Une semaine après une reprise sans éclats face à Fleury, l’Amiens SC va tenter de montrer un visage plus séduisant face à La Roche-sur-Yon, vendredi pour le compte de la 2e journée de Ligue 3. Juste avant cette première réception de la saison, Alain Pochat a martelé son envie de tourner la page de la saison passée.
Le retour à la Licorne
Ressentez-vous une certaine impatience à l’idée de démarrer la saison à domicile ?
Oui, surtout que nous n’avons pas eu le bonheur de faire découvrir le stade aux joueurs pendant la préparation. Ce sera une découverte pour beaucoup d’entre eux. Je pense qu’ils ont hâte de découvrir ce beau stade et cette belle pelouse qui a été refaite à neuf. Et puis, je l’espère, avec un public chaleureux et nombreux. J’ai trouvé, notamment lors du dernier match contre le Red Star, qu’il y avait une ambiance plutôt positive autour de l’équipe.
Il faut que nous soyons acteurs de cela. Nous savons très bien que ce sont les résultats qui amènent une ferveur autour de l’équipe, tout comme le comportement des joueurs sur le terrain qui permettra aux spectateurs de s’identifier à leur équipe. J’espère donc que nous allons rester dans la continuité de l’ébauche aperçue contre le Red Star.
Même si vous êtes arrivé sur la fin de saison, vous n’avez pas pu ignorer qu’il n’y a eu que deux victoires l’an dernier, que le public a boudé et qu’il y a eu une cassure. Vous avez pleinement conscience de l’opération reconquête qui vous attend ?
Oui, nous le savons, nous en sommes conscients. Maintenant, il faut que nous arrêtions de vivre avec le passé et il faut réussir à tourner la page. Je pense que ce qui a été fait à l’intersaison l’a été dans ce but-là : tourner la page. C’est ce que j’ai dit aux joueurs, nous écrivons une autre histoire. Nous sommes en train d’écrire une autre page du livre d’Amiens. La question est : qu’allons-nous mettre dans ces pages pour qu’elles soient positives ?
La Licorne va être une découverte pour beaucoup de joueurs qui n’ont jamais évolué dans un stade de cette envergure. Craignez-vous une forme d’appréhension et comment démystifier cela ?
Non, je pense que l’idée est au contraire de vivre l’instant présent avec beaucoup d’envie et d’enthousiasme, en jouant sur une belle pelouse. Cela changera de celle de Fleury. Quand nous avons joué sur de bons terrains, que ce soit au Havre ou à Courtrai, j’ai trouvé que l’équipe avait su en tirer profit. À nous de nous en servir.
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L’idée, quand on joue à domicile, c’est ce que j’essaie souvent d’inculquer aux joueurs : le stade doit être une forteresse. Si on fait des matchs nuls à l’extérieur et qu’on gagne à domicile, les points sont bonifiés. Il doit être difficile de venir gagner à Amiens. Maintenant, nous savons que les adversaires ont aussi de la qualité et que le terrain bénéficie également à leur équipe, selon le projet de jeu mis en place.
Le match contre La Roche-sur-Yon
L’opération reconquête passe par ce premier match contre La Roche-sur-Yon, un promu. C’est un club que vous connaissez bien pour avoir été dans la même poule qu’eux la saison dernière. Quel regard portez-vous sur cette équipe très intéressante ?
On le voit encore une fois avec Fleury l’année dernière : les équipes qui accèdent surfent en général sur la dynamique de la montée. Elles ne changent pas beaucoup leur groupe, il y a donc déjà des automatismes ancrés et un projet de jeu bien défini par le coach. Je le connais bien aussi pour l’avoir affronté de nombreuses années, que ce soit à Luçon ou à Avranches.
Je sais qu’il aime faire jouer ses équipes dans des schémas bien définis, avec des joueurs techniques qui n’ont pas peur de prendre des risques dans la construction du jeu, dès le départ avec le gardien. Il y a vraiment de très bons joueurs et de la qualité à tous les postes. Les postes sont doublés et certains garçons ne sont même pas présents, comme Araujo qui est blessé et qui est un très bon joueur que j’avais eu la chance d’avoir en prêt à Boulogne.
