Alain Pochat avant Aubagne – Amiens SC : « Si on y va la fleur au fusil, on prendra le boomerang »

À la veille du déplacement à Aubagne pour la 12e journée de Ligue 3, l’entraîneur de l’Amiens SC Alain Pochat a dressé un état des lieux sans langue de bois. Entre le piège du terrain, la gestion des faits de jeu et la nécessité de faire preuve d’un état d’esprit « caméléon », le technicien amiénois appelle ses troupes à un surplus d’humilité.
Une prudence de mise
Comment avez-vous préparé ce long déplacement, l’un des plus longs de la saison ?
Cela fait partie des éléments de ce championnat. On voyage un peu partout dans toute la France. Pour avoir connu des clubs où on part de très loin, où la logistique pour rejoindre un aéroport ou une gare est compliquée, ici on est à une heure de Paris. On va aussi avoir la chance de prendre l’avion. En une heure on est à Marseille. On ne va pas en Roumanie ou je ne sais où. On ne change rien par rapport à nos habitudes, on garde le même timing.
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À quel type de match vous attendez-vous ?
C’est surtout l’état du terrain qui nous questionne. Je sais aussi que depuis trois jours il pleut énormément sur Marseille. Déjà qu’il n’est pas terrible à la base… Sûrement qu’il va falloir s’adapter à ces conditions aussi. Techniquement, si c’est un peu compliqué, ce sera peut-être plus du combat. On en a parlé avec les joueurs pour qu’ils soient prêts mentalement. Pour certains, ils s’en doutent, ils ont vu des images du match là-bas.
Vous évoquez souvent votre envie d’avoir une équipe « caméléon ». C’est le match parfait pour le prouver…
Exactement. C’est comme en Coupe de France. Ce sera le même schéma. On passe d’un stade comme Valenciennes ou ici, chez nous, à Aubagne. C’est un stade un peu différent. Il faut être capable de répondre présent dans les deux cas de figure. Honnêtement, on préfère jouer dans de beaux stades, avec de beaux terrains, une ambiance autour qui colle plus. Maintenant, c’est aussi la beauté du football. Des clubs comme Aubagne, de par leur travail, ont réussi à monter en Ligue 3. Il faut respecter ça aussi.
L’Amiens SC se cherche encore offensivement
Récemment, vous avez laissé filer des points à l’extérieur contre des adversaires à votre portée. Comment l’expliquez-vous ?
Cela vient de l’adversité. Si on regarde Valenciennes, on n’a pas eu la capacité à enfoncer le clou quand on menait 1-0. On a eu les occasions pour alourdir le score. Ensuite, on prend un penalty un peu… Ce sont des faits de jeu. Les contenus sont quand même intéressants. On sait aussi que tous les matchs ne sont pas simples. Il faut être capables de tenir un score, notamment à 1-0, à dix minutes de la fin, comme à Valenciennes, ou alors se mettre à l’abri avec le nombre de situations qu’on peut se procurer.
Offensivement, il faut peaufiner les choses, animer un peu différemment pour ne pas être trop lisibles.
Alain Pochat, entraîneur de l’Amiens SC.
Quelle est la principale marge de progression de votre équipe selon vous ?
Dans nos temps forts, il faut réussir à enfoncer le clou maintenant. Je pense que les statistiques parlent d’elles-mêmes. Contre Thionville, face à des blocs un peu renforcés, il faut être capables, peut-être avec moins d’occasions franches, de marquer et de prendre l’avantage. C’est ce qui fait changer la donne du match. Cela oblige l’adversaire à sortir et à libérer des espaces. Contre Thionville, on les a vraiment mis sur de bons rails, dans leur schéma, à savoir défendre, attendre et contrer. C’est vraiment dans ce secteur qu’il faut peaufiner les choses, animer un peu différemment pour ne pas être trop lisibles. Collectivement, dans l’aspect défensif, on est plutôt cohérents.
Propos recueillis par Benjamin HERMEL avec Romain PECHON
Crédits photo : Anthony Bibard/FEP/Icon Sport