Amiens SC : « Il a manqué de la précision dans les 30 derniers mètres », regrette Alain Pochat

Après le match nul et vierge (0-0) concédé sur la pelouse du FC Fleury 91 en ouverture du championnat, Alain Pochat a livré son analyse approfondie de la rencontre pour le 11 Amiénois.

Un point logique malgré un manque de précision

Quelle est votre analyse de cette rentrée des classes ?

C’est un sentiment mitigé. Il y a eu des choses intéressantes, mais nous avons manqué de précision dans le jeu, notamment en seconde période où la rencontre est devenue très décousue, un vrai ping-pong entre les deux équipes. Fleury attendait la faute pour évoluer en transition. De notre côté, dans la maîtrise, nous avons manqué de patience. À chaque fois que nous avons su faire preuve de patience en utilisant la largeur, nous avons obtenu des centres.

Mais là aussi, il y a eu un manque de justesse et de précision dans les 30 derniers mètres, même si nous avons eu une très belle occasion par l’intermédiaire d’Alvin [Doucet] pour ouvrir le score. Dans l’ensemble, ce point reste logique face à une équipe très solide, mature et qui se connaît parfaitement puisqu’elle s’appuie sur le même bloc depuis deux saisons ou plus. De plus, nous ne concédons pas de but, et nous savions que c’était un axe de travail prioritaire.

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Quand on connaît la qualité des attaquants adverses, préserver ce clean-sheet est une vraie satisfaction. Ce sont des joueurs capables de marquer à tout moment. Nous prenons ce point pour lancer le championnat, avec l’ambition de le bonifier dès la semaine prochaine à domicile. Ce sera face à une équipe de La Roche-sur-Yon qui vient de réaliser un gros résultat face à Versailles (victoire 3-2, ndlr). On voit bien que ce championnat va être extrêmement homogène et qu’un promu est capable de créer une surprise d’entrée.

Une fin de match plus décousue

Au-delà de la seconde période plus brouillonne, la première mi-temps a montré de bonnes intentions avec la capacité à bloquer le jeu adverse…

Oui, absolument. Dès que nous étions patients et que nous déroulions les circuits travaillés, notamment en passant par les côtés avec des points de fixation comme Zourab [Sopromadze], Dan [Sinaté] ou Rib [Anthony Ribelin], nous parvenions à basculer. L’idée était de fixer d’un côté pour renverser de l’autre, car ils laissaient de l’espace à l’opposé. Cela nous a permis de nous créer quelques situations devant le but.

Cependant, nous avions identifié des zones précises où déposer le ballon sur les centres et nous avons manqué de précision. Alvin [Doucet] avait également deux clients physiques face à lui en défense et a éprouvé des difficultés face à l’impact imposé. C’est un apprentissage utile : cela montre à ceux qui ne connaissaient pas encore ce niveau que ce sera la bagarre tous les week-ends.

Face à la densité autour d’Alvin Doucet en seconde période, avez-vous hésité à l’associer à Marvin Adelaïde pour peser davantage ?

J’ai préféré lancer Ély [Julien], qui apporte de la profondeur, en association avec Marvin. Face à ce profil de défenseurs puissants qui aiment le duel physique, un joueur qui prend la profondeur dans leur dos pose généralement plus de problèmes. C’était l’idée, même si nous n’avons pas eu suffisamment de munitions pour leur faire mal plus régulièrement.

Solidité défensive et état de la pelouse

Si l’on excepte une frayeur sur un lob consécutif à une mauvaise relance, l’équipe n’a quasiment rien concédé…

C’est un point sur lequel nous progressons. Yannick n’a pas eu de grands arrêts à réaliser et l’équipe a fait preuve d’une belle solidité. Fleury met énormément de monde au cœur du jeu avec des excentrés qui rentrent et des latéraux très hauts. Il fallait rester concentrés en permanence car la fatigue peut engendrer de petites erreurs. Dans l’ensemble, le comportement défensif a été plutôt cohérent.

Avez-vous été déçu par l’impact des entrants qui n’ont pas forcément réussi à dynamiser la fin de rencontre ?

Enzo [Somon] a tout de même réussi deux ou trois séquences intéressantes. Le match était devenu très décousu et peu structuré sur le plan offensif. Dans ce contexte, il n’est pas simple pour des entrants de se mettre en valeur, contrairement à une situation où l’on maîtrise le ballon avec des attaques placées précises.

On a senti les joueurs fatiguer car il fallait forcer chaque passe.

Alain Pochat, entraîneur de l’Amiens SC

Nous étions sur un temps fort de transitions rapides, avec un corner d’un côté puis de l’autre. Nous avons manqué de maîtrise. Il faut ajouter que le terrain était particulièrement difficile pour pratiquer du bon football, avec une pelouse très haute, très bosselé.

La pelouse freinait énormément le ballon. On a senti les joueurs fatiguer car il fallait forcer chaque passe. La hauteur de coupe était très élevée, ce qui arrive parfois quand les jardiniers cherchent à préserver le terrain de la chaleur. Ils arrosent un peu avant le coup d’envoi, mais au final, le jeu est très freiné. Il a fallu s’adapter.

Retrouver le terrain de la Licorne vendredi prochain doit être un motif d’espoir pour exprimer la pleine mesure de votre potentiel ?

Oui. Sur un terrain comme la Licorne, avec les joueurs à notre disposition, on a vu la différence quand on a joué sur un billard à Courtrai. Les garçons qui aiment exprimer leur qualité technique, ça aide. Mais attention, cela profitera également à l’adversaire.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

Crédits photo : Philippe Lecoeur/Icon Sport

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