Dans cette seconde partie de notre grand entretien exclusif, Yannick Pandor se confie sur ses ambitions avec l’Amiens SC, après avoir évoqué en tout sincérité l’électrochoc au sein du vestiaire au sujet de la situation d’Alain Pochat en début de saison, sans oublier le rôle déterminant de Lucas Clément.
L’Amiens SC regarde vers le haut
Yannick, l’Amiens SC est la meilleure défense du championnat avec quatre buts encaissés, dont un seul dans le jeu. Comment expliquez-vous cette performance ?
C’est déjà le travail du staff, qui a insisté sur la solidité défensive avant tout. Ensuite c’est la communication entre nous, on arrive à se dire les choses, on arrive à régler les choses. Moi, de derrière, j’arrive à régler certains problèmes, à discuter avec le staff. En fait, c’est aussi le lien très proche qu’on peut avoir avec le staff, on peut parler avec n’importe quel membre du staff pour régler les soucis et ça c’est top.
Maintenant, on voit que des automatismes se créent. Ça a été très dur au début parce qu’on vient d’endroits différents, avec des principes différents sur la défense et au final on a réussi à nous réunir là-dessus et à avoir un point commun sur nos principes défensifs. Désormais, la défense est un atout clair chez nous. Il faut continuer comme ça.
Avec une telle défense et une attaque qui commence aussi à tourner à plein régime, vous avez de solides atouts pour jouer la montée. C’est clairement l’objectif ?
(Sourire) On ne va rien dire sur ça, mais nous on sait qu’on veut donner le maximum à chaque match pour gagner. Forcément, on a ça en tête. Amiens est un club qui mérite d’être au-dessus. On sait que c’est très compliqué pour un club qui descend de Ligue 2 de remonter directement, mais on ne se prend pas la tête, on n’a pas de pression particulière pour faire un résultat à chaque fois.
On sait ce qu’on est capable de faire, on sait qu’on peut battre toutes les équipes de ce championnat, on n’a peur de personne, donc forcément on va tout donner à chaque match et quand on n’aura pas gagné, on aura un regret forcément parce qu’on sait de quoi on est capable et que si on donne tout sur un terrain, on doit gagner chaque match.
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Vous n’avez pas encore joué contre tout le monde, mais on sent un projet de jeu se mettre en place, avec une des meilleures expressions collectives du championnat. Avez-vous le sentiment d’avoir un vrai coup à jouer cette saison ?
Exactement et c’est ça le plus important. Quand on est venu, qu’on a signé pour ce club, on a d’abord eu des discussions avec l’entraîneur. On connaît son projet de jeu, ce qu’il veut mettre en place. En plus, le coach est un fin tacticien, il essaie de régler tous les soucis. C’est génial de travailler sous ses ordres. On ressent son travail au fur et à mesure.
Au début, c’était compliqué, il y a eu beaucoup de discussions autour de lui, pour savoir si ça allait fonctionner, si les résultats allaient venir. Au final, ça lui donne raison et on est contents de ça, parce qu’on est tous derrière lui. On a tous envie de pouvoir continuer comme ça, à avoir des résultats.
Pochat-Clément, un duo complémentaire

Vous avez parlé du coach. Comme pour l’équipe, le match face à Versailles semble avoir été un tournant pour lui. À l’issue de la rencontre, il a clairement fait comprendre qu’il aurait pu être limogé en cas de mauvais résultat. Aviez-vous conscience de cela ?
Bien sûr, on n’est pas aveugle. On connaissait la situation d’avant notre arrivée, on savait que c’était un match à risque pour lui, ou au moins les matchs à venir si on n’avait pas de résultats. De notre côté, on est derrière lui, on veut qu’il soit là toute la saison parce qu’on a un vrai plan de jeu, une vraie structure. On a tout donné sur ce match. Notre déclic vient peut-être aussi de là, de cette pression de savoir qu’il pouvait partir à tout moment. Ça a débouché sur ce match et maintenant la dynamique est lancée.
Dans cette période difficile, un homme a également pris les choses en main, il s’agit de Lucas Clément avec une prise de parole remarquée après la défaite au Puy-en-Velay. En quoi cela vous-a-t-il fait réagir et plus concrètement quel est son impact au quotidien ?
Ce qui est top avec Lucas Clément, c’est qu’il est proche de nous. Il veut savoir comment ça se passe, il veut régler beaucoup de choses et on sent sa présence, ça nous fait du bien aussi nous joueurs d’être soutenus par notre directeur sportif. C’est rare qu’un directeur sportif soit aussi présent. Il sait aussi nous parler au bon moment, quand ça ne va pas, quand il y a des petits soucis dans le vestiaire. Il sait nous recadrer et nous remettre directement dedans.
Lucas Clément, je le connais depuis longtemps (…) Je savais que ça allait bien se passer.
Yannick Pandor, gardien de l’Amiens SC
Il peut aussi avoir un point de vue extérieur par rapport au coach. Il peut nous dire les choses différemment par rapport aux prises de parole du coach, il peut être un peu plus cash. Franchement, ce mix entre les deux est ce qu’il nous faut pour assurer une bonne discipline. Après, Lucas Clément, je le connais depuis longtemps et c’est en grande partie pour lui que je suis ici. Il m’a convaincu directement, je sais comment il fonctionne, il travaille. Je savais que ça allait bien se passer.
Yannick Pandor veut grandir avec l’Amiens SC
Ce projet, vous y croyez, même si vous êtes aussi venu pour Lucas Clément. Cependant, votre avenir au club dépend-il d’une montée en fin de saison ou êtes-vous prêt à vous accrocher, avec l’idée que ça peut prendre deux ou trois ans ?
Je suis prêt à m’accrocher parce que, comme vous l’avez dit, je crois énormément à ce projet. J’aime le club, j’aime ce qui l’entoure, les structures, le staff. Après, on ne sait jamais de quoi demain est fait, on ne sait pas ce qui peut arriver pour moi comme pour le club. Le staff peut changer… En tout cas, je suis content d’être ici et j’ai envie de perdurer avec le club, le faire monter et connaître d’autres choses encore. J’espère que ça va se passer comme ça.
En attendant, que peut-on vous souhaiter pour le reste de cette saison ?
Personnellement, continuer les clean sheets. Si c’est le cas, ça veut dire qu’on sera encore au top et en haut du classement. Surtout, c’est de me rétablir vite et de revenir à 100%, pouvoir faire le maximum de matchs. Collectivement, on espère tous être le plus haut possible au classement en fin de saison.
On sent au fur et à mesure de la saison qu’il y a un engouement qui commence à venir autour de notre équipe (…) Tous ensemble, on peut aller très loin.
Yannick Pandor, gardien de l’Amiens SC
Lors de ce mois d’octobre, le club fête son 125e anniversaire. Quel message aimeriez-vous adresser aux supporters qui demandent encore d’être convaincus pour revenir au stade ?
C’est vrai qu’il y a une petite marge. Franchement, j’espère qu’ils vont déjà venir très nombreux pour l’anniversaire du club (le match face à Thionville, le 29 octobre, ndlr). Ce moment est très important et on va essayer de le rendre encore plus beau durant le match. On sent au fur et à mesure de la saison qu’il y a un engouement qui commence à venir autour de notre équipe. On sait aussi que ça va passer par eux, parce qu’il y a de très bons supporters ici. Tous ensemble, on peut aller très loin. J’espère vraiment qu’on pourra faire la fête avec des supporters qui viendront nombreux dès le prochain match.
Tous propos recueillis par Romain PECHON
Retrouvez la première partie de notre grand entretien avec Yannick Pandor

