Un peu plus d’un mois après l’officialisation de sa relégation en Ligue 3, l’Amiens SC a lancé sa campagne d’abonnement pour la nouvelle saison. En parallèle Bernard Joannin a pris la parole à l’occasion d’un entretien accordé à ICI Picardie. L’occasion pour lui de dresser les contours du nouveau projet amiénois.
Un retour aux fondamentaux
Après un quinquennat couronné de succès entre 2015 et 2020, l’Amiens SC a vécu une lente agonie ces six dernières années en Ligue 2, logiquement ponctuée par une relégation au printemps dernier.
Pour tenter de relancer la machine, et ainsi entrer dans « un cycle de conquête et d’ambition sportive » si cher aux yeux de son président, le club picard a décidé de procéder à un virage à 180 degrés.
La Ligue 1, à la fois, nous a fait plaisir mais nous a aussi légèrement embourgeoisé
Bernard Joannin, président de l’Amiens SC.
« Il faut revenir aux sources, revenir à nos valeurs. La Ligue 1, à la fois, nous a fait plaisir mais nous a aussi légèrement embourgeoisé, juge le président de l’Amiens SC, au micro d’ICI Picardie. Je vais demander à mes joueurs de respecter le club. J’ai espoir, quand même, que nous soyons bien classés.«
« Nous reconstruisons rapidement une équipe différente des années antérieures, avec des joueurs qui sont issus des divisions inférieures Nationale 2, Nationale 1, quelques joueurs de Ligue 2 quand même, de façon à avoir une équipe soudée rapidement qui mouille le maillot pour leur club. C’est revenir aux sources, à nos valeurs. »
Une méthode déjà éprouvée par le passé
Si les victoires ne se décrètent pas, elles se construisent, selon l’élément de langage éculé de Bernard Joannin, « le but d’Amiens est d’évoluer en Ligue 2« , assure ce dernier. « Après, ce serait prétentieux de dire : ‘je suis sûr de réussir’. Cette Ligue 3 est une Ligue de guerriers. »
Et pour tenter d’y tirer son épingle du jeu, Amiens a misé sur un recrutement rapide et massif à défaut d’être clinquant. Avant même la reprise de l’entraînement, programmée fin juin, Bernard Joannin a déjà « offert » 16 nouveaux joueurs à son entraîneur, Alain Pochat, qui peut encore espérer 3 à 4 renforts, dont un gardien de but prioritairement.
Retrouvez l’intégralité des mouvements de l’Amiens SC dans notre tableau récapitulatif
Une stratégie qui n’avait plus été à l’ordre du jour depuis plus de dix ans et le début de l’épopée des Braqueurs, avec les recrutements rapides de Jonathan Tinhan, Khaled Adenon, Julien Ielsch, Régis Gurtner, Emmanuel Bourgaud et autres Guessouma Fofana, Richard Soumah et Thomas Monconduit.
Soit l’ossature de joueurs qui permettra à l’Amiens SC de vivre l’une des plus belles pages de l’histoire du club. S’il est encore trop tôt pour pousser le parallèle aussi loin avec la nouvelle génération, Amiens entend retrouver une ligne de conduite plus cohérente et davantage tournée vers le sportif.
La Ligue 3, une « chance » pour l’Amiens SC ?
Tout en sachant que le contexte économique demeure complexe et que des ventes sont attendues d’ici l’audition devant la DNCG, fin juin. « Il y a cinq ans, j’avais cinq millions d’euros de droits TV, l’an dernier c’était 700 000 euros. Cette saison, ce sera 400 000 euros en Ligue 3, précise Bernard Joannin, toujours auprès d‘ICI Picardie. Le problème est que j’avais 13 millions d’euros de dépenses incompressibles en Ligue 2 et au mieux entre 7 et 8 millions de recettes. »
Un mode de fonctionnement débouchant sur un déficit structurel de l’Amiens SC ces dernières saisons. Assez paradoxalement, la descente en Ligue 3 pourrait bien être une « chance » pour Amiens, qui en profite pour réduire drastiquement ses coûts, à commencer par les charges imputables à la masse salariale.
Si, un jour, des gens sérieux s’intéressent au club, les choses se feront très normalement.
Bernard Joannin, président de l’Amiens SC.
Ainsi, après avoir grandement recruté, Amiens cherche désormais à vendre ses principaux actifs, que sont Junior Fofana, Siaka Bakayoko et Nordine Kandil. Mais aussi à se délester de certains gros salaires, à l’instar de Paul Bernardoni, qui doit encore honorer une année de contrat.
Quant à l’avenir de Bernard Joannin à la tête du club, son mandat pourrait bientôt prendre fin. A condition de trouver un repreneur crédible : « J’ai vécu de très belles choses avec le football, je veux encore en vivre, mais il est normal que je réfléchisse à ma succession. Si, un jour, des gens sérieux s’intéressent au club, les choses se feront très normalement. »
En attendant, Amiens s’attèle donc à créer les conditions d’une future vente en ramenant les finances du club dans le vert. Quant au sportif, la balle est désormais dans le camp d’Alain Pochat et de ses innombrables nouveaux joueurs.
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Crédits photo : Hugo Pfeiffer/Icon Sport