C’est une équipe qui a fait un très bon résultat chez elle pour démarrer, ce qui est très positif pour eux. À nous de montrer que nous avons aussi des armes à faire valoir et que nous pouvons embêter cette équipe. Il faudra être très vigilant sur deux plans : sur le plan offensif, en étant plus précis que nous avons pu l’être à Fleury ; et défensivement, en gardant cette solidité que nous avons eue à Fleury et que nous avions commencé à mettre en place contre le Red Star. Je pense que ce sera un match plaisant à voir.
Sur le papier, c’est un choc entre un gros budget du championnat et un des plus petits budgets du championnat…
Si c’était l’argent qui faisait gagner les matchs, on le saurait et le PSG aurait déjà gagné dix Ligues des Champions. Ce n’est pas le cas. Ce n’est pas le tout de mettre de l’argent sur la table. Cela aide, mais c’est ce qui fait la beauté du football : heureusement que ce n’est pas uniquement l’argent qui fait performer les équipes.
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Je prends toujours cet exemple, mais Rodez et Le Mans sont montés ou évoluent à un bon niveau avec des moyens limités. La question est de savoir comment on travaille avec les moyens dont on dispose et comment on les optimise. Si on en a un peu plus, il faut être encore meilleur parce qu’on a d’autres moyens, mais cela ne fait pas tout, heureusement.
Quel regard portez-vous sur Mansour Samb, auteur d’un triplé la semaine dernière contre Versailles ?
C’est un garçon qui a marqué des buts précédemment dans ses anciens clubs et il arrive d’un niveau inférieur. Comme quoi, vous voyez qu’il y a de bons joueurs en dessous. On nous critique parfois sur le fait d’avoir recruté des joueurs de N2 ou N3, mais Samb était en N3 il n’y a pas très longtemps et il est capable de marquer trois buts dès la première journée. Nous sommes avertis, à nous d’être vigilants par rapport à ses qualités.
Jouer un promu rajoute-t-il une pression supplémentaire ? Pour le grand public, on se dit qu’Amiens doit impérativement gagner.
Cela, ce sont les statistiques de départ, c’est comme les étoiles en début de saison. Il y a les étoiles et les clubs au passé professionnel que l’on voit tout de suite comme des favoris. Mais vous l’avez bien vu avec Versailles : pour tout le monde, Versailles devait gagner à La Roche, et ce n’est pas ce qui s’est passé. Tous les matchs vont être compliqués.
Caen à Thionville, ce ne sera pas une partie de plaisir non plus. Tous les matchs seront compliqués. Il ne faut pas se fier à l’affiche ou au nom du club en face. Chaque match a sa vérité avec des composantes, des joueurs et des projets de jeu différents. Il faut être capable de répondre à tous ces aspects qui changent à chaque rencontre, entre les contextes et tout ce qui peut se passer pendant la préparation du match.
Les axes de progrès
Vous sortez d’un premier match sans le moindre tir cadré, avec peu de positions de frappes. Comment remédier à cela ?
Nous avons analysé cela. Quand on regarde les images — et c’est ce que j’ai montré aux joueurs —, on s’aperçoit que nous avons eu pas mal de situations pour aller dans les 30 mètres adverses. Seulement, il y a eu un manque de justesse, de connexions, et des courses ou des déplacements qui n’ont pas toujours été coordonnés.
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C’est vrai qu’en préparation, nous avions quasiment toujours marqué. Nous avons beaucoup mis l’accent là-dessus à travers les montages vidéo montrés aux joueurs, puis en travaillant la semaine sur les déplacements par rapport à cette équipe de La Roche, en observant ce qu’elle propose et où se trouvent les failles pour la mettre en difficulté.
Propos recueillis par Romain PECHON
Crédits photo : Philippe Lecoeur/Icon Sport
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