Entraîneur de l’Amiens SC entre 2021 et 2023, Philippe Hinschberger n’est pas réputé pour avoir sa langue dans sa poche. A l’occasion d’un entretien accordé à la chaîne Youtube de notre confrère Hugo Jaskowiak, le technicien de 66 ans a donné son avis sur la récente descente du club picard en Ligue 3.
L’Amiens SC mérite son triste sort
C’est l’histoire d’un énorme gâchis. Ou comment résumer en une phrase le point de vue de Philippe Hinschberger à propos de la situation actuelle de l’Amiens SC. Un club qui a, selon lui, pourtant tous les atouts pour prétendre à beaucoup mieux qu’un redémarrage en Ligue 3 en août prochain.
« Dans ses structures, dans son fonctionnement, c’est un club de Ligue 1, assène le Lorrain. Après, ils ont accumulé les conneries, c’est un peu bien fait pour eux. Ils savent exactement ce que j’en pense. Ils connaissent mon sentiment. Quand tu fais autant d’erreurs, tu paies. »
Après avoir joué avec le feu pendant des années entières, Amiens a fini par payer l’addition en fin de saison dernière. Une issue qui découle d’un mode de fonctionnement arrivé à bout de souffle, qui avait déjà montré ses limites lors du passage de Philippe Hinschberger à la tête du club.
Un chantier permanent
« Tu arrives à Amiens, le président te dit ‘tu sais, faut qu’on vende pour 6 millions de joueurs cette année. Je dis : ‘ah bon, mais quand ?» Il me dit : ‘n’importe quand’, raconte le prédécesseur d’Omar Daf sur le banc de touche amiénois. Le problème, c’est qu’on peut te faire une très bonne équipe, mais perdre la moitié de l’équipe dans la saison. »
« Tu commences avec 40 joueurs, puis tu en as plus que 30. Avant la première journée de championnat, sur le mois de juillet, la première année, je crois qu’on a eu 32 mouvements de joueurs, entre ceux qui arrivent, ceux qui partent. Tu verrais le chantier », poursuit Hinschberger, qui n’était pas encore au bout de ses peines.
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Et pour cause, sa deuxième année à la tête de l’Amiens SC sera encore plus agitée que la première en plus de s’avérer inachevée. « On était premier, fin octobre, avec Bordeaux, quand ils m’ont vendu Aliou Badji (31 août) et après Tolu Arokodare (31 janvier). Tu es premier et on te vend tes joueurs. C’est quand même un peu bizarre. Et il (le président Joannin, ndlr) me prend Papiss Cissé, 38 ans, qui a mis 10 buts quand même, mais pendant 3 mois c’était un fantôme et toi (il mime un bateau qui coule) ».
La nouvelle vie de Philippe Hinschberger
« Gonflé et en fin de contrat », Philippe Hinschberger décidait alors d’arrêter les frais en se mettant en retrait après une défaite à Grenoble hautement symbolique. « Jessy Benet, que j’avais fait venir mais que le président et le directeur sportif n’aimaient pas, parce qu’ils ne l’avaient pas fait venir, marque sur penalty. C’était la goutte d’eau. J’ai demandé à arrêter. Je suis rentré chez moi sur l’Île de Ré. »
Après une aventure frustrante à Niort lors de la saison 2023/2024, avec une montée en Ligue 2 loupée de peu puis le dépôt de bilan des Chamois, Philippe Hinschberger profite aujourd’hui « d’une région exceptionnelle », bien loin du football, sans pour autant avoir totalement coupé le lien avec celui-ci.
Le football me manque, mais je sais à un moment donné qu’il faudra passer à autre chose
Philippe Hinschberger, ancien entraîneur de l’Amiens SC.
« Le football, ce n’est pas fini. Au mois d’août, cela fera deux ans que je ne fais rien. Je suis officiellement et administrativement à la retraite depuis le 1er juillet 2023. Je ne suis pas en manque de revenus financiers, précise-t-il. Je suis toujours très près du football, mais je ne ferai plus 800 kilomètres pour partir à l’autre bout de la France tout seul. »
« Ce n’est pas que je ne veux plus entraîner, c’est que je ne cherche rien. Si quelqu’un veut venir me chercher, tout le monde sait où je suis, il faut juste que ce soit un projet qui ne soit pas loin d’ici (Île de Ré, ndlr), sachant qu’il n’y a pas grand-chose dans l’Ouest. Il faut aussi que ce soit un projet au top », conclut Philippe Hinschberger, qui va se produire en concert, avec sa célèbre guitare, durant l’été avec une douzaine de dates au bord de la mer. « Le football me manque, mais je sais à un moment donné qu’il faudra passer à autre chose. »
Crédits photo : Eddy Lemaistre/FEP/Icon Sport




Le récit d’Hinschberger confirme bien l’impression des supporters Amiénois: le binôme Joannin/Williams a fait du grand n’importe quoi…….Et effectivement, aujourd’hui, on paye l’addition…..Merci les incompétents…..
Et cette fois ce ne sont pas les propos des médias (le 11, La Tribune….), mais ceux d’un coach qui l’a vécu. si tous les coachs passés par Amiens depuis 10 ans voulaient s’exprimer a ce sujet, il y aurait de quoi écrire un beau livre…
L’exemple du départ de Badji à Bordeaux qui a finalement été…. gratuit… (Merci G.Lopez) en est le symbole même… Il maintenant vite enterrer cette période noire et repartir sur de nouvelles bases plus sérieuses et plus saines.