupe sain, rajeuni et qui a soif de victoires. Maintenant reste à concrétiser tout ce travail par des résultats qui, à mon sens, arriveront l’année prochaine en R3. C’est pour ça que ça nous tenait à cœur de trouver des gens qui pourraient suivre la même ligne directrice.

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Vous n’êtes donc pas inquiet pour la suite à Ailly ?

Il faut être lucide et les deux descentes ont été actées sur une phase descendante du club. La situation avec le décès du président Roger Caulier, la restructuration derrière, les descentes, ce n’est pas une bonne période, mais il faut aussi savoir que le club d’Ailly-sur-Somme n’a jamais été bâti pour évoluer en National 3. C’était une opportunité que l’on a eue, avec une génération à l’instant T. Et lorsque cette génération a expiré, avec des départs importants, le club a subi des difficultés. Ça a engendré de mauvais résultats sportifs et ça a occasionné des descentes. C’est un club en difficulté, oui, mais comme tous les autres. En l’occurrence ce sont Terry et Pierre-Alain Lavillette qui reprennent l’équipe première en duo. Terry s’occupera de l’aspect technique et continuera de jouer. Il aura un rôle précis aux entraînements mais sera joueur le week-end. Pierre-Alain vient apporter son expérience du handball, a tourné un peu la page et vient relever le challenge du foot parce qu’il a baigné dedans dans sa jeunesse. En discutant avec l’homme, j’ai trouvé que c’était un bel homme pour le club et je pense que le projet est entre de bonnes mains. Je n’ai aucun regret à leur laisser. Voilà tout ce qui a motivé mon départ, avec en plus l’opportunité la possibilité d’être en gestion d’une équipe de N3 avec des joueurs d’une qualité technique et tactique supérieure, mais aussi les objectifs à venir avec l’AC Amiens.



On imagine malgré tout que vous auriez aimé que votre passage à Ailly se termine mieux qu’avec une double descente…

En termes d’éducateur, si on parle d’objectifs de résultats, oui il y a des regrets parce qu’ils n’ont pas été là. Mais comme j’ai dit auparavant, mon travail s’est plus attelé à reformer un groupe sain, serein et surtout jeune pour qu’il puisse y avoir un projet à moyen terme. Sinon, il était facile d’aller piocher des joueurs d’expérience, des mercenaires qui ne s’inscrivent pas dans le projet du club. Ce n’est pas ce que j’ai fait ces dernières années. A mon départ, l’ensemble du groupe reste et c’est vraiment ça ma principale mission. D’un œil extérieur, effectivement, je n’étais jugé que par les résultats, et comme ils n’ont pas été présents… De là à dire que je regrette, non. Le seul petit regret que je pourrais avoir, c’est de ne pas rester une troisième année pour pouvoir vivre vraiment quelque chose de mieux que les deux dernières saisons galères. Je les suis d’un œil, je reste toujours en contact avec la présidence et le nouveau staff. J’emprunte juste un autre chemin avec un autre niveau. A titre personnel, ça ne peut être que bénéfique et je ne peux en tirer que de bonnes conclusions. On apprend plus dans la difficulté que la facilité de la victoire. Je vais essayer d’apporter le vécu des montées que j’ai pu avoir avec l’AC Amiens, dans un groupe qui a une bonne ossature. Ça peut être intéressant pour moi. C’est vraiment ce qui a influencé mon choix.

Après deux ans en tant que numéro 1, vous allez devenir adjoint. Êtes-vous prêt pour ce nouveau rôle ?

Tout à fait ! Je serai adjoint, mais à un autre niveau. J’étais numéro 1 en Régional et là je serai numéro 2 en National. Je pense que ça ne peut que m’apporter. Après avoir vécu quatorze années avec le coach Azouz, je pense qu’on se connaît plus que très bien. Il me connait plus que très bien en tant que joueur et en tant qu’éducateur, s’il me prend, c’est qu’il a dû me suivre et être intéressé. Je savais, quand j’avais quitté l’ACA pour Ailly-sur-Somme en tant que joueur, que le coach avait d’autres ambitions pour moi au niveau du club, du fait de mon ancienneté. A ce moment-là, j’avais encore soif de jouer et c’est ce qui avait motivé mon départ. On est toujours restés en contact et puis c’est cette année que ça a pu se faire. Ce n’est pas forcément une surprise pour nous, la grande question était de savoir quand ça allait se faire. Pour moi, ce rôle de numéro 2 me convient tout à fait. Je ne vais pas là-bas pour prétendre à autre chose que de donner un coup de main à la progression de l’équipe et apporter ce que le coach Azouz attend de moi pour être performant. Je pense que mon rôle ne s’arrêtera pas qu’aux seniors et que j’aurai un rôle au niveau des jeunes pour tenter d’avoir un vivier au sein du club. On a beaucoup de pistes, d’idées à mettre en place et ça viendra avec le temps.

Quelle est votre ambition avec l’AC Amiens ?

Je vais là-bas pour structurer la chose, toujours dans la continuité de me faire progresser en tant qu’éducateur. Si le travail est bien fait, les résultats viendront. Maintenant, de là à dire que je vais là-bas pour monter en N2… Est-ce que c’est un objectif à plus ou moins long terme ? Je ne sais pas. J’ai envie d’envisager l’accès au National 2 avec l’AC Amiens, oui. Mais quand, c’est impossible à dire, surtout avec la situation sanitaire parce qu’on ne sait pas quand on pourra reprendre les entraînements ou le championnat. Il y a beaucoup d’incertitudes pour la saison à venir, qui va demander à s’organiser différemment que d’habitude. Mais c’est vrai que mon ambition personnelle est de retrouver le N2 avec l’ACA, et c’est l’ambition de tous les dirigeants et joueurs de ce club depuis la descente.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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