À l’occasion de la traditionnelle conférence de presse d’avant-match, c’est Adrien Julloux qui accompagnait son entraîneur Alain Pochat. Face aux médias, le défenseur s’est exprimé sur le début de saison de l’Amiens SC ainsi que sur le match à venir face à Versailles.
Ses premières semaines au club
Vous qui avez voyagé un petit peu partout, la Picardie, vous ne la connaissiez pas avant de venir ici ?
Non, pas tellement. Je découvre un peu. J’étais venu une fois au stade, c’est une nouveauté. Que ce soit individuellement ou en famille, on s’y plaît, et dans l’équipe aussi. On a donc tout pour performer. Il faut que les choses se mettent en place et l’année va bien se passer.
À titre personnel, après quelques semaines ici, vous ne regrettez pas votre choix ? Quelle était votre motivation en venant dans un club qui vient de descendre ?
La motivation, c’était de retrouver le niveau avec du temps de jeu, plus que ce que j’ai pu avoir l’année dernière. D’un point de vue familial, c’était une bonne alternative aussi parce qu’on se rapproche un petit peu de la famille — ça, c’est personnel. Mais non, on est dans un club qui est ambitieux, qui veut retrouver une dynamique plus positive que celle qu’il a pu avoir dernièrement. L’idée, c’est donc de participer à cela.
Son regard sur le début de saison amiénois
Le début de saison n’est pas celui qu’on attendait — on imagine que pour vous non plus. On attend une grosse réaction demain : dans quel état d’esprit êtes-vous ? Un peu sous pression ?
Oui, forcément. Tout le monde est impatient d’avoir des résultats un peu meilleurs. L’équipe, le staff : tout le monde fait le maximum pour trouver des solutions, passer cette première marche et vraiment prendre des points. C’est ce qui compte.
Je pense que ces premiers points pris vont être un déclencheur pour la suite, parce qu’on a eu des résultats plutôt positifs auparavant, même si ce n’était que des matchs amicaux. Il y a donc une petite frustration et une envie collective certaine de vraiment forcer la décision.
Justement, la déception autour des résultats vient du décalage entre l’enthousiasme affiché en préparation et, d’un coup, une équipe qui s’éteint dès le début de la compétition…
Oui, c’est difficile à expliquer. D’un sens, c’est aussi positif : si on avait eu des matchs de préparation où rien n’allait, on se poserait encore plus de questions. Là, on sait qu’on a réussi à le faire. Il faut donc retrouver une petite confiance, une énergie supplémentaire. On l’a déjà fait, il faut le reproduire, s’appuyer sur ce qu’on a fait de bon et corriger ce qui doit l’être.
Qu’est-ce que c’est ? La compétition ? C’est l’enjeu qui a commencé à inhiber les joueurs ?
Je ne sais pas, c’est difficile à dire. C’est peut-être propre à chacun. On sait aussi qu’on a une équipe relativement jeune : dans l’effectif, je pense qu’à peine la moitié des joueurs avaient déjà découvert ce niveau ou joué plus haut. Forcément, il y a peut-être des repères à prendre. On sait aussi que l’intensité des matchs amicaux est souvent différente de celle de la compétition.
D’un point de vue défensif, pour le moment, vous n’avez pas encore encaissé de but dans le jeu, ce qui est positif. Qu’est-ce qu’il manque selon vous dans cette équipe ?
L’idée globale, c’est que marquer un but dans le jeu va nous donner une énergie supplémentaire et sera un signal positif pour aller encore plus de l’avant. C’est positif de peu encaisser, au moins on est solide. Mais on sait que ce premier but va faire du bien à tout le monde et servira de moteur.
Son opinion sur les deux recrues amiénoises
Deux joueurs sont arrivés cette semaine : Enzo Genton en défense et Christ Letono devant. Comment les as-tu sentis, eux qui n’ont pas vécu le même début de saison que vous ? Est-ce que ça apporte un vent de fraîcheur ?
Ils sont aussi là pour ça, pour apporter un complément dans l’effectif. Donc oui, ce sera certainement leur rôle, même si nous devons être les moteurs là-dedans. On a encore passé peu de temps ensemble, on apprend toujours à se découvrir. Mais c’est l’idée du staff et de l’équipe de s’appuyer sur chacun pour performer.
