Amiens SC : « Un vrai match de Coupe contre une équipe qui vendra chèrement sa peau », Alain Pochat méfiant avant Steenvoorde

À la veille du déplacement sur la pelouse de Steenvoorde pour le sixième tour de Coupe de France, l’entraîneur de l’Amiens SC Alain Pochat s’est confié en conférence de presse. Gestion du groupe, adversaire bien analysé, série d’invincibilité et marge de progression : découvrez l’ensemble de ses déclarations.

Steenvoorde ? un adversaire bien identifié

Steenvoorde est un club en pleine ascension récemment. Qu’est-ce que vous connaissez de cette équipe, cette saison ?

Oui, j’ai eu plein d’infos. Forcément, on s’est renseignés. Après, c’est une équipe qui vient de monter, qui était dans la poule de Boulogne donc Lucas Clément aussi les a rencontrés deux fois la saison dernière, il m’a donné quelques infos. Après, je me suis renseigné avec les différents coachs qui les ont joués récemment.

Ils ont eu un début de championnat un peu difficile. Ils avaient déjà démarré dans un système. Et puis, en ayant pris pas mal de buts contre Balagne (5-0) et contre Lille (0-3), ils ont changé leur système de jeu. Donc là, ils sont revenus à quelque chose de plus pragmatique, plus défensif. Avec plutôt, on va dire, un 5-2-3 ou un 5-4-1, ça dépend défensivement.

Donc c’est une équipe qui est mature, il y a des joueurs d’expérience. Moi, j’en ai connu un d’ailleurs qui est passé par Boulogne à l’époque où j’y étais, Victor Thelot, qui était un ancien attaquant qui joue au milieu. Après, il y a (Maxence) Terrier, le frère de celui qui joue en pro (Martin Terrier), qui a été replacé dans l’axe derrière…

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Donc il y a une équipe mature, expérimentée, avec quelques jeunes aussi, mais qui a dans son ADN, l’habitude de défendre le bout de gras, de faire des coups en Coupe, puisqu’ils l’ont fait la saison dernière avec Chambly.

Ils ont eu après un tour où il y a eu une série de penaltys très très longue, d’après ce que j’ai pu comprendre. Et avec une ferveur autour du terrain qui est là aussi, et qui pousse son équipe. Donc le vrai match de Coupe avec une équipe qui vendra chèrement sa peau. Donc on est avertis !

Avez-vous eu l’occasion de les voir la semaine dernière à Croix, comme vous l’aviez fait pour Abbeville ?

Non, le timing était un peu serré pour moi, puisqu’on jouait Valenciennes avec les contraintes qu’on avait. En plus, je savais qu’il était filmé, j’avais les images. Ça aurait été à Steenvoorde, peut-être qu’on aurait envoyé quelqu’un, parce que c’était dans un contexte vraiment comme on allait le vivre.

Là, c’était sur un synthétique à Croix… Puis au final, j’ai bien fait, il n’y a pas eu de but. Puis Croix a joué à 10 toute la deuxième mi-temps. Donc ça a faussé aussi un peu peut-être la confrontation. Mais voilà, on a quand même eu trois matchs en vidéo, donc je pense qu’on les connaît.

La gestion du groupe

Avec le match qui se profile jeudi, quel type d’équipe vous pensez aligner ce samedi en Coupe de France ?

Il faut déjà aligner la plus compétitive possible parce que l’objectif, c’est de passer un tour de plus. Après, il faut prendre en compte, justement, le fait qu’on joue jeudi, un match très rapproché. Les petits handicaps qu’on a eus dans la semaine avec les malades, certains petits bobos.

Quels sont les joueurs qui ont besoin peut-être de couper ou qui ne sont pas dans leur meilleure forme pour jouer samedi. Donc, on fait un mix de tout ça. De toute façon, on alignera une équipe compétitive pour jouer ce match mais c’est vrai qu’on doit tenir compte de tous les paramètres et continuer à avancer dans cette compétition. C’est le but.

Justement, est-ce que cette compétition vous permet, malgré tout, de faire gagner en rythme certains joueurs qui jouent peut-être un petit peu moins ? Ça peut être une opportunité là-dessus ?

Oui, de toute façon, le but du jeu, c’est qu’on garde tout le monde compétitif, tout le monde prêt à jouer parce qu’il y aura certainement beaucoup de joueurs qui joueront samedi et jeudi, par rapport à la force du moment, par rapport aux absents… Tout le monde a sa carte à jouer et tout le monde doit être là, prêt au bon moment, quand on fait appel à eux.

Et puis, encore une fois, je préfère jouer des matchs de compétition comme ça que de programmer des matchs amicaux qui ne sont pas toujours évidents, des fois c’est une contrainte pour les joueurs. Donc, ça ne colle pas avec vraiment ce qu’on veut voir.

