Après avoir signé sa première victoire contre Versailles, l’Amiens SC entend bien confirmer face à Bastia, samedi à l’occasion de la 5e journée de Ligue 3. Dans un stade Armand-Cesari chauffé à blanc pour le retour du public corse, les hommes d’Alain Pochat devront faire preuve de sang-froid mais également d’ambition selon l’entraîneur amiénois. Entretien.
Le contexte : un déplacement sous haute ferveur à Furiani
A quel type de match vous attendez-vous face à Bastia ?
Je suppose qu’ils sont ravis de retrouver enfin leur public, qui est un atout supplémentaire pour mettre une ambiance autour de l’équipe. Surtout qu’ils sortent d’une victoire qui leur a fait du bien contre Caen, un adversaire du haut de tableau. Ils vont surfer là-dessus et avec le retour du public pour espérer gagner ce fameux match à domicile, qu’ils n’ont pas gagné depuis très longtemps. A nous de les embêter un peu quand même.
Est-ce que le retour des supporters change la donne ?
Forcément. Quand les gens ont été frustrés et sont impatients de retrouver le stade — parce qu’il y a de véritables passionnés autour de ce club —, il y aura du monde avec l’envie de vivre ces moments. C’est toujours frustrant pour un public d’être privé de son équipe. Là, je pense qu’il y aura une très belle ambiance, avec beaucoup de ferveur.
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Après Fleury, La Roche, Le Puy, Versailles, Bastia sonne plus comme un club de Ligue 2. Cela change-t-il la manière d’appréhender le match ?
Non. Ils sont en Ligue 3 comme nous. C’est un nouveau championnat, un nouveau groupe, un nouveau staff, même en face. On ne peut pas comparer les deux histoires.
Depuis le début de saison, on voit une équipe peut-être un peu « trop gentille » sur ce début de saison. Est-ce que ces déplacements dans le Sud, avec une certaine hostilité ambiante, constituent l’occasion de voir ce que vos joueurs ont vraiment dans le ventre ?
Il y a différentes façons de voir les choses, mais j’ai l’impression qu’on observe souvent le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. J’ai entendu dire que la victoire face à Versailles était un peu flatteuse… Marquer trois buts, ce n’est jamais un hasard. Quand on attendait cela depuis un moment, il faut aussi savoir souligner le positif. Maintenant, il est vrai que nous affrontons deux gros morceaux consécutivement.
Si l’on regarde leurs résultats récents, ils ne survolent pas le championnat pour autant : Bastia a perdu deux fois et gagné deux fois, tandis que Cannes vient seulement de décrocher sa première victoire. Ce championnat de Ligue 3 est extrêmement homogène. À chaque match suffit sa peine. Mais ces deux tests à l’extérieur sont une opportunité. C’est ce que j’ai dit aux joueurs : si vous voulez marquer les esprits et prouver que vous avez un groupe compétitif dans ce championnat, ramener des résultats de Bastia et de Cannes serait très positif pour tout le monde.
Une équipe toujours en rodage
Avez-vous le sentiment que votre équipe est prête pour ce double défi ?
Il y a une phase d’apprentissage incompressible. Nous sommes une équipe jeune — il suffit de regarder la moyenne d’âge alignée contre Versailles. La maturité dans le jeu et dans les duels ne s’acquiert pas d’un claquement de doigts. C’est ce que nous mettons en exergue lors des retours vidéo et des séances d’entraînement : chacun doit prendre conscience des ingrédients à ajouter pour acquérir une consistance qui amènera de la régularité au niveau des résultats.
Craignez-vous un peu le contexte corse, qui plus est avec le retour du public ?
De mon côté, j’ai simplement mis l’accent sur le fait que Bastia retrouvait son public. Il ne faut pas en faire des caisses sur le contexte particulier, mais plutôt aborder ces matchs avec enthousiasme. Je préfère jouer dans un stade plein avec de la ferveur. Pour nos jeunes joueurs, c’est un excellent apprentissage : il faut savoir gérer ses émotions, faire abstraction de la pression populaire et ne pas se laisser inhiber quand l’adversaire pousse. Ces matchs télévisés face à de belles équipes doivent nous galvaniser. Il faut montrer qu’on a envie de bien faire, face à une belle équipe, dans un beau stade. Cela met tout le monde en valeur.
Quel est le rôle des cadres dans l’accompagnement de cette jeunesse ?
Les cadres accompagnent parfaitement le groupe, que ce soit en dehors du terrain ou sur la rigueur au quotidien (prévention des blessures, récupération, alimentation). Il a fallu mettre des choses en place avec certains. Les plus jeunes ne peuvent que s’inspirer des cadres, qui ont pas mal de matchs au compteur dans le monde professionnel. Sur le terrain, il y a des leaders par la voix, par la technique ou par le tempérament. Je pense notamment à Cazim (Suljic), qui affiche un rendement très intéressant depuis le début et se montre extrêmement exigeant avec tout le monde. Même blessé, Thomas Monconduit est présent auprès du groupe pour éviter tout relâchement. C’est un travail collectif.
Propos recueillis par Benjamin HERMEL
Crédits photo : Anthony Bibard/FEP/Icon Sport
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