Ce sont des automatismes en plus à trouver avec de nouveaux joueurs ? On sait que l’effectif a pas mal changé cette saison. Vous apprenez encore à vous connaître sur le terrain ?
Oui, c’est sûr. Après, on est toujours curieux. Je pense que c’est dans notre nature : on sait que ça bouge régulièrement et il y a beaucoup de choses à apprendre avec chacun des joueurs qui nous entourent. Ce sont toujours des nouveautés, mais ça fait partie de notre quotidien.
La réception de Versailles au stade Crédit Agricole la Licorne
Vous avez joué contre Versailles à l’époque avec Nancy, un club qui a un gros projet depuis plusieurs années. Est-ce que tu les vois à nouveau comme un candidat sérieux à la montée ? Un adversaire solide en tout cas ?
Oui, comme à peu près la moitié ou une bonne moitié des équipes du championnat. Il y a beaucoup de clubs bien préparés, que ce soit dans l’effectif, la structuration ou le plan financier. On sait que ce sera un gros prétendant, mais on sait aussi qu’en Ligue 3, rien n’est acquis.
On peut avoir des surprises, on l’a vu hier encore. Même si sur le papier Bastia descend de Ligue 2, avec le début de saison de Caen, rien n’était écrit d’avance. Il y aura toujours des surprises.
Vous allez retrouver la Licorne, une atmosphère spéciale. Vous avez perdu le premier match et il n’y a pas eu beaucoup de victoires l’an dernier. Vous sentez une atmosphère particulière ici ? Est-ce vraiment un atout de jouer à domicile ?
Il faut que ce soit un atout, et c’est à nous de le créer. On sait qu’on en sera les acteurs : des résultats positifs provoqueront une atmosphère encore plus spécifique à domicile. C’est nous qui devons être à l’initiative de cela, c’est certain.
Son avis sur la Ligue 3
La déception générale, chez les supporters et le grand public, vient des mauvais résultats contre des équipes qui ne sont pas des affiches glamour (La Roche-sur-Yon, Le Puy, etc.). Ici, beaucoup se sont dit que ça allait passer facilement. C’est ce qu’il faut faire comprendre à tout le monde : ce championnat, contre des équipes de moindre notoriété, est extrêmement compliqué ?
Oui. Et ce qui est fou, c’est que gagner contre une « petite » équipe n’est pas plus facile que contre une grosse, et ça rapporte le même nombre de points. Ce sera comme ça toute la saison, ça l’était les saisons précédentes, et c’est ce que j’ai déjà vécu. Tous les points seront bons à prendre et auront la même valeur.
Ceci dit, on est en droit d’attendre mieux, vous le premier ?
Oui, c’est ça, c’est ce que j’expliquais un peu plus tôt. On sait que les premiers vrais points — parce qu’un match nul, ce n’est pas ce qu’on vise réellement — vont nous lancer pour la saison. C’est ce qu’on imagine tous dans l’équipe.
Vous avez dit que gagner contre une petite équipe vaut trois points, mais aujourd’hui, dans ce championnat, y a-t-il vraiment de « petites » équipes ?
Ce n’est pas facile à définir, c’est sûr. Si l’on juge l’aspect financier, il y a certainement des équipes inférieures, mais on sait que dans tous les cas, ce n’est jamais plus facile d’aller gagner sur certains terrains.
Son rôle de leader au sein de l’effectif
Vous allez bientôt avoir 30 ans. Vous apparaissez au même titre que Suljic, Boissier ou Monconduit comme un cadre, même si vous venez d’arriver. Il n’y a pas que des jeunes ou des joueurs de N2/N3, il y a vous aussi, et personne ne sort vraiment du lot pour l’instant. Est-ce que vous devez montrer l’exemple sur ce match ?
Oui, c’est certain. Il faut qu’on soit à l’initiative, qu’on montre l’exemple et qu’on emmène tout le monde dans le même bateau pour former une vraie équipe. Après, plutôt que de faire briller les individualités, je pense qu’il est essentiel de montrer un collectif fort. Ce sera bien plus efficace, c’est certain.
Propos recueillis par Benjamin HERMEL
Crédits photos : Baptiste Fernandez/Icon Sport
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