Elu joueur amateur du mois de janvier par les lecteurs du 11 Amiénois, Zahir Zerdab contribue activement à la bonne saison de l’US Camon, quatrième de Régional 1 avant la réception d’Avion, ce dimanche. Entretien. 

Zahir Zerdab, si pour Camon janvier a été compliqué, vous trouvez toujours le chemin des filets…

Depuis que je suis revenu, j’ai marqué à tous les matches pratiquement, donc ça va !

Êtes-vous surpris de vous êtes remis aussi vite dans le bain, après avoir manqué la préparation ?

Non, parce que ça ne reste que de la DH et il y a un bon groupe en place. C’est forcément plus facile de marquer quand tu as de bons joueurs autour de toi. Je pense qu’on n’est pas encore connectés à 100% avec certains, mais parfois la mayonnaise met un peu plus de temps à prendre avec quelques-uns par rapport aux autres. On a quand même réussi à trouver une vitesse de croisière pour pouvoir engranger un maximum de points comme on a pu le faire. C’était une bonne chose de faire ça dès mon retour.

Pensez-vous avoir bonifié la bonne base du début de saison ?

Il y a eu beaucoup de matches nuls avant que j’arrive. J’étais venu voir les matches, ça jouait très bien, ça méritait la victoire, mais peut-être qu’il manquait le maillon pour pouvoir enfoncer le clou quand il fallait. Mon arrivée a permis à certains joueurs de se bonifier, donc c’est une bonne chose pour eux aussi.

A votre âge, vous parvenez toujours à vous motiver pour jouer en Régional 1…

C’est vrai que ça change de jouer au soleil, avec un aspect financier et un engouement complètement différent quand il y a 40000 spectateurs, mais mon esprit compétiteur est toujours là, même à l’entraînement. Quand on n’aime pas perdre, que ce soit en Ligue 1, en DH, ou même les étages en dessous, on veut toujours gagner. C’est dans l’âme. Tant que c’est là, que ce n’est pas perdu, je resterai toujours un compétiteur. Quand on aime le foot, ça demande de faire des sacrifices, faire des déplacements, jouer quand il fait froid, quand il pleut, qu’il n’y a pas forcément du beau jeu et parfois que du combat physique. Ça fait partie d’une carrière de footballeur, même en amateur. On le sent aussi chaque week-end. S’il y en a un où tu ne joues pas et que ça te manque, c’est que ça fait partie de toi et tu as besoin de ça pour pouvoir t’épanouir.

Quand vous veniez aux matches de début de saison, vous avez donc ressenti ce manque…

Ça me manquait, oui, mais c’était l’été, je suis pas mal parti en vacances, et il y avait beaucoup de tournois de padel. D’un point de vue physique et compétition, j’étais déjà dans un sport où ça demandait pas mal d’efforts. On peut dire que ça me permettait d’avoir une espèce de complément. Ce que je ne perdais pas dans le football, je le perdais dans une autre activité. Je ne vais pas cacher que j’étais pisté par d’autres clubs, mais à mon âge, je voulais rendre la pareille au club où j’étais formé. On a fait un bon bout de chemin ensemble parce que j’ai quand même joué quatorze ans dans ce club, j’y ai fait toute ma formation. Revenir dans le coin et aider le club qui m’a formé, c’est une bonne chose. Je m’entends très bien avec Titi (Buengo) qui a été un camarade de parcours, et aussi Christophe avec qui j’avais de très bonnes relations avant de revenir. Tout ça fait que ça reste un peu en famille.

Collectivement, quel regard portez-vous sur le début d’année un peu difficile de l’US Camon ?

D’un point de vue résultats, c’est difficile, mais dans le jeu, on n’a pas été aussi tristes que les résultats peuvent laisser paraître. On est tombés sur de bonnes équipes, il faut dire ce qui est, on a fait beaucoup d’erreurs individuelles que l’on ne faisait pas auparavant. Il faut parfois se remettre en question individuellement. Collectivement, même si on peut faire beaucoup mieux, il y a de bonnes choses dans l’état d’esprit, mais il faut les remettre à chaque match. On a la chance de faire un sport où l’on peut se remettre en question chaque semaine mais il faut que tout le monde puisse le faire, que ce soit après une défaite ou une victoire, pour pouvoir avoir cette envie de prouver que l’on peut toujours faire mieux. C’est ce qui nous manque un peu parfois. Si on fait une victoire, on se repose un peu sur nos lauriers et on le paye cash sur une ou deux erreurs. Je crois que l’on n’a perdu que trois matches sur le début de la saison, c’est un bilan positif. A nous de gommer ou de faire prendre conscience aux jeunes que les détails sont importants et qu’il ne faut rien laisser passer.

Même si l’écart s’est un peu creusé, croyez-vous toujours à cette seconde place qui pourrait ouvrir les portes du N3 en fin de saison ?

La priorité, c’est de finir le plus haut possible. Il y a plein de paramètres qui font que même si à un moment on peut être premier ou deuxième, ce n’est pas pour autant que l’on joue la montée comme certains ont pu le dire. Tout le monde veut jouer la montée, parce qu’on est tous des compétiteurs. Tout le monde veut finir premier ou deuxième. Mais la réalité des choses, c’est qu’on n’a pas les mêmes armes et aujourd’hui, pour un promu, déclarer que l’on joue la montée c’est un petit peu osé. Il fallait revenir sur terre, et je pense qu’on est à notre place aujourd’hui. C’est-à-dire que l’on n’est pas tout en haut, mais on est bien placés pour être dans le bon wagon, ne pas se mettre la pression. Il y a des années de transition. Cette année, il y a eu beaucoup d’arrivées, je crois que l’on n’est que deux ou trois joueurs de l’an dernier à encore jouer. Parfois, ça met un ou deux ans à ce qu’une équipe se trouve bien. Je pense qu’il faut y aller tranquillement. La place que l’on a n’est pas usurpée mais on est déjà très bien par rapport au passé du club.

Cette saison doit donc poser les bases pour l’avenir et que Camon soit un club de haut de tableau de R1…

On y est déjà, mais c’est tellement serré que l’on n’est pas ancré à cette place-là. Il y a de très jeunes joueurs, d’autres qui arrivent, certains qui ne connaissent pas ce niveau parce que ce n’est pas le R1 d’il y a deux ou trois saisons. C’est un palier au-dessus et on joue des équipes qui ont des petites histoires à des niveaux au-dessus. Il y a de grands déplacements, des repas qui se font les jours de match, plein de petites choses que l’on ne faisait pas auparavant. Tout ça fait que ça va permettre à certains d’engranger de l’expérience pour pouvoir se gérer dès l’année prochaine sur une saison complète. Il y a plein de choses à prendre en compte qui font que tout ce capital expérience gagné cette année sera un acquis pour l’année prochaine. Cela nous permettra de progresser sur d’autres compartiments, même par rapport à la structure du club.

On parle beaucoup de la différence de moyens financiers et organisationnels avec les clubs du Nord, mais avez-vous le sentiment que le club progresse sur ces plans ?

Qu’on le veuille ou non, Camon reste un club amateur et familial, même si des efforts sont faits. On a la chance d’avoir Titi qui est un ancien pro, et on sait comment ça se passe, mais il faut pouvoir faire accepter au président ou aux dirigeants en place que ça fait partie de la R1 de pouvoir organiser des déplacements, des repas. Ces choses sont des acquis dans d’autres clubs. Quand ils arrivent dans de grands bus où les joueurs sont à l’aise ou avec un staff de kinés, tout ça fait qu’ils sont en avance. Ce sont des petits détails qui font la différence.

Pensez-vous que Camon va pouvoir tenir le choc sur l’intégralité de la saison ?

Je pense qu’on arrivera à tenir le cap, mais il faut que ceux qui sont un peu en retard ou pas très loin des cadres fassent les efforts de pouvoir pallier les absents pour que l’on ne les ressente pas quand il y a des absences. Il ne faut pas que ceux qui ne jouent pas actuellement se morfondent. C’est un état d’esprit à avoir. C’est un peu la problématique des jeunes d’aujourd’hui de lâcher rapidement, mais pour faire un championnat, ce n’est pas douze ou treize joueurs, c’est seize ou dix-sept ! A tout le monde de mettre le bleu de chauffe pouvoir répondre présent.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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