Amiens SC – Cazim Suljić : « Nous avons les joueurs pour réussir »

Déjà aperçu avec le brassard de capitaine lors des matchs de préparation, Cazim Suljić s’impose naturellement comme le patron du milieu de terrain de l’Amiens SC. Entre son rôle de grand frère auprès des jeunes, ses retrouvailles avec Alain Pochat et son expertise d’un championnat redoutable, l’ancien joueur de Nancy se livre sans détour sur le nouveau projet amiénois à l’occasion d’un entretien exclusif accordé après le match amical contre QRM.

Le succès contre QRM

Quelle est votre réaction après ce troisième match amical, le deuxième en l’espace de deux jours, qui se solde par un deuxième succès consécutif ?

Cela fait vraiment du bien d’enchaîner deux victoires de suite. Ce n’était pas facile, car nous avons traversé une très grosse semaine d’entraînement. La veille, nous avons joué contre Le Havre, qui est une très bonne équipe, très technique à affronter. Il fallait continuer dans ce sens-là. Nous avons montré que nous possédons une mentalité de gagnant et que ce ne sont pas que de simples matchs amicaux. Ce sont des matchs de préparation pour la saison, et nous jouons pour la gagne.

On vous a sentis monter en régime au fil de la rencontre, car l’entame de match, et la première mi-temps dans son ensemble, ont été assez difficiles…

C’est tout à fait normal, car il y a une accumulation de fatigue derrière tout ça. Nous avons également fait de la route après la rencontre précédente. Nous n’avions pas récupéré à 100 %, ce qui est logique. Petit à petit, nous avons trouvé nos automatismes. Nous nous sommes retrouvés dans le système de jeu, et nous avons ajusté quelques détails tactiques à la mi-temps. Du coup, après la pause, ça allait tout seul. On est revenu à la marque et on a réussi à l’emporter.

Cette force de réaction peut être un vrai atout pour la suite. Ce ne sont que des matchs de préparation, mais c’est la deuxième fois de suite que vous êtes menés et que vous renversez la situation sans jamais baisser les bras…

Exactement. Dès le début, nous nous sommes dit qu’il fallait que l’on soit soudés. Quand on est sur le terrain, on ne veut rien lâcher, même si le résultat final ne nous est pas toujours favorable. Il faut que l’on montre à tout le monde que nous n’abandonnerons jamais. Et c’est précisément ce que nous avons fait.

Son intégration et son rôle de leader

Comment vous sentez-vous dans cette équipe ? Vous êtes, comme beaucoup de monde, tout nouveau, mais on a l’impression que vous avez déjà pris vos marques. Vous sentez-vous déjà investi d’un rôle majeur ?

J’arrive désormais avec un peu d’expérience et nous avons un groupe quand même assez jeune. Je me dis qu’il faut qu’on s’entraide un peu tous. Je me sens super bien, l’intégration s’est faite très facilement parce qu’il n’y a que des bons mecs dans ce vestiaire. C’est ce qui va nous aider pour la suite et pour tout le championnat.

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Je pense effectivement avoir un rôle à jouer, mais c’est surtout important d’amener tout le monde dans le même sens. Les jeunes apportent leur explosivité sur le terrain, tandis que nous, les plus anciens, devons apporter de la communication, du placement et notre expérience. Tout le monde a sa partition à jouer. C’est ce que j’essaie de faire et avec ce groupe, c’est assez facile.

Les coulisses de sa signature à l’Amiens SC

Qu’est-ce qui vous a convaincu de quitter la Ligue 2 pour revenir à cet échelon inférieur ?

J’étais tout simplement en fin de contrat à Nancy et en recherche de projet. Ça s’est fait assez naturellement avec Amiens car je connaissais déjà le coach (Alain Pochat, ndlr) pour avoir joué au GOAL FC lorsqu’il entraînait Villefranche. Nous sommes restés en contact. Nous nous sommes mis d’accord sur certaines choses et le projet m’a beaucoup plu. Qu’on parle de Ligue 2 ou de Ligue 3, le plus important pour moi reste de jouer au football et de se faire plaisir.

« À Nancy, nous étions dix nouveaux joueurs et cela ne nous a pas empêchés de monter. Alors pourquoi pas le refaire cette année ? »

Cela peut faire peur de voir un club repartir de zéro avec autant de visages nouveaux. À l’inverse, est-ce que ce n’est pas une chance d’intégrer un groupe où tout le monde part sur un même pied d’égalité ?

C’est une vraie chance. Cela fait peut-être peur aux gens de l’extérieur, mais je l’ai déjà vécu par le passé à Nancy. Nous étions également dix nouveaux joueurs là-bas et cela ne nous a pas empêchés de monter en Ligue 2 il y a deux ans. Alors, pourquoi pas le refaire cette année ? Même si je sais pertinemment que ce championnat est très difficile et que la saison sera longue, je pense que nous avons les joueurs pour réussir. Comme je l’ai déjà dit, on ne va rien abandonner, coûte que coûte.

Le défi athlétique et tactique du championnat

Vous connaissez parfaitement ce niveau. Que ce soit contre Paris 13 ou face à QRM, on a vu beaucoup d’intensité physique et d’impact athlétique. Cela met tout de suite dans le bain, notamment pour ceux qui découvrent cette division…

C’est certain. Face au Havre, ce n’était pas la même chose. Dans ce championnat, il faut combattre sur absolument tous les duels. Il faut prendre en compte énormément de facteurs : il y a beaucoup de fautes sifflées, des arrêts de jeu, c’est très rugueux, il y a une grosse intensité. Ces matchs contre Paris 13 et QRM étaient de parfaits tests face à des joueurs très athlétiques. Ça nous fait du bien.

C’est un championnat totalement imprévisible. On peut être premier et perdre contre le dernier, et vice-versa. Je l’ai déjà vécu. C’est pour cela que tous les moindres détails sont importants, que ce soit sur les coups de pied arrêtés ou les ajustements que le coach effectue en cours de match.

Une question de dynamique collective

Au-delà de l’aspect purement tactique, la réussite passera aussi par la capacité à créer une vraie dynamique de groupe le plus rapidement possible…

Exactement, et surtout par notre capacité à la maintenir. Par rapport à la semaine dernière, je trouve déjà que quelque chose a changé. Le travail que l’on fournit toute la semaine commence à se retranscrire sur le terrain. Petit à petit, les automatismes se créent. Nous passons énormément de temps ensemble tous les jours et, au bout d’un moment, les connexions vont se faire très facilement.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

Crédits photo : Sylvain Thomas/FEP/Icon Sport

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