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Et là, je pense qu’il y a des garçons qui savent très bien que de jouer un match de Coupe de France, c’est l’occasion pour eux de se montrer, mais aussi de garder le rythme, d’être dans la compétition, et pour nous, de les voir à certains postes, parce que des fois, il y a des suspendus, des fois, il y a des blessés.

Et puis, c’est à ces joueurs-là de montrer que quand on fait appel à eux, comme Nolan (Hérissé) l’a fait contre Orléans, par exemple, ou d’autres, ou Gatien Foll, qui est rentré le dernier match à Valenciennes. Voilà, c’est des garçons, il faut qu’ils soient dans le rythme.

Mais il n’y a rien de tel que la compétition, parce que les entraînements, c’est bien. Mais la compétition, c’est le juge de paix pour eux, aussi pour nous, pour faire un état des lieux à chaque fois, pour chaque rencontre, et avoir un groupe compétitif.

La série d’invincibilité, source de motivation ?

Vous êtes sur une série de 8 matchs sans défaite. Est-ce que ça sur-motive votre groupe ?

Je ne sais pas si ça les sur-motive, mais disons que c’est vrai que c’est une série qu’on a envie de faire durer le plus longtemps possible. Là, c’est une compétition différente. On sait que quoi qu’il arrive, comme je l’avais dit le tour précédent, il n’y a qu’un qualifié, donc il faut, coûte que coûte, tout faire pour passer ce tour. Ça fera partie de la série aussi, mais ce n’est pas l’unique objectif.

La série, bien sûr, on la regarde quand on fait un bilan avec du recul, mais sur l’instant T, quand on rentre sur le terrain, on ne pense pas à la série. On pense à passer le tour, à faire un gros match, mettre les ingrédients qu’il faut. On sait que ce sera un vrai match de Coupe, comme on a l’habitude d’en voir. Si ça fait perdurer la série, ça voudra dire qu’on a passé un tour de plus, et c’est tant mieux.

Il y a une bonne dizaine de matchs déjà qui ont été joués par votre équipe. C’est quoi le domaine sur lequel vous avez envie que votre équipe passe un step en plus en ce moment, dans son état de forme ?

Par moments, gérer les temps des matchs. Parce que si je prends les derniers matchs à l’extérieur, c’est ce que j’ai dit après le match de Valenciennes, c’est qu’il y a des temps de match où on doit être efficace et décisif.

Par exemple, quand on a un temps fort, qu’on domine l’adversaire, qu’on a des occasions pour enfoncer le clou quand on est à 1-0 à Valenciennes, quand on est à 11 contre 10 à Cannes, ou à QRM aussi, où on domine, on domine, on domine, et il faut marquer un but pour l’emporter.

Et à l’inverse, peut-être que ce qu’on n’avait pas oublié de faire jusqu’à présent, puisque quand on avait ouvert le score et on n’avait jamais pris deux buts en deuxième mi-temps, à Valenciennes, même si encore une fois, je pense que c’est un but un peu casquette.

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C’est un corner renvoyé, remis dans la boîte et un penalty … Mais je pense que c’est de l’apprentissage, des temps du match et sur la maîtrise collective. Aussi, savoir, même à 1-0, tenir le ballon, même quand l’adversaire veut pousser pour revenir au score.

Savoir faire courir l’adversaire, ne pas être géré par les émotions parce que le stade pousse, parce qu’il y a trois corners d’affilée. C’est un peu tout ça qu’il faut que les jeunes apprennent. Mais il n’y a que dix matchs au final.

La météo et les temps de repos : des facteurs importants à prendre en compte ?

Les conditions atmosphériques doivent vous perturber dans les entraînements, notamment cet après-midi? Et puis, est-ce que le déplacement à Steenvoorde, compte tenu des manifestations également qui vont se dérouler un peu partout en France, est-ce que vous allez avancer le départ ?

Oui, il y a un départ qui a été prévu samedi matin, pour pouvoir faire un repas le midi et faire une sieste et une collation sur place avant de nous rendre sur place à Steenvoorde. Après les conditions météo, on n’a pas le choix, c’est comme ça… Maintenant, cet après-midi, on va être à peu près dans les mêmes conditions qu’on va retrouver, je pense, demain. Donc c’est bien, ça nous met tout de suite dans le bain.

Les joueurs qui ne joueront pas demain, joueront pratiquement dimanche contre Gamache (avec la réserve) ?

Non parce que justement, le match est tellement rapproché derrière qu’on ne peut pas se permettre de faire jouer des garçons dimanche avec le risque de prendre des cartons, des blessures. Surtout pour des garçons sur qui on compte, si on les a mis au repos ou s’ils sont suspendus.

Parce que c’était des garçons qui étaient titulaires les matchs précédents. Je pense que la prudence fait qu’on veut les garder pour qu’ils soient compétitifs. Parce que le match arrive vite derrière. Et dimanche, jeudi, ce n’est pas possible, parce qu’il faut au moins deux jours de récupération.

Propos receuillis par Benjamin HERMEL

Crédits photos : Icon Sport

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