Après le revers concédé face à Boulogne-sur-Mer (0-1), Alain Pochat s’est livré dans un long entretien. Analyse du match, expérimentation de la défense à quatre, pépins physiques, gestion des temps de jeu, recrutement… Retrouvez l’intégralité de son interview.
Le bilan du match contre Boulogne-sur-Mer et la gestion du temps de jeu
Quel est votre sentiment global sur cette rencontre ?
Alain Pochat : Je pense qu’on a eu les situations pour revenir au score. Après, encore une fois, on encaisse un but un peu bête sur une touche. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on a pu faire jouer quasiment tout l’effectif pendant 90 minutes, c’est ce qui me plaît.
On a fait des changements uniquement avec des garçons qui avaient besoin de reprendre doucement, comme Enzo Couto. Et comme Lucas Llort ressentait une petite gêne, on n’a pris aucun risque avec lui. C’est pour cela qu’on a coupé le temps de jeu de Nolan [Hérissé] et qu’on a fait jouer une mi-temps au joueur à l’essai, Thomas Cordier. Comme ça, Nolan pourra faire 45 minutes demain et atteindre 90 minutes au total. Hormis Oscar [Aïssat] qui a fini un peu entamé physiquement, tout le monde a eu le temps de jeu souhaité.
L’Amiens SC teste la défense à quatre
Expliquez-nous la réflexion autour de ce système à quatre, avec notamment un latéral qui n’hésite pas à venir s’intégrer dans le milieu de terrain…
Alain Pochat : L’idée est de voir comment poser des problèmes à l’adversaire. La problématique face au 3-4-3 boulonnais, c’est que leurs trois attaquants sont très embêtants à gérer. Ce système à quatre qu’on a voulu tester est plutôt destiné à contrer un 3-5-2 adverse. Là, cela permettait à nos latéraux d’être un peu plus libres et d’avoir plus de temps avec le ballon.
C’est une bonne chose parce que ça fait travailler et réfléchir les joueurs pour trouver des solutions. On reverra tout cela à la vidéo pour appuyer sur ce qui a été bien fait et corriger nos sorties de balle.
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Les déplacements des uns par rapport aux autres prennent du temps, d’autant que l’équipe était remaniée. On a fait basculer Rémy [Boissier] en défense centrale parce que Thomas [Monconduit] était au repos forcé. Pour Rémy aussi, c’était une première dans ce rôle, à part un dépannage dans l’axe gauche par le passé. Dans l’ensemble, même si le rythme a un peu baissé sur la fin, les joueurs ont tenu leur rang physiquement sur 90 minutes.
On a encore vu des difficultés sur le plan défensif en première période, notamment sur la gestion de la profondeur…
Alain Pochat : Oui, pourtant je les avais prévenus. Je sais que Boulogne aime déployer un jeu vertical et évoluer en transition. On avait dit : « Attention, il y a Martin Lecolier qui prend la profondeur et va très vite, anticipez. » Il faut s’adapter à ces situations et apprendre à les gérer.
Mais encore une fois, avec Rémy qui découvrait le poste et Enzo [Couto] pour qui c’était le premier match de la prépa après seulement deux séances collectives, il faut y aller étape par étape. J’aimerais que ça aille plus vite, mais il ne faut pas être trop dur avec eux car ils sont très attentifs.
Le bilan de cette expérimentation reste donc positif ?
Alain Pochat : C’était un premier essai à quatre avec des éléments travaillés dans la semaine, mais on ne peut pas tout régler en sept jours, surtout après avoir énormément travaillé à trois derrière. Il y a une gymnastique à faire pour les joueurs qui ont emmagasiné beaucoup d’informations. J’ai connu cela par le passé à Bayonne avec un effectif totalement remanié : il faut du temps pour parfaire les automatismes.
Un essai en demi-teinte pour Thomas Cordier ?
Que pensez-vous de la prestation de Thomas Cordier et où en est la réflexion concernant sa signature ?
Alain Pochat : On va voir. Il va rejouer un peu demain contre Courtrai et on fera le bilan à la fin de la semaine en fonction du profil recherché. Pour lui aussi, l’analyse peut être un peu faussée : il n’a pas joué ni entraîné collectivement depuis le mois de mai, voire avril, en dehors des deux séances faites avec nous.
Cela se ressent sur les données physiques et dans l’impact : ce n’est pas aussi dynamique que s’il avait trois semaines de préparation dans les jambes. On va en discuter avec le staff et Lucas [Clément], analyser les autres profils à disposition et faire la part des choses.
Lassana Diakité, le jeune qui monte
Un mot sur Lassana Diakité, très en vue sur ce match avec des fulgurances mais aussi des choix parfois discutables, notamment plusieurs positions de hors-jeu…
Alain Pochat : C’est un manque de concentration. Il n’est pas toujours connecté au jeu et ne regarde pas l’alignement défensif. Positionné sur le bord de la touche, il voit toute la ligne : il doit juste faire attention et partir au bon moment.
C’est un garçon qui a de vraies qualités et qui nous permet de faire mal dans la percussion et la profondeur. Maintenant, il doit se calibrer dans la réflexion tactique, éviter les gestes superflus et mieux gérer ses efforts. Mais il apporte des choses très intéressantes, que ce soit comme titulaire ou comme joker. Qu’il ait 18 ou 19 ans, peu m’importe : il mûrit. Par rapport au match du Touquet où il était rincé au bout de 20 minutes, là il a tenu 90 minutes, c’est un miracle ! Sa polyvalence est un vrai plus, même s’il doit encore bosser le registre défensif.
Propos recueillis par Romain PECHON
Crédits photo : Anthony Bibard/FEP/Icon Sport
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