Plus d’une semaine après sa deuxième défaite consécutive en trois matchs, l’Amiens SC retrouve le stade Crédit Agricole la Licorne ce samedi. L’occasion d’inverser la mauvaise dynamique actuelle (1 nul, 2 défaites) face au FC Versailles, qui affiche une dynamique inverse à celle des Amiénois. Avant cette 4e journée, Alain Pochat a évoqué son ambition de lancer définitivement la saison picarde.
La réception du FC Versailles
Venons-en au match de demain, qui est très attendu : une grosse réaction est espérée. Le résultat ne paraît pas si évident, mais est-ce que les attitudes sont ce que tu attends principalement sur cette rencontre ?
Oui. Même si au Puy nous sommes déçus de ne pas avoir ramené de point, quand on analyse le match à froid et qu’on regarde les statistiques, il y a des choses mises en exergue à chaud qui sont moins évidentes après coup. Il ne faut pas tout noircir non plus : c’est un groupe qui a besoin de confiance, de sérénité, et il faut qu’on travaille sereinement — ce que l’on fait la semaine.
Il faut qu’on avance tous ensemble pour produire la meilleure prestation possible samedi face à un adversaire de qualité. On l’a encore vu hier, certains matchs se jouent au couteau et c’est très dur de marquer des buts. En l’occurrence, il faut qu’on enfonce le clou sur le secteur offensif : on doit se créer plus d’occasions, être plus instinctifs, plus créatifs, mettre plus d’énergie et effectuer plus de courses…
Quand on attend un déclic ou qu’on veut faire tourner la roue, il faut que ce soit le fait de tout le monde. Ça part de derrière, ça vient de la connexion avec les milieux, des centres… C’est tout un ensemble qu’on travaille au quotidien, et on espère que samedi apportera la confirmation que le travail paye.
N’y a-t-il pas le sentiment, même si ce n’est que la 4e journée, qu’on est déjà sur un match charnière qui peut apporter du répit en cas de bon résultat, ou accentuer les crispations si ça se passe mal ?
C’est une lapalissade, et ce sera la même chose pour tous les matchs. C’est sûr que l’objectif de cette rencontre est de prendre les trois points pour enfin déclencher quelque chose de positif. Si c’est l’inverse, ce sera évidemment négatif et cela rajoutera de la matière aux commentaires déplaisants pour tout le monde.
Sentez-vous déjà de la pression ?
De la pression, il y en a tout le temps.
Versailles est entraîné par un coach que vous devez connaître puisqu’il était l’adjoint de Pierre Sage. C’est une équipe qui est allée gagner à Bastia et qui menait à La Roche avant de s’incliner… Une formation dont il faudra se méfier ?
C’est une équipe qui n’a pas beaucoup modifié son effectif à l’intersaison. Ils voulaient de la stabilité pour faire mieux que la saison dernière et ont annoncé leurs ambitions : monter en Ligue 2. C’est un adversaire de qualité, avec un coach de qualité et beaucoup d’ambition.
Ils ont marqué six buts et en ont encaissé cinq, donc ils sont peut-être aussi un peu friables défensivement. À nous d’être capables de leur poser des problèmes. On sait qu’ils ont un effectif de grande valeur avec des postes doublés et de la qualité partout.
Après, il faut voir La Roche, qui est un promu : si l’on avait fait les pronostics avant le match, tout le monde aurait vu Versailles l’emporter là-bas. À Bastia aussi, ils ont marqué sur deux coups de pied arrêtés plus un penalty. Les matchs sont serrés, à l’image de ce qu me semble marquant ce week-end : il y a un but au bout de trois minutes, puis Caen se casse les dents sur un bloc bas. Gagner 2-0 ou 3-0 ne sera pas évident à chaque week-end.
L’état moral des joueurs après ce début de saison compliqué
Vous restez sur deux défaites consécutives : comment fait-on en tant qu’entraîneur pour remobiliser les troupes ?
Je ne trouve pas que les garçons soient atteints durant la semaine. Ils sont frustrés, ça c’est clair, notamment quand on en discute lors des analyses vidéo d’après-match. Ils sont frustrés parce qu’ils ont l’impression que ça ne veut pas tourner dans le bon sens.
Si Dan Sinaté met son ballon sur le poteau rentrant au Puy, malgré le peu d’occasions — même s’il y en a eu quelques-unes, avec deux opportunités pour Rémi Boissier —, si l’on sort avec le nul, l’atmosphère et l’analyse ne sont pas les mêmes. En tout cas, je ne sens pas un groupe démobilisé, bien au contraire : ils ont à cœur de faire tourner la roue.
Ils travaillent la semaine et sont réceptifs. J’ai vu de bonnes séances d’entraînement. À nous de leur apporter de la confiance et des animations qui permettent de connecter certains joueurs de manière encore plus forte. Il faut que sur le terrain ils soient plus relâchés, plus sereins et qu’ils tentent des choses.
Il faut de la créativité, il faut prendre des risques, centrer, frapper. C’est ce qu’on amène au quotidien dans nos échanges avec le staff pour que les joueurs ne soient pas inhibés et ne se mettent pas une pression supplémentaire. Elle est déjà présente, et l’on sait qu’il y a matière à améliorer certaines choses.
Propos recueillis par Benjamin HERMEL
Crédits photos : Philippe Lecoeur/Icon Sport